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Philanthropie : Nathan Julie renverse la vapeur

Nathan Julie En lisant un article du Défi Plus, Nathan Julie est venu en aide à la famille Vert à Corps de Garde.

Plus sensibilisé, plus volontaire, plus investi… À 33 ans, Nathan Julie est en train de créer un mouvement de fond pour instaurer une véritable culture de l’entraide à Maurice. Pleins feux sur ce bienfaiteur.

«Enn salad ziromon, c’est ainsi que tout a commencé», affirme Nathan Julie, dans un éclat de rire. Cet habitant de Plaisance partage cette recette agaléenne que lui a apprise son père, sur sa page Facebook. En un rien de temps, les likes montent en flèche.

S’ensuivent un farci de patol et son fameux dizef roti ek so lakok. Ses publications connaissent un véritable succès. Vu l’engouement des internautes pour ses recettes, le jeune homme crée, par la suite, sa page Partage et Savoir. Avec 1 200 amis au départ, il passe très vite à 4  000 followers. Cette initiative, dit-il, découle de sa passion pour la cuisine. Son passe-temps connaît toutefois une autre tournure lorsqu’il est approché par Holdem Foundation pour réaliser quelque 2 500 repas pour les sinistrés du cyclone Berguitta, au mois de janvier 2018.  Sa résidence à Plaisance se transforme en cuisine éphémère où amis, proches et bénévoles, mettent la main à la pâte pour cette action sociale.

Cette initiative de nourrir ceux qui n’ont rien à manger prend toutefois son envol le 10 novembre 2018. Nathan Julie et Meritess Beeharry, de Holdem Foundation, mettent en place La Cuisine du Cœur. 400 repas sont ainsi préparés dans la cour de Daniel, l’oncle de Nathan, et sont distribués aux personnes démunies de Plaisance, Trèfles et Port-Louis, mais aussi à des sans-domicile-fixe à travers l’île. « Je sais ce qu’on peut ressentir quand on a faim et qu’on n’a rien à manger », s’exclame-t-il. Tout récemment, Nathan Julie était à La City avec sa femme Nathalie lorsqu’il a vu deux jeunes en haillons qui quémandaient pour manger. « Sous le regard des autres, nous leur avons offert un repas. Ils se sont assis à table, avec nous. Parfois, il suffit d’un simple geste pour aider autrui », dit le jeune homme qui est père de deux fils prénommés Nigel (6 ans) et Kenny (5 ans).

Plus de bonheur à donner qu’à recevoir

Épileptique, Nathan Julie confie qu’une fois, il a eu une crise en pleine rue. « J’ai eu la chance que des personnes m’ont aidé à ce moment précis et que j’ai pu avoir des soins à l’hôpital. J’aurais pu y laisser la vie. » La gratitude, c’est ce qui explique le dévouement social de Nathan Julie. « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. » Cet adage de la Bible, Nathan Julie l’a fait sien. Il avoue également le tenir de son père Jean-Luc, qui jouit d’une retraite bien méritée à Agaléga. « Quand j’étais petit, mon père aidait les Rodriguais ou Mauriciens cherchant une maison ou un emploi. Quitte à délaisser sa propre famille, il s’occupait des autres. »

À son tour, Nathan Julie aide les personnes dans le besoin à titre personnel, en répondant aux appels à solidarité lancés à travers la presse. Ou encore à tous les cas signalés par ses amis et proches. Un beau jour, il décide de réaliser une vidéo lors d’une visite chez une famille pauvre qu’il a souhaité aider. Son post sur Facebook devient viral et sa boîte Messenger accumule les messages d’encouragement et d’appréciation pour ses initiatives, formulés par des internautes tant à Maurice qu’à travers le monde. 

À travers ses petites actions sociales, Nathan Julie dessine sans s’en rendre compte, un mouvement de fond sur Facebook. Se joignent à sa cause d’innombrables personnes qui veulent y contribuer. Parmi elles, se trouvent ses proches, amis, followers, mais encore des bienfaiteurs vivant à l’étranger. D’ailleurs, le 31 janvier prochain, quatre bénévoles effectueront le déplacement à Maurice. « Ils veulent m’aider dans la reconstruction des maisons de familles pauvres que je suis en train de soutenir », confie Nathan Julie.

S’il investit de l’argent à la mesure de ses moyens dans des causes sociales, Nathan Julie exprime sa gratitude envers sa famille et ses amis qui l’aident à matérialiser ses projets caritatifs, ainsi que son employeur et ses collègues qui le soutiennent de façon continue.

En100ble. Voilà comment, Nathan Julie compte nommer son action sociale destinée aux personnes en détresse. Pour ce faire, dit-il, tout le monde doit « marye pike » pour aider ceux dans le besoin. Son plus grand rêve est que tous les Mauriciens jouent un grand match à travers l’île : celui de l’éradication de la pauvreté. « On dira certes que c’est impossible, mais je crois fermement qu’ensemble, on peut le faire », conclut-il.