Pluviométrie : Maurice enregistre son pire déficit de pluie depuis 122 ans
Par
Jean-Marie St Cyr
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Jean-Marie St Cyr
Février 2026, troisième mois de février le plus sec depuis 1904
Le constat est sans appel. En se rendant lundi au réservoir de Mare-aux-Vacoas, le ministre de l’Énergie Patrick Assirvaden a pu mesurer de visu « l’étendue de la sécheresse » qui frappe l’île. Une sécheresse qu’il attribue au changement climatique et qui, selon les informations recueillies sur place, n’a pas connu d’équivalent depuis 122 ans.
Les données météorologiques confirment la gravité de la situation. Les précipitations cumulées de novembre 2025 à janvier 2026 n’ont atteint que 447 mm, soit 33 % de la moyenne à long terme. Le déficit s’est ensuite confirmé mois après mois : 34 % de la moyenne en février, 60 % en mars, 70 % en avril – des niveaux que les météorologues des Mauritius Meteorological Services (MMS) qualifient respectivement d’état « sec », « bien en dessous de la normale » et « en dessous de la normale ».
Février 2026 – mois qui enregistre habituellement la plus forte pluviométrie de l’année – restera particulièrement dans les annales : avec seulement 87 mm enregistrés, il s’impose comme le troisième mois de février le plus sec depuis 1904, représentant 27 % de la moyenne à long terme. À titre de comparaison, c’est la région Est qui a affiché les précipitations les plus élevées du mois avec 142 mm, et Grande Providence qui a enregistré le cumul le plus important avec 194,8 mm. Sur le plan climatique, la conjonction d’une faible phase La Niña, d’un dipôle de l’océan Indien basculé en phase positive et d’un dipôle subtropical de l’océan Indien en phase négative a contribué à aggraver le déficit. Au total, le bilan de l’été 2025/2026 s’annonce nettement déficitaire.
Les MMS ont revu leur prévision de cumul saisonnier à 872 mm pour Maurice, soit 65 % de la moyenne à long terme, loin des 1 150 mm initialement anticipés en novembre 2025. Pour les mois à venir, avril est estimé à 70 % de la moyenne, tandis que mai et juin sont jugés « normaux » à 90 %. Une légère accalmie qui ne suffira pas à compenser un déficit déjà historique, ni à épargner au pays des mois difficiles avant que les pluies ne reviennent en novembre.