PME : l’intelligence artificielle, le nouvel allié des entrepreneurs
Par
Ajagen Koomalen Rungen
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Ajagen Koomalen Rungen
L’intelligence artificielle transforme le quotidien des PME en offrant de nouvelles opportunités d’innovation, de productivité et de créativité.
Styliste et entrepreneure, Annabelle Fleury évolue dans deux univers où la créativité, le sens du détail et le savoir-faire occupent une place centrale : la mode et la pâtisserie artisanale. Fondatrice d’Oriya, une marque de vêtements, et de Rêve Sucré, spécialisée dans les macarons artisanaux, elle considère l’intelligence artificielle comme un outil précieux pour accompagner son développement.
Pour elle, l’intelligence artificielle représente aujourd’hui un véritable levier de compétitivité pour les petites et moyennes entreprises. Elle permet d’automatiser certaines tâches, de gagner du temps, de réduire certains coûts et d’améliorer l’efficacité dans des domaines comme la gestion, le marketing ou encore la création de contenu. « L’IA est un formidable outil, mais elle doit rester au service de l’entrepreneur. Elle permet d’être plus efficace, mais elle ne remplace ni la créativité, ni le savoir-faire, ni l’identité d’une marque », estime-t-elle.
Dans ses activités liées à la mode et à la pâtisserie, Annabelle Fleury observe toutefois que les limites de l’intelligence artificielle apparaissent rapidement dès lors que l’authenticité devient un élément essentiel de la valeur d’un produit. « Les images générées par l’IA sont souvent très esthétiques, mais elles ne reflètent pas toujours fidèlement la réalité. Ce qui risque de créer une déception et d’affaiblir la confiance envers la marque », explique-t-elle.
Selon elle, cette question est particulièrement importante dans les métiers artisanaux, où chaque création porte une part d’imperfection qui fait justement sa singularité. « Un produit réalisé à la main ne sera jamais totalement identique à une image parfaitement lisse créée par une machine. Ces petites imperfections racontent une histoire et témoignent du travail de l’artisan », souligne-t-elle.
L’entrepreneure constate également que l’utilisation croissante des mêmes outils d’intelligence artificielle par les marques peut entraîner une forme d’uniformisation visuelle. Sur les réseaux sociaux, elle remarque que de nombreuses entreprises adoptent désormais des styles similaires en matière de décors, d’éclairages ou de mises en scène. « À force d’utiliser les mêmes outils, certaines marques finissent par se ressembler », observe-t-elle.
Pour Annabelle Fleury, la relation client constitue également un domaine où l’humain conserve une place irremplaçable. Si les chatbots et les outils automatisés permettent de répondre rapidement aux demandes courantes, ils ne peuvent pas reproduire la qualité d’un échange personnalisé. « Pour une PME, cette proximité est un avantage important, car elle permet de se différencier », affirme-t-elle.
L’intelligence artificielle reste néanmoins, selon elle, un allié précieux lorsqu’elle est utilisée de manière équilibrée. Elle peut accompagner les entrepreneurs dans les tâches répétitives et leur permettre de consacrer davantage de temps à la création, à l’amélioration de leurs produits et au développement de leur relation avec leurs clients.
En définitive, Annabelle Fleury estime que les entreprises qui réussiront à tirer parti de l’IA seront celles qui sauront combiner innovation et authenticité. « La technologie peut nous aider à aller plus loin, mais l’humain restera toujours au cœur de la valeur d’une marque », conclut-elle.
Styliste et entrepreneure mauricienne, Annabelle Fleury est la fondatrice d’Oriya, une marque de vêtements, et de Rêve Sucré, spécialisée dans les macarons artisanaux. À travers ses deux activités, elle met en avant la créativité, le sens du détail et l’excellence du fait main. Son parcours reflète une passion pour l’esthétique, l’entrepreneuriat et la création de produits authentiques.
Artiste peintre spécialisé dans le Live Painting et enseignant en arts plastiques au collège Idéal, à Rivière-du-Rempart, VEN considère l’intelligence artificielle comme un nouvel outil au service de sa pratique artistique. « Elle peut stimuler ma créativité, m’aider à gagner du temps et m’accompagner dans certaines étapes de mon travail. Néanmoins, l’émotion et la sensibilité restent au cœur de toute création », souligne-t-il.
À travers ses performances de peinture en direct lors de mariages, de réceptions et d’événements d’entreprise, l’artiste a développé au fil des années une signature artistique unique et facilement reconnaissable. « La peinture est bien plus qu’un métier : c’est une passion qui m’anime », confie-t-il.
Pour VEN, l’intelligence artificielle est rapidement passée du statut de technologie émergente à celui d’outil créatif. Dans un environnement où les artistes doivent également savoir communiquer et se démarquer, il estime que l’IA constitue un véritable avantage compétitif, car elle permet de travailler plus efficacement, plus rapidement et avec davantage d’inspiration.
Dans son activité de live wedding painter, l’intelligence artificielle intervient principalement dans la phase de préparation.
Avant chaque événement, VEN l’utilise pour développer des concepts visuels en fonction de l’ambiance souhaitée et du rendu artistique recherché. « Au lieu de passer des heures à chercher des images de référence sur Internet, l’IA me permet d’obtenir rapidement des idées et des inspirations visuelles. Cela me fait gagner un temps précieux et me permet de me concentrer davantage sur la création », explique-t-il.
L’intelligence artificielle est également devenue un outil précieux pour sa communication. En tant qu’artiste indépendant, maintenir une présence régulière sur les réseaux sociaux est essentiel pour faire connaître son travail et attirer de nouveaux clients. « L’IA m’aide à rédiger des légendes captivantes, à créer du contenu promotionnel, à trouver des idées publicitaires et à mieux organiser ma stratégie de communication. Des tâches qui demandaient auparavant beaucoup de temps peuvent aujourd’hui être réalisées de manière plus efficace », souligne-t-il.
Cependant, pour VEN, la technologie a ses limites lorsqu’il s’agit de l’essence même de son métier. Chaque œuvre finale reste entièrement réalisée à la main, en direct, devant les mariés et leurs invités. « L’IA ne peut pas reproduire le lien émotionnel qui se crée entre l’artiste, les mariés et leur entourage. Elle ne peut pas ressentir l’atmosphère particulière d’un événement, interpréter les émotions d’un instant ou traduire une histoire personnelle sur une toile », affirme-t-il.
L’artiste insiste sur l’importance de sa signature personnelle. Au fil de ses expériences et de ses nombreuses prestations, il a développé un style qui lui est propre. « Même sans ma signature, les personnes qui connaissent mon travail peuvent reconnaître que c’est moi qui ai réalisé le tableau. Cette identité artistique repose sur une sensibilité, un regard et une expérience que l’intelligence artificielle ne peut pas reproduire », explique-t-il.
Artiste peintre spécialisé dans le Live Painting, VEN réalise des tableaux en direct lors de mariages, de réceptions et d’événements d’entreprise. Il a déjà participé à plus de 100 prestations et s’est forgé une identité artistique unique, immédiatement reconnaissable. En parallèle, il enseigne les arts plastiques au collège Idéal, à Rivière-du-Rempart, où il transmet sa passion et son savoir-faire aux jeunes.
Directeur de Raagalayam Events, Pooven Murden évolue dans un univers où la transmission, la créativité et la sensibilité artistique occupent une place essentielle. Pour lui, l’intelligence artificielle représente aujourd’hui un outil stratégique qui permet aux structures musicales de gagner en efficacité, tout en préservant ce qui fait la richesse de la musique : l’émotion, l’interprétation et le lien humain. « L’IA ne remplace ni le talent, ni la créativité, ni les émotions d’un musicien. En revanche, elle permet de gagner du temps, de réduire certains coûts et d’améliorer l’expérience des élèves, du public et des partenaires », explique-t-il.
Au sein de Raagalayam Events, l’intelligence artificielle est devenue un véritable soutien dans la gestion et le développement des activités. L’entreprise utilise notamment ces nouveaux outils pour créer des affiches, des vidéos promotionnelles, des publications pour les réseaux sociaux, des communiqués de presse et des campagnes publicitaires.
Grâce à ces solutions, l’école de musique et les projets artistiques portés par Raagalayam peuvent mieux promouvoir leurs concerts, leurs formations et leurs événements, tout en maintenant une présence régulière sur les plateformes numériques. « L’IA nous aide également à mieux comprendre notre public. Elle permet d’identifier les contenus qui suscitent le plus d’engagement, d’analyser les attentes des audiences et d’adapter nos stratégies de communication », précise Pooven Murden.
Au-delà du marketing, l’intelligence artificielle facilite aussi la gestion quotidienne de la PME musicale. Elle peut accompagner la planification des cours, des répétitions, des concerts ou encore des inscriptions des élèves. Les assistants virtuels permettent également de répondre plus rapidement aux questions courantes des parents et des étudiants, tandis que certains outils d’analyse peuvent contribuer au suivi de la progression des apprenants.
Dans le domaine de la musique carnatique, Pooven Murden estime que l’intelligence artificielle ouvre des perspectives particulièrement intéressantes. Cette tradition musicale, fondée sur l’écoute, la mémorisation et l’improvisation, pourrait bénéficier de nouveaux outils capables de préserver et de documenter certaines créations spontanées. « L’IA peut notamment permettre de retranscrire en temps réel certaines mélodies improvisées sous forme de partitions, même lors de concerts. Cela aide à conserver des moments uniques qui auraient autrement été difficiles à reproduire », explique-t-il.
Selon lui, la technologie peut également accompagner les artistes dans la composition et les arrangements musicaux, en réduisant le temps nécessaire à certaines étapes de production. Toutefois, il insiste sur le fait que l’intelligence artificielle ne pourra jamais remplacer la dimension humaine qui se trouve au cœur de la pratique musicale. « La richesse de la transmission entre le maître et l’élève, la sensibilité du musicien, l’improvisation et l’émotion ressentie par le public sont des éléments que la technologie ne peut pas reproduire », affirme-t-il.
Pour le directeur de Raagalayam Events, l’intelligence artificielle doit donc être considérée comme un partenaire au service des artistes, et non comme un substitut. « Nous devons apprendre à vivre avec cette évolution, à nous former et à nous adapter. L’IA fait déjà partie de notre présent et jouera un rôle encore plus important à l’avenir. À nous de l’utiliser comme un outil au service de notre créativité, de notre développement et de notre réussite », conclut-il.
Pooven Murden est le directeur de Raagalayam Events, une PME musicale mauricienne spécialisée dans la formation et les projets artistiques autour de la musique carnatique et de la fusion. L’entreprise accompagne les étudiants dans leur apprentissage, développe des créations musicales et organise des prestations, tout en valorisant la transmission, la créativité et l’authenticité artistique. À travers Raagalayam, il œuvre à promouvoir la musique sous toutes ses formes et à offrir des expériences musicales de qualité.
Entrepreneure et fondatrice de Pet Gear Ltd, Adiilah Sobratee considère l’intelligence artificielle comme un véritable partenaire au quotidien. Pour elle, ces nouveaux outils ne représentent pas seulement un gain de productivité, mais aussi une opportunité de mieux concilier les exigences de la gestion d’une entreprise avec sa vie personnelle.
« Avant de découvrir l’intelligence artificielle, je passais énormément de temps à préparer le contenu destiné à mes réseaux sociaux. Chaque nouveau produit nécessitait des recherches, la rédaction d’un texte, la création d’une affiche et parfois plusieurs modifications avant d’obtenir un résultat satisfaisant. C’était un travail très chronophage », raconte-t-elle.
Aujourd’hui, son organisation a considérablement évolué. Grâce à ChatGPT et aux outils de création assistés par l’intelligence artificielle, elle peut concevoir plus rapidement des visuels modernes, colorés et professionnels pour présenter ses produits, tout en respectant l’identité de sa marque. « L’IA me permet de créer des visuels beaucoup plus rapidement. Les designs sont élégants, les textes sont mieux structurés et je peux facilement personnaliser chaque publication en fonction du produit que je souhaite mettre en avant. Cela me fait gagner plusieurs heures par semaine », explique-t-elle.
Au-delà de la création de contenus, l’intelligence artificielle accompagne également Adiilah Sobratee dans différentes tâches liées au développement de son entreprise. Elle l’utilise pour effectuer des recherches, trouver de nouvelles idées marketing, rédiger des descriptions de produits, préparer des campagnes promotionnelles et imaginer de nouvelles façons de valoriser ses collections destinées aux animaux de compagnie.
Selon elle, cette efficacité contribue directement à améliorer l’expérience de ses clients. « Les consommateurs apprécient des publications soignées, attrayantes et professionnelles. Une présentation de qualité attire davantage leur attention et renforce leur confiance. Aujourd’hui, je peux proposer un meilleur contenu tout en étant beaucoup plus réactive », souligne-t-elle.
Pour la fondatrice de Pet Gear Ltd, l’un des plus grands avantages de l’intelligence artificielle ne se mesure toutefois pas uniquement en termes de productivité. Le temps gagné lui permet également de mieux équilibrer ses responsabilités professionnelles et familiales. « C’est probablement le plus beau cadeau que l’IA m’a offert. Au lieu de passer des soirées entières devant mon ordinateur à créer des affiches ou à faire des recherches, je peux consacrer davantage de temps à mes enfants. Je suis plus présente auprès de ma famille tout en continuant à développer mon entreprise », confie-t-elle.
Si elle reconnaît le potentiel considérable de ces technologies, Adiilah Sobratee insiste sur le fait que l’intelligence artificielle reste un outil d’accompagnement et non un remplacement de l’entrepreneur. « L’IA ne prend pas les décisions à ma place.
Je reste celle qui donne une direction à ma marque, qui choisit les produits et qui définit son identité. Elle m’aide simplement à être plus productive, plus créative et mieux organisée », affirme-t-elle.
Pour cette jeune entrepreneure, l’intelligence artificielle est désormais devenue un allié indispensable dans la gestion quotidienne de son activité. « Elle a révolutionné ma manière de travailler. Aujourd’hui, je peux accomplir beaucoup plus en beaucoup moins de temps, tout en gardant l’humain au centre de mon entreprise », conclut-elle.
Adiilah Sobratee est la fondatrice de Pet Gear Ltd, une entreprise mauricienne basée à Plaine-Verte, à Port-Louis, spécialisée dans la vente de vêtements, d’accessoires et de gadgets pour animaux de compagnie. Créée en 2019, la marque s’est développée autour de l’innovation, du bien-être animal et d’une forte présence sur les réseaux sociaux. À travers Pet Gear Ltd, Adiilah Sobratee associe entrepreneuriat, créativité et proximité avec sa communauté de clients.