À Petit-Raffray - Meurtre de Soobhawtee Juggessur : la piste du vol privilégiée
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Le Dimanche /L' Hebdo
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L’enquête policière ouverte après le meurtre de Soobhawtee Juggessur, 62 ans, s’oriente vers la thèse d’un vol ayant mal tourné. Le corps sans vie de la sexagénaire a été découvert dans sa chambre à coucher dans la soirée du vendredi 19 juin, à son domicile de Petit-Raffray.
Selon les premiers éléments de l’enquête, la victime aurait été agressée peu après son retour chez elle. Alertés de la situation, les enquêteurs de la Criminal Investigation Division (CID) de la Northern Division, épaulés par la police scientifique, ont rapidement privilégié la piste criminelle.
Les enquêteurs disposent d’images de vidéosurveillance montrant un homme considéré comme un suspect potentiel qui aurait approché la victime peu avant qu’elle ne rentre chez elle. Toutefois, son visage n’apparaît pas clairement sur les images, l’individu portant un masque ainsi qu’une cagoule.
La police soupçonne que cet homme se serait présenté comme un vendeur de semences afin de gagner la confiance de la sexagénaire et d’obtenir l’accès à son domicile. Une fois à l’intérieur, il se serait attaqué à elle avant de prendre la fuite. Selon les premiers constats, il aurait quitté les lieux en passant par une fenêtre.
L’autopsie pratiquée samedi après-midi à la morgue de l’hôpital Dr A.G. Jeetoo a conclu que la victime est décédée des suites d’une « asphyxia by smothering », soit une asphyxie provoquée par étouffement.
C’est une nièce de la défunte, qui habite à l’étage de la maison, qui aurait été la première à remarquer un élément inhabituel devant la résidence. Soobhawtee Juggessur avait laissé à l’extérieur une bouteille d’huile servant à allumer les lampes lors des prières. Or, selon ses proches, elle n’avait pas l’habitude de laisser cet objet dehors. Intriguée, sa nièce a tenté de l’appeler à plusieurs reprises, sans obtenir de réponse.
D’autres membres de la famille, vivant à proximité et dans l’arrière-cour, se sont alors rendus sur place. Ils ont forcé l’accès à la maison avant de constater que la porte de la chambre à coucher était verrouillée de l’intérieur. Cette seconde porte a également dû être forcée.
À l’intérieur de la pièce, les proches ont fait une découverte bouleversante. Soobhawtee Juggessur gisait au sol, avec un oreiller sous la tête. Les enquêteurs n’écartent pas l’hypothèse que cet oreiller ait été utilisé pour l’étouffer.
À la suite de la découverte du corps, plusieurs unités policières, notamment la CID, la Divisional Crime Intelligence Unit (DCIU) et la Field Intelligence Office (FIO), ont été dépêchées sur les lieux. Des relevés scientifiques et divers prélèvements ont été effectués afin de recueillir des éléments de preuve. Une cagoule et un sac retrouvés sur place ont été placés sous scellés pour les besoins de l’enquête.
Veuve depuis 2025, Soobhawtee Juggessur était mère de deux enfants, une fille et un fils. Ce dernier réside à l’étranger et est attendu à Maurice durant le week-end. Sa fille, Deeya, habite dans les Plaines-Wilhems.
Interrogée, elle dit avoir appris la tragédie vendredi soir par l’intermédiaire de proches. Encore sous le choc, elle décrit sa mère comme « une battante » et « une self-made woman » qui continuait à travailler malgré son âge, notamment depuis le décès de son époux survenu il y a deux ans.
« Se enn krim. Paret enn dimounn inn vini avek lintansion pou kokin. Me seki inn arive exakteman, sekre-la res avek mo mama », confie-t-elle. Deeya affirme ne pas connaître avec précision les circonstances du drame à ce stade de l’enquête. Elle a toutefois salué le travail de la police de Goodlands, qui est restée en contact avec elle depuis la découverte du corps.
À samedi, plusieurs pistes étaient toujours examinées par la Major Crime Investigation Team (MCIT), désormais chargée de l’enquête. S’appuyant sur les images du suspect potentiel en sa possession, la police poursuivait ses investigations et recherchait activement des informations susceptibles de permettre son identification.