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Plan d’action - Cyclones intenses : le CEB se prépare en prévoyant les pires scénarios 

Une trentaine de pylônes sont tombés sans compter la chute des arbres durant le passage de Calvinia du 30 au 31 décembre 2019.

Le Central Electricity Board souhaite augmenter sa résilience face aux cyclones dévastateurs. Pour ce faire, il prépare un « worst-case scenario action plan ». Shamshir Mukoon, directeur par intérim de l’organisme, lève un coin du voile sur ce plan. 

Le Central Electricity Board (CEB) ne veut en aucun cas se laisser surprendre par des cyclones dévastateurs. Raison pour laquelle il prépare un plan d’action prévoyant les pires scénarios. L’élément déclencheur : le passage de la tempête cyclone Calvinia à Maurice du 30 au 31 décembre 2019. Shamshir Mukoon, directeur par intérim (p. i.) de l’organisme, indique que durant cette période, une trentaine de pylônes sont tombés sans compter la chute des arbres. « À un moment donné de la nuit, environ 10 000 foyers étaient privés d’électricité », dit-il. Il rappelle que le pays avait enregistré des rafales de 90 à 100 km/h lors du passage de Calvinia. 

Worse-case scenario

Mais que se passerait-il si le pays devait faire face à des cyclones beaucoup plus intenses ? « Si nous avions à faire face à un cyclone, disons de l’intensité de Hollanda par exemple, il se pourrait que la moitié de la population soit privée d’électricité pendant une à deux semaines », prévient le directeur p. i. du CEB. D’où l’élaboration, dit-il, d’un worst-case scenario action plan. 

Un des éléments du plan, explique-t-il, consiste à avoir à disposition des pylônes et du matériel afin de pouvoir remplacer rapidement ceux qui tombent ou qui sont endommagés par les rafales des cyclones intenses. 

Shamshir Mukoon ajoute que le CEB devrait avoir, durant ces périodes cycloniques, davantage de personnel à disposition pour réparer les lignes endommagées. « Nous avons pas mal d’employés dans nos centrales électriques. S’il n’y a pas l’électricité dans un grand nombre de foyers, ils n’auront, pour ainsi dire, pas grand-chose à faire dans les centrales. Il faudrait donc les former afin qu’ils puissent, durant cette période du moins, prêter main forte à leurs collègues qui sont sur le terrain pour réparer les lignes endommagées », estime-t-il. Il soutient que le CEB y travaille déjà. « La formation a déjà débuté. Quelque 200 membres du personnel sont concernés. » 

Le CEB prépare également, en parallèle, un film à l’intention de ses ingénieurs. Le directeur p. i. explique que la majorité d’entre eux sont des jeunes qui n’ont pas forcément vécu de cyclone intense. « C’est la raison pour laquelle nous avons fait une requête à la Mauritius Broadcasting Corporation pour obtenir des images d’archives du passage de cyclones intenses et leur impact sur le pays. L’idée est de préparer psychologiquement nos ingénieurs à ce qui pourrait les attendre dans le futur, en leur faisant vivre des cyclones à travers un film. Lequel sera projeté dans une salle de cinéma », dit-il.

Câbles souterrains : investissements de Rs 400 M par an 

Afin de réduire le risque d’avoir des lignes endommagées durant le passage de cyclones, le CEB s’est lancé dans un plan d’undergrounding. Cela consiste à enfouir certains de ses câbles sous la terre. Ce processus est cependant long et coûteux. Il s’agit, selon Shamshir Mukoo, des câbles de 22 000 volts qui relient les sous-stations du CEB aux transformateurs qui se trouvent généralement sur les pylônes électriques. « Ces câbles sont les plus vulnérables en temps cyclonique, car ils peuvent être endommagés par la chute des branches d’arbres », souligne-t-il.  

C’est pourquoi, dit-il, le CEB a entamé cet exercice d’undergrounding. Celui-ci requiert toutefois des investissements d’environ Rs 400 millions par an. « Pour que vous ayez une meilleure idée, le passage des câbles sous la terre coûte environ 10 fois plus cher que le système conventionnel. Cela prendra au bas mot 10 à 15 ans pour que tous ces câbles soient enfouis sous la terre », fait-il ressortir. 

Le problème, précise-t-il, est que des autorisations seront nécessaires pour entreprendre ces travaux. « Il y a eu des développements partout à travers le pays. Il faudra donc obtenir les permis nécessaires auprès des différentes autorités afin de pouvoir enclencher ces travaux d’enfouissement. » 

C’est d’ailleurs dans cet ordre d’idées, poursuit-il, que les promoteurs de nouveaux morcellements sont encouragés à enfouir les câbles électriques sous la terre. « Primo, ce n’est pas obligatoire aux yeux de la loi. Nous ne pouvons donc que conseiller à ces promoteurs d’envisager cette option. Secundo, cela coûte cher. D’où la réticence des promoteurs de morcellement pour s’engager dans cette voie », conclut-il.

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