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Photos publiées par un site d'information l’accusant d’attouchements sexuels : le combat de Rajesh Domun pour retrouver sa dignité

Rajesh Domun et son épouse Rajesh Domun est soutenu par son épouse dans ce combat.

Il a été pointé du doigt. À ce jour, Rajesh Domun, un père de famille, et ses proches doivent encore répondre aux questions et regards accusateurs de gens qui le prennent pour un pervers sexuel. Cela à la suite d’un article paru sur la page d'un site d'information où sa photo a été utilisée à son insu. Rajesh déplore que sa réputation en a pris un sacré coup.

C’est un homme moralement fatigué. Il est sur le qui-vive. Il clame son innocence mais pourtant, il a peur.  Rajesh Domun, 49 ans, habite Surinam. Il est marié et père de deux filles. Selon ses proches et ses collègues, c’est un homme sans histoire. Pourtant du jour au lendemain, sa vie a basculé notamment lorsqu’il apprend qu’un article en ligne (avec une photo de lui) l’accuse d’avoir fait des attouchements sexuels sur sa nièce.

Effectivement le 17 avril à 11h20, sur la page Facebook d'un site d'information, on peut lire l’article suivant ‘Il glisse sa main sous la jupe de sa nièce’. L’accusé se prénommerait Rajesh Domun. C’est aussi le nom de notre interlocuteur. Il a un profile Facebook et y avait posté une photo de lui et de son épouse après un mariage. « Cette photo a été prise à mon insu et ajoutée à cet article », explique-t-il.

« J’étais au travail lorsque mes collègues m’ont approché pour me réclamer des explications. J’ai eu un choc. Je ne savais pas quoi faire. J’ai dit à mes collègues de vérifier la date et l’heure des faits et ils ont vu que j’étais bien au travail ce jour-là. J’ai tout de suite appelé mon épouse et par la suite, je me suis rendu au poste de police de Souillac pour porter plainte. »  

« J’aurais pu perdre mon emploi »

Sauf que cela ne résoudra pas l’affaire. Les commentaires fusent de partout. Les internautes l’insultent et le menacent. « Ce jour-là, tous les membres de la famille étaient bouleversés. Pendant une semaine, je n’ai pas mangé, j’ai à peine dormi. J’ai dû m’absenter de mon travail. Mes enfants et mon épouse allaient. Heureusement qu’ils m’ont soutenu depuis le début. J’aurais pu perdre mon emploi. Je suis le seul gagne-pain de la famille et je travaille dur pour subvenir aux besoins de ma famille. »

Rajesh travaille dans la section livraison d’une compagnie située à La Flora où il compte 28 ans de service. Il explique avoir dû dépenser une forte somme d’argent pour payer un avocat. « Après ma déposition, la police m’a conseillé d’aller voir un homme de loi. J’ai retenu ses services et cela m’a coûté beaucoup d’argent, soit les économies qui devaient servir aux frais d’études de mes enfants. »

Le mal est fait…

Après une semaine, Rajesh apprend que le présumé coupable a été arrêté. « Il y avait une autre personne qui portait le même nom et la police a fini par l’arrêter sauf que le mal était fait. » Même s’il a le soutien de ses proches et de ses voisins, il avoue avoir du mal à sortir de chez lui. « Je ne suis pas un criminel mais j’ai honte et je suis moralement très épuisé. Mes enfants et ma femme ont dû faire face à des commentaires désagréables. De plus, je suis très embarrassé par les nombreuses questions que les gens me posent malgré tout… »  

Rajesh Domun confie que c’est difficile de reprendre le cours normal de sa vie. Il espère que justice soit rendue rapidement. « Je souhaite que les coupables soient punis pour que personne n’ait à faire face à de telles accusations. Je suis triste car certaines personnes ne sauront peut-être jamais la vérité. Un jour, les gens diront de mes enfants ‘ayo sa zanfan intel sa’ et continueront à m’accuser et à salir ce nom de ma fille. Ils ne verront pas ma version. Il n’y a pas eu de mots d’excuses ou de rectificatif sur le site. Au contraire, ils ont insulté ma fille quand elle les a contactés. Bref cette irresponsabilité doit être punie ! »

Que dit la loi sur le droit à l’image ?
Selon l’avocat Me Arvin Halkoree, filmer, photographier et diffuser des images ou des vidéos d’autrui sans sa permission est une violation de la loi. « Ce n’est pas un acte sans conséquence. Personne n’a le droit de publier quoi que ce soit sans l’autorisation préalable de la personne concernée car chacun a droit au respect à sa vie privée. »  Il explique que toute personne qui estime que l’on porte atteinte à sa vie privée peut poursuivre l’auteur et réclamer des dommages. Il rappelle également que les lois suivantes sont très sévères : le Computer Misuse Act, l’ICTA et surtout la nouvelle loi connue comme la ‘loi Facebook’.

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