À Petite-Rivière - le motocycliste Kurt Anthony rend l’âme - l’épouse de la victime : «So leker ti ankor pe bate kan monn ariv laba»
Par
Kursley Thanay, Meemah Aumeer
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Kursley Thanay, Meemah Aumeer
La route a fait une nouvelle victime dimanche matin à Petite-Rivière. Kurt Ivan Michael Anthony, âgé de 20 ans et habitant la localité, est décédé après avoir perdu le contrôle de son deux-roues sur la route principale, à proximité d’une station-service. La violence de l’impact ne lui a laissé aucune chance. Son décès a été constaté par les urgentistes du Service d’aide médicale urgente (Samu). L’autopsie, réalisée dimanche par le Dr Ananda Sunassee, a attribué le décès à de multiples blessures.
Chez les Anthony, à Petite-Rivière, c’est la consternation. L’épouse de la victime raconte que son mari devait se rendre chez sa mère. Trente minutes après avoir quitté la maison, des proches sont venus lui annoncer la nouvelle : Kurt Ivan Michael Anthony a eu un accident. « Monn ale avek mo kouzin », dit-elle, la voix brisée.
Larmes aux yeux, elle confie avoir aperçu le visage « défiguré » de son époux. « So leker ti ankor pe bate kan monn ariv laba », ajoute la jeune femme. Elle explique également avoir tenté de joindre les secours en composant le 114, mais sans succès. « Un seul policier est venu. L’ambulance a mis une heure pour arriver sur les lieux », affirme-t-elle.
L’intervention des secours a également été marquée par un incident impliquant le personnel du Samu, arrivé sur place vers 7 heures. Au Défi Media Group, un médecin du Samu déplore l’absence de sécurité pour les équipes appelées à intervenir dans ce type de situation. Il explique que l’équipage est tombé sur « une foule hostile » à son arrivée, avec un seul policier pour faire face à « une centaine de membres du public ».
Le médecin affirme que des individus auraient ouvert les portes arrière de l’ambulance avant de s’en prendre physiquement au personnel. Il évoque des coups portés à lui-même ainsi qu’au chauffeur, précisant que l’équipe, « prise de frayeur », a dû faire face à une situation particulièrement tendue.
Dans ces circonstances, l’équipage aurait été contraint de transporter le corps de la victime dans l’ambulance. Le policier présent aurait alors lancé : « Bizin pran lekor, sinon nou mor la ».
Selon les procédures en vigueur, le transfert d’un corps après un décès doit normalement être assuré par le Mortuary Van de la police. Le médecin souligne que le décès du motocycliste a été constaté dans l’ambulance, juste avant que l’équipe ne quitte les lieux. Une déposition a été consignée à la police concernant cette agression alléguée dimanche.
Le Dr Sham Ryad : « Difficile de travailler dans de telles conditions »
Le Dr Sham Ryad, Senior Emergency Physician à l’hôpital Jawaharlal Nehru et président de l’Emergency Medicine Doctors Union, a réagi après cet incident. Il déclare que le personnel du Samu a réagi « très vite » après avoir reçu l’appel de détresse dimanche matin. « Malheureusement, la personne était déjà décédée. Un de mes médecins a reçu des coups de poing au dos et à la poitrine. Le chauffeur a aussi été blessé et ses vêtements ont été déchirés. C’est difficile de travailler dans des conditions pareilles. Ce n’est pas la première fois, cette année, que le personnel hospitalier est agressé. Je lance un appel au Premier ministre et au Commissaire de police pour des mesures plus drastiques afin de nous protéger », lance le médecin.
Krishnadeo Boodia : « C’est faux de dire que l’ambulance est arrivée en retard »
Pour le président du Ministry of Health Transport Workers Union, l’ambulancier Krishnadeo Boodia, il est « faux » de dire que l’ambulance du Samu est arrivée en retard. Il explique avoir reçu la requête pour l’intervention à 6 h 47. L’ambulance a quitté l’hôpital Jeetoo à 6 h 50 pour arriver sur les lieux à 7 heures. Toutefois, dit-il, le blessé avait déjà succombé à ses blessures.
S’agissant de l’agression du personnel du Samu, il dit ne pas comprendre pourquoi la police n’a pas pu maîtriser la situation et qualifie les actes de violence d’« intolérables ».