Perspectives 2022 - TIC/BPO : une croissance satisfaisante attendue
Par
Sneha Peryagh
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Sneha Peryagh
L’industrie des TIC/BPO représente un moteur clé de l’économie mauricienne. Comment se portera le secteur en cette nouvelle année ? Quid des enjeux en 2022 ? Le point avec des opérateurs.
Daryl Rivet, président de la Mauritius IT Industry Association (MITIA) et General Manager de Superdist Limited et Superdist SARL Madagascar, est d’avis que 2021 a été une année difficile pour les acteurs du secteur des TIC en raison de la pandémie et du confinement, sans compter la dévaluation de la roupie et les retombées économiques. « Nous avons fait face à la pénurie mondiale de semi-conducteur « chipset » et à la flambée du prix du transport maritime et aérien pour les importateurs de matériel informatique », déplore-t-il.
Roshan Seetohul, président de l’Outsourcing Telecommunications Association of Mauritius (OTAM) partage le même constat. Malgré le contexte, dit-il, l’année 2021 a apporté une certaine stabilité, voire une résilience, dans les activités.
Roshan Seetohul est persuadé que « 2022 devrait nous permettre de nous développer à un rythme soutenu, car le secteur évolue rapidement et les perspectives de croissance sont là ». Ce dernier observe que le télétravail s’est développé.
Pour sa part, Daryl Rivet pense que 2022 sera une année de reprise. Mais, nous devrons faire face à de nouveaux défis venant des pays de la région qui proposent de la main d’œuvre hautement qualifiée à moindre coût. Selon lui, les secteurs public et privé récupèrent petit à petit leur investissement dans les nouvelles technologies. Le gouvernement, de par ses mesures budgétaires et sa stratégie de ‘Digital Island’, vise à favoriser le développement du secteur. Événement phare : le Business Forum « Mauritius at the centre of digital revolution » à la Dubai Expo 2020, le 10 janvier, organisé par le ministère des TIC et de l’innovation.
Toutefois, la route est encore longue pour sortir de la crise et les acteurs des TIC sont un maillon essentiel de notre économie, car la « New Normal » demande de la digitalisation et de l’innovation, affirme Daryl Rivet.
Jenny Chan, vice-présidente de la FINAM (Federation of Innovative and Numeric Activities in Mauritius) et Managing Director d’Astek Mauritius, reconnaît que la pandémie a accéléré la digitalisation, ce qui représente des opportunités pour les services d’externalisation (ITO) tournés principalement vers les marchés américain, européen et australien. Selon elle, les entreprises qui s’appuient sur le marché local ont connu une stagnation, voire une baisse des activités, notamment avec la chute du secteur touristique mauricien. Certaines ont trouvé leur salut vers la région, notamment en Afrique. Cette croissance relève d’une grande satisfaction des clients étrangers de l’ITO mauricien, renchérit-elle.
Qu’en est-il du taux de croissance attendu en 2022 ?
Roshan Seetohul prévoit une année légèrement mieux qu’en 2021, mais sans dépasser les 6%. Il faut développer davantage l’écosystème autour du télétravail, soutient-il.
Quid des défis ?
Jenny Chan précise que cette croissance des services informatiques est conditionnée par des facteurs tels que la qualité des ressources, le maintien d’un haut niveau de professionnalisme, un rapport qualité/coûts compétitif par rapport à la concurrence étrangère. Selon elle, notre secteur peine toujours à recruter localement. Il est nécessaire que la collaboration public-privé dans le domaine de formation soit davantage proactive. Autrement, les investisseurs se tourneront vers les pays plus compétitifs, souligne-t-elle.
Autre point sensible reste l’incertitude liée à la situation sanitaire. Par exemple, la fermeture des frontières avec certains pays peut impacter nos activités, que ce soit en termes de marchés que de ressources. Jenny Chan conclut que les perspectives de croissance dépendent des efforts collectifs pour actionner les leviers structurels qui permettraient une reprise pérenne et la maîtrise des contraintes relatives à la pandémie.
En décembre 2021, le Conseil des ministres a approuvé la promulgation de l’Information and Communication Technologies (Registration of SIM) Regulations 2021. Le but est de contrôler la vente et l’utilisation des cartes SIM. Les opérateurs ont un délai de trois mois pour mettre en place l’infrastructure et la base de données nécessaires à sa mise en œuvre.
Source : L’Economic Development Board et Statistics Mauritius
Damien Bathurst, Executive Director chez Assistance Virtuelle Ltd, est catégorique. Concernant le secteur de l’externalisation, nous serons encore en croissance en 2022, dit-il. Il estime que les décideurs n’hésitent plus à déléguer une partie de leur activité, la crise sanitaire et le télétravail ayant facilité cela. Il affirme qu’il est de plus en plus compliqué de recruter des gens qualifiés. Il explique que ses projets sont « de nous diversifier sur d’autres territoires pour nous démarquer. »
L’industrie des TIC/BPO est un moteur essentiel de l’économie mauricienne et nous sommes confiants sur sa croissance, soutient Amir Falk, directeur de Solocal Interactive. Il explique que sa compagnie compte 250 employés à Rodrigues et Maurice et « notre activité est en constant développement, mais nous sommes dans une phase d’accélération importante. »
Qu’en est-il des projets ? « L’enseigne mise sur des formations diplômantes intra et extra entreprise. » dit-il.
Le directeur est d’avis que ce secteur sera de plus en plus un véritable pilier de l’activité économique à Maurice.