Pétrole: la guerre au Moyen-Orient propulse le baril au-delà de 90 dollars
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Defimedia.info
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Les cours de l'or noir s'envolent vendredi après la promesse de Trump de poursuivre la guerre jusqu'à la "capitulation totale" de l'Iran, les investisseurs s'inquiétant pour l'offre pétrolière du Moyen-Orient, en raison des attaques sur les infrastructures énergétiques et de la paralysie du détroit d'Ormuz.
"Il n'y aura pas d'accord avec l'Iran, seulement une CAPITULATION SANS CONDITION", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.
Dans la foulée de la déclaration, le baril de Brent, la référence internationale du pétrole, est monté jusqu'à 91,89 dollars, au plus haut depuis avril 2024. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, s'est affiché brièvement à 89,62 dollars, soit une hausse de 10,63%, avant de redescendre un peu.
Depuis le début du conflit, plusieurs infrastructures énergétiques ont déjà subi des attaques. Et le blocage du détroit d'Ormuz, par où transite environ 20% de la production mondiale d'or noir, cause des problèmes majeurs d'approvisionnement en hydrocarbures.
"Chaque jour où le détroit reste fermé, le marché pétrolier se tend davantage", explique à l'AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.
L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont en mesure de rediriger une partie de leur production, mais "même avec ces options de contournement, environ 8,7 millions de barils par jour" sont bloqués, note Homayoun Falakshahi, analyste chez Kpler.
Les capacités de stockage des pays du Golfe étant limitées, "si la situation ne se résout pas rapidement, nous assisterons bientôt à une rationalisation de la production de pétrole brut et à une nouvelle réduction de l'activité des raffineries, en particulier en Asie et au Moyen-Orient", prévient-il.
Certains pays du Golfe doivent déjà limiter leur production. L'Irak a réduit la production au sein de l'un de ses principaux champs pétrolifères en début de semaine, et selon un article du Wall Street Journal, le Koweït "a commencé à réduire la production de certains champs pétrolifères après avoir épuisé ses capacités de stockage de pétrole brut".
Désormais, même si les exportations via Ormuz reprennent, "il y aura un décalage avant la reprise de la production", souligne Ole R. Hvalbye, analyste chez SEB.
Et si la situation continue de s'aggraver, "cela pourrait potentiellement déclencher une récession économique", craint-il.
Pour prévenir d'éventuelles pénuries, la Chine a demandé à ses principaux raffineurs de suspendre leurs exportations de gazole et d'essence, selon l'agence Bloomberg.
Et le gouvernement américain a autorisé jeudi, et pour un mois, la livraison de pétrole russe sous sanction vers l'Inde, alors que le conflit au Moyen-Orient touche directement les approvisionnements de New Delhi.
AFP