Pesticides : le problème de la « mauvaise ordonnance »
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Le Dimanche /L' Hebdo
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Alors que les Assises de l’agriculture s’ouvrent ce 27 janvier, un rapport officiel éclaire une réalité peu connue : la majorité des infractions aux pesticides relèvent d’erreurs d’usage, plus que de surdosage. Derrière les chiffres, une réalité méconnue qui interroge tout le modèle agricole mauricien.
Le planteur pensait bien faire. Le produit qu’il a pulvérisé sur ses laitues est parfaitement légal, homologué, disponible dans n’importe quel magasin agricole de l’île. La dose ? Respectée à la lettre. Pourtant, ce légume finira dans la catégorie des « non-conformes ». Pas parce qu’il contient trop de pesticide, mais parce que ce pesticide-là n’aurait jamais dû toucher une feuille de laitue. Bienvenue dans la face cachée des infractions agricoles à Maurice.
Le rapport publié le 6 janvier 2026 par le Pesticides Regulatory Office du ministère de l’Agro-Industrie fait l’effet d’une douche froide : 21,63 % des fruits et légumes analysés en 2025 ne respectent pas les normes sur les résidus de pesticides (voir encadré). Plus d’un sur cinq. Mais ce qui surprend vraiment les spécialistes, c’est la nature de ces infractions. On imagine spontanément des agriculteurs à la main lourde, dépassant les doses autorisées.
La réalité est plus subtile : les dépassements de dose ne représentent que 5,45 % des cas. En revanche, 16,18 % des infractions – soit trois fois plus – concernent l’utilisation de produits non homologués pour la culture traitée.
« Le rapport met en évidence deux situations bien différentes, qui sont souvent confondues », explique Lalini Unmole, directrice adjointe au Crop Research Department du Food and Agricultural Research and Extension Institute (FAREI).
« D’un côté, il y a les dépassements de dose, et de l’autre, l’utilisation de produits qui ne sont pas autorisés pour la culture concernée. »
Pour le consommateur qui fait ses courses au marché, cette distinction peut sembler absurde. Et pourtant, un pesticide autorisé sur les tomates peut être strictement interdit sur les laitues. Un produit parfait pour le gombo devient dangereux sur le cresson. Pour les scientifiques, cette différence est vitale.
Comment un pesticide peut-il être autorisé sur une tomate, mais interdit sur une laitue ? La réponse n’a rien d’arbitraire. « Elle se trouve dans la biologie et la physiologie des cultures », explique Lalini Unmole. « Chaque plante interagit différemment avec les substances chimiques qui lui sont appliquées. »
La structure de la plante joue un rôle déterminant. « La tomate possède une peau relativement lisse et cireuse, tandis que la laitue présente de larges feuilles, souvent frisées », précise la chercheuse. « Ces feuilles retiennent davantage les pulvérisations. » Résultat : sur des cultures comme la laitue, les produits peuvent rester piégés entre les feuilles, favorisant une accumulation de résidus, ce que les spécialistes qualifient parfois de « soupe chimique », plus difficile à éliminer.
Le cycle de croissance amplifie ces différences. « La tomate met plusieurs semaines à mûrir après un traitement, ce qui laisse le temps au pesticide de se dégrader », explique Lalini Unmole. À l’inverse, la laitue pousse rapidement et est consommée entière, souvent peu de temps après la plantation. « Il y a donc moins de temps pour que les substances chimiques se dégradent avant la récolte », précise-t-elle.
À cela s’ajoute le métabolisme propre à chaque culture. « Chaque plante absorbe, transforme et élimine les substances chimiques différemment », souligne la chercheuse. « Un produit considéré comme sûr pour une culture peut devenir persistant, voire toxique, dans une autre. » C’est ce qui explique que les listes de produits autorisés varient selon les cultures : ce qui est acceptable pour un fruit à peau épaisse ne l’est pas forcément pour un légume-feuille consommé cru.
L’homologation d’un pesticide ne se résume donc pas à une simple autorisation administrative. Il s’agit d’un processus scientifique rigoureux, fondé sur des essais menés pour chaque couple produit-culture. Ces études visent notamment à vérifier si le pesticide est efficace contre le ravageur ciblé et à déterminer le délai de carence, c’est-à-dire le temps nécessaire entre le dernier traitement et la récolte pour que les résidus diminuent jusqu’à un niveau acceptable, appelé Limite Maximale de Résidus (LMR).
C’est pour cette raison que l’étiquette d’un pesticide est souvent comparée à une ordonnance médicale : un produit prévu pour une culture ne peut pas être utilisé pour une autre sans risque. « Lorsque des produits non homologués sont utilisés, le risque est que les résidus dépassent les seuils considérés comme sûrs pour la consommation », avertit Lalini Unmole.
Lorsqu’un pesticide non homologué est appliqué, le délai de carence n’est pas défini, ce qui signifie que la récolte peut contenir des résidus qui n’auraient jamais dû s’y trouver. À long terme, une exposition répétée à de faibles quantités de ces substances pose de réels enjeux de santé publique, notamment en matière de toxicité chronique.
« Les chiffres montrent clairement que les erreurs de ciblage sont beaucoup plus fréquentes que les erreurs de dosage », souligne Lalini Unmole. « Pourtant, elles sont souvent moins bien comprises, aussi bien par les consommateurs que par certains acteurs du terrain. »
Pourquoi ces erreurs se répètent-elles ? « La lecture attentive et la bonne compréhension des étiquettes restent un défi pour une partie de la communauté agricole », explique Lalini Unmole. « Or, ces informations sont essentielles pour savoir sur quelle culture un produit peut être utilisé, à quelle dose et avec quel délai avant récolte. »
Sachin Sookna, directeur de la Fédération coopérative agricole de Maurice (MCAF), partage ce diagnostic : « Dans nos points de vente, nous avons du personnel formé pour conseiller les planteurs sur le bon produit, la bonne culture et le délai avant récolte », explique-t-il. « Mais sur le terrain, la décision finale revient au planteur, et tous n’ont pas la capacité de lire ou d’interpréter correctement les étiquettes. »
La complexité croissante des produits complique encore la situation. « Les agrochimiques contiennent de plus en plus de substances actives différentes », précise Sachin Sookna. « Lorsqu’on utilise des cocktails de produits, le délai avant récolte change, ce qui complique encore le respect des règles. »
À ces difficultés techniques s’ajoute une logique de réaction immédiate. « Lors d’attaques soudaines, certains planteurs utilisent les produits dont ils disposent ou ceux qui ont déjà fonctionné sur une autre culture », note Lalini Unmole.
Mais c’est surtout la pression économique qui explique ce que Sachin Sookna appelle une forme d’« automédication » des cultures. « Oui, cette pratique existe », reconnaît-il. « Le coût des agrochimiques et de la main-d’œuvre a fortement augmenté après la pandémie de Covid-19. Sous la pression économique, certains planteurs cherchent des solutions alternatives pour garantir leur récolte. » Il souligne également que, dans certains cas, de mauvais conseils peuvent être donnés lors de l’achat.
Kailash Ramdhary, porte-parole de l’Association des petits planteurs et du réseau FALCON, enfonce le clou. « Il n’est pas facile pour un petit planteur d’investir des milliers de roupies dans des produits chimiques, sans parler des risques pour sa propre santé », fait-il ressortir.
Il met aussi en lumière un circuit parallèle préoccupant : près de 20 % des légumes proviendraient de marchés non réglementés ou de vols. « Les voleurs ne se préoccupent pas des pesticides, ils veulent juste vendre le butin rapidement. Les amendes actuelles de Rs 1 000 ne suffisent pas », dénonce Kailash Ramdhary, appelant à un durcissement des sanctions et à un contrôle renforcé sur toute l’île.
Face à ces constats convergents, les acteurs plaident pour un renforcement du système de contrôle à tous les niveaux. Pour la MCAF, plusieurs pistes doivent être renforcées : un meilleur encadrement des points de vente, avec la présence obligatoire d’un agronome qualifié, à l’image du rôle du pharmacien dans une pharmacie ; des formations annuelles obligatoires pour les détenteurs de cartes de planteurs, afin de les tenir informés des nouveaux produits et techniques ; des contrôles renforcés à l’importation, notamment au port, pour éviter l’entrée de produits interdits ; des inspections régulières dans les magasins, afin de vérifier la conformité des produits, leur date de péremption et d’éviter l’usage de produits destinés à la lutte domestique en agriculture.
Les associations de petits planteurs réclament également l’adoption de technologies de détection rapide et le rééquipement des inspecteurs afin de permettre des analyses sur site. « Les contrôles actuels ne reflètent pas toujours la qualité réelle des légumes vendus quotidiennement, certains étant écoulés avant la fin des délais de traitement », explique Kailash Ramdhary.
Face aux enjeux de santé publique, de sécurité alimentaire et de changement climatique, Maurice doit s’engager dans une transformation progressive, mais profonde de son modèle agricole. Au cœur de cette transition : la formation obligatoire des planteurs, une mesure aujourd’hui activement discutée par les autorités et les institutions concernées.
« Le FAREI s’occupe prioritaire-ment de la recherche et surtout de l’extension, c’est-à-dire la formation des planteurs, notre cœur de métier », affirme Madhvee Madhou, la directrice générale. Ces formations couvrent l’ensemble des bonnes pratiques agricoles : choix des pesticides selon les cultures, dosages et quantités autorisés, protection de la santé du planteur, respect de l’environnement et du consommateur.
« Avant même qu’un planteur puisse bénéficier de certains schemes ou supports, il y a un cours obligatoire à suivre, notamment sur l’utilisation judicieuse des pesticides », précise-t-elle. Depuis sa création, le FAREI indique avoir formé plus de 5 000 planteurs à travers ses programmes continus.
Les discussions sont désormais engagées pour franchir un cap supplémentaire : rendre la formation obligatoire et certifiante, conditionnée à l’obtention de la carte de planteur. « Nous travaillons avec toutes les instances et autorités pour rendre cette formation compulsory, avec une certification à la clé. L’objectif est qu’avant même d’obtenir sa carte de planteur, la personne soit formée », souligne Madhvee Madhou.
Ce projet implique une coordination étroite entre plusieurs institutions : le Small Planters Welfare Fund, le Pesticides Regulatory Office (PRO), le Dangerous Chemical Control Board (DCCB), les ministères de la Santé, de l’Agro-Industrie, de l’Environnement, ainsi que le FAREI. « Si vendre est important pour le planteur, pour nous il est fondamental que le planteur soit éduqué », insiste la directrice générale.
Pour le FAREI, la solution passe également par un renforcement de la vulgarisation agricole, avec davantage de formations pratiques sur le terrain, un meilleur accès à l’information, notamment via la numérisation des listes de produits homologués, et un encadrement plus strict des points de vente, les revendeurs jouant un rôle clé dans la bonne « prescription » des produits agrochimiques.
Parallèlement à la formation, tous s’accordent sur la nécessité d’une transition vers des méthodes plus durables. « 21,63 %, ce chiffre éveille l’importance d’une meilleure régulation, mais aussi d’alternatives durables pour les petits planteurs », dit Kailash Ramdhary.
S’il salue la transparence du ministère, il insiste sur l’urgence sanitaire : « Le rapport est très positif dans le sens où il montre la transparence du ministère et permet aux consommateurs de savoir ce qu’ils mettent dans leurs assiettes. Mais il ne suffit pas de publier des chiffres : il faut garantir que tous les légumes respectent les normes, et surtout protéger la santé publique. »
Pour réduire la dépendance aux pesticides chimiques, les associations agricoles plaident pour des méthodes biologiques et artisanales. Parmi les solutions proposées : l’introduction d’insectes bénéfiques, notamment dans la culture de la canne à sucre, l’usage de pièges à insectes et l’intégration de plantes répulsives comme la cannelle, le tulsi, les œillets d’Inde, le genda ou le marigold. « Des alternatives artisanales et bio existent et doivent être soutenues financièrement », souligne Kailash Ramdhary. Il insiste : « Nous devons penser autrement l’agriculture à Maurice : plus de bio, plus de sécurité pour le consommateur, plus de soutien pour les petits planteurs. »
Les associations demandent des subventions ciblées pour les planteurs enregistrés utilisant des produits biologiques déjà disponibles à la Fédération coopérative agricole de Saint-Pierre, afin d’encourager une agriculture plus saine, locale et respectueuse de l’environnement. Elles proposent également la mise en place de forums régionaux pour sensibiliser près de 8 000 petits planteurs, avec des programmes adaptés aux cycles de culture, surtout pour les légumes à maturation rapide comme le concombre, la calebasse, le cresson, la laitue ou encore la tomate, « qui demandent une attention particulière », précise Kailash Ramdhary.
Le FAREI développe déjà des modèles agro-écologiques testés dans ses centres de Flacq, Mapou, Pamplemousses et Rivière-des-Anguilles. Ceux-ci reposent sur l’utilisation de plantes répulsives comme le genda ou le tulsi, de plantes attractives pour les insectes bénéfiques, telles que la moutarde jaune, ainsi que sur une réduction progressive de la dépendance aux pesticides chimiques. « Les bio-pesticides et l’agro-écologie, nous les pratiquons déjà », souligne Madhvee Madhou.
L’agro-écologie devient également un levier stratégique pour l’exportation et l’accès aux financements internationaux liés au climat. « L’agro-écologie déterminera le marché et l’exportation », rappelle la directrice générale, citant des projets régionaux en cours soutenus par l’Union Européenne.
Ces orientations seront au cœur des Assises de l’agriculture, prévues les 27 et 28 janvier au Civil Service College à Ébène. « Toute l’agro-industrie de demain sera axée sur l’agro-écologie et l’AgriTech », conclut Madhvee Madhou, avec pour objectif de transformer le planteur en agro-entrepreneur, capable de relever les défis du futur en restant en phase avec les tendances mondiales et assurer l’avenir du secteur.
Les chiffres sont là. Froids, précis, implacables. Ce rapport du Pesticides Regulatory Office dépasse largement le cadre agricole. Il interroge tout le modèle de production mauricien. Produire local ne peut plus signifier produire à n’importe quel prix. L’agro-écologie trace une direction claire. Mais l’enjeu n’est plus l’intention, il est dans l’exécution. Les Assises de l’agriculture de janvier 2026 représentent un tournant décisif.
Dépassements de MRL (5,45 % des échantillons) : queue d’oignon, calebasse, concombre, courgette, laitue, piment, poivron, chou rouge, citrouille, choux chinois, chou-fleur, asperge, margoze, coriandre, orange, kiwi, mandarine, raisin, citron, poireau, pomme de terre.
Pesticides non recommandés (16,18 % des échantillons) :
Laitue : acétamipride, flusilazole, propamocarbe, boscalide, kresoxim-méthyle, tébuconazole, trifloxystrobine, carbendazime, difénoconazole, thiaméthoxame, tébuthiuron, méthomyl, pyraclostrobine, thiophanate-méthyle
Chou blanc chinois : boscalide, carbendazime, thiophanate-méthyle, tébuconazole, azoxystrobine, difénoconazole
Coriandre : linuron, tébuconazole, boscalide, flutriafol, métalaxyl, acétamipride, carbendazime, thiophanate-méthyle
Cresson d’eau : acétamipride, métalaxyl
Autres légumes affectés : poivron, aubergine, chou, tomate, thym, plantes rampantes, carotte, persil, gingembre, chou-fleur, okra, céleri.
Pour clarifier le débat sur les pesticides et la santé, le FAREI appelle à une approche scientifique et nuancée. « Jusqu’ici, les effets des pesticides ne sont pas directement liés aux cancers, comme on le prétend parfois. Il faut aussi considérer les habitudes alimentaires et la consommation de produits de mauvaise qualité dans les grandes surfaces », affirme Madhvee Madhou.
Face aux risques liés aux résidus de pesticides dans les fruits et légumes, l’Association des consommateurs de l’île Maurice (Acim) rappelle qu’il est difficile de les éliminer totalement, certaines substances étant absorbées de manière systémique par les plantes.
Il est toutefois possible d’en réduire significativement l’exposition grâce à des gestes simples. « Le consommateur n’est pas totalement démuni », souligne Jayen Chellum, porte-parole de l’Acim. « Des réflexes à la maison comme au moment de l’achat permettent de limiter les résidus ingérés. »
Un lavage soigneux reste la première étape. Rincer les produits sous l’eau courante pendant 15 à 20 secondes, en les frottant, est plus efficace que le simple trempage. L’Acim recommande aussi le bicarbonate de soude, un épluchage lorsque c’est possible, le retrait des feuilles extérieures pour les légumes-feuilles, ou encore l’usage d’une brosse douce pour les produits fermes. En revanche, l’association déconseille l’utilisation de savons, ou les détergents, dont la sécurité n’est pas toujours garantie.
« La réduction de l’exposition commence souvent au supermarché », rappelle Jayen Chellum. Lorsque cela est possible, privilégier des produits biologiques ou certifiés MauriGAP et varier son alimentation permet d’éviter l’accumulation d’un même pesticide.
La cuisson peut également contribuer à réduire les résidus, notamment par l’ébullition ou le blanchiment, sans toutefois les éliminer complètement. « Certains pesticides résistent à la chaleur », prévient l’Acim, qui souligne l’importance du lavage préalable et met en garde contre certaines méthodes pouvant concentrer les résidus.
« Il n’existe pas de solution unique », conclut Jayen Chellum. « La meilleure approche reste une combinaison de bons gestes : bien laver, éplucher quand c’est possible, varier son alimentation et privilégier des produits issus de filières mieux encadrées. »
Homologation
Autorisation scientifique et réglementaire d’un pesticide pour une culture précise, à une dose et avec un délai avant récolte définis.
Erreur de ciblage (mauvaise ordonnance)
Utilisation d’un pesticide sur une culture pour laquelle il n’est pas autorisé, même si la dose est correcte.
Délai de carence
Temps obligatoire entre le dernier traitement et la récolte, afin de garantir des résidus acceptables.
Limite maximale de résidus (LMR)
Quantité maximale de pesticide légalement tolérée dans un aliment.
Dépassement de dose
Application d’un pesticide en quantité supérieure à celle autorisée pour une culture donnée.
Pesticide systémique
Produit absorbé par la plante et circulant dans ses tissus, difficile à éliminer par lavage.
Résidus de pesticides
Traces de substances chimiques présentes sur ou dans les fruits et légumes après traitement.
Culture sensible
Culture à haut risque de résidus, notamment les légumes-feuilles consommés crus.
Agro-écologie
Mode de production agricole fondé sur les équilibres naturels pour limiter l’usage des pesticides chimiques.
Automédication des cultures
Usage de pesticides sans vérification de leur adéquation à la culture traitée.
Le ministre de l’Agro-industrie est catégorique : « Il est temps de corriger nos pratiques agricoles. » Le document, qui interpelle directement la santé publique, n’établit pas de lien direct avec le cancer, mais pointe des pratiques agricoles problématiques. « Nous devons sensibiliser les planteurs à un usage plus responsable des fertilisants. Le recours aux drones agricoles et à l’aviation civile permettra une application plus précise et donc plus sûre », explique Arvin Boolell.
« Moderniser l’agriculture demande coordination, rigueur et cela sans compromis », dit Arvin Boolell. Le gouvernement adopte une approche structurée et coordonnée reposant sur trois niveaux : interministériel, qui impliquera Agro-industrie, Santé, Environnement et Aviation civile travaillant ensemble pour des politiques cohérentes ; intra-institutionnel, avec le FAREI et les services agricoles renforçant le suivi technique et le conseil aux planteurs ; interinstitutionnel, avec les autorités publiques et régulateurs encadrant scientifiquement les pratiques et assurant la crédibilité de l’action publique.
Arvin Boolell promet des opérations coup-de-poing pour lutter contre l’usage illégal et excessif des produits chimiques : « La loi existe, mais il y a des lacunes dans son application. Les officiers, de chaque ministère et instances concernés doivent être plus présents, plus fermes et plus proactifs », insiste-t-il.
Une campagne de sensibilisation nationale sera également lancée, ciblant planteurs, opérateurs économiques et consommateurs. L’objectif : améliorer la qualité des productions locales et réduire le recours aux produits importés surgelés.