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Perspectives 2019 - Politique : Enfin une lutte à quatre ?

À un peu plus de onze mois de la dissolution automatique de l’Assemblée nationale, la classe politique affûte déjà les armes pour la campagne électorale à venir.

Cette fois-ci, contrairement aux autres années, tout semble indiquer que l’on s’achemine vers une lutte à quatre. C’est du moins la volonté clairement affichée des leaders politiques de trois des quatre plus grandes formations politiques du pays. Seul le Parti mauricien social-démocrate (PMSD) semble faire exception.

Mais cela veut-il dire que l’on évitera les scenarios de 2000, 2010 et 2014 où l’on a vu des coalitions parfois surprenantes se former à quelques mois, voire à quelques semaines, avant les élections générales ? Rien n’est moins sûr.

Ce qui est cependant certain, c’est que, contrairement aux autres fois, que ce soit Pravind Jugnauth, Navin Ramgoolam ou Paul Bérenger, personne ne semble vouloir faire équipe avec d’anciens partenaires.

Dans le camp du gouvernement, et plus particulièrement du Mouvement socialiste militant (MSM), les dirigeants sont enclins à aller seuls aux élections. Navin Ramgoolam paraît infréquentable, car il est le challenger direct de Pravind Jugnauth. « Travailler une nouvelle fois avec lui comme cela a été le cas en 2010 est impossible. Les faits ont d’ailleurs clairement démontré qu’entre nous et Navin Ramgoolam et son équipe, c’est le ciel et la terre. On n’a même pas tenu deux ans », nous confie-t-on dans l’entourage du Premier ministre, Pravind Jugnauth.

PMSD : "Zoli Mamzel"

Et l’option MMM, est-ce « on » ? À ce sujet, , l’on affirme, à l’Hôtel du gouvernement, que les débats sur la réforme électorale ont démontré le « mood » du chef du gouvernement à ce sujet. « Si nous avions voulu une alliance avec Paul Bérenger, un signe clair aurait été de céder à ses exigences sur la réforme, mais nous ne l’avons pas fait. Pravind Jugnauth est resté sur sa position et le MMM non plus n’a pas mis de l’eau dans son vin. C’est une bonne indication de l’état des relations entre nous et eux », explique notre source.

Au niveau de Navin Ramgoolam, ni une alliance avec le MMM, ni avec le MSM ne semble souhaitable. « Nous souhaitons une lutte à quatre. Ainsi, tout le monde connaîtra le poids réel de chaque parti politique », explique Patrick Assirvaden, président du Parti travailliste (Ptr).

Dans une déclaration à la mi-novembre, l’ex-Premier ministre a d’ailleurs réaffirmé une nouvelle fois que le Ptr « n’a pas besoin de béquilles pour affronter l’électorat. » Il est constant à ce sujet depuis 2016.

Il rejoint la position de Paul Bérenger, leader des mauves, qui répète inlassablement, que ce soit dans ses conférences de presse ou au sein de son bureau politique, que le MMM ne veut s’encombrer de partenaire avant la bataille électorale et préfère contracter une alliance post-électorale.

Le seul grand parti qui se dit être ouvert à une alliance, c’est le PMSD. Lors d’une conférence de presse, le 13 octobre dernier, le député Adrien Duval, qui se faisait le porte-parole des bleus, devait affirmer que tous les partis sont condamnés à contracter une alliance pour les élections générales. Et, dans le jeu des alliances, les bleus sont les plus « zoli mamzel » actuellement sur la scène politique. « Si ou pe al tousel dan eleksion, sa ve dir personn pa anvi fer alyans avek ou. (…) Avec notre système à Maurice, tous les partis sont condamnés à une alliance. Même le MSM et le Ptr sont condamnés à faire alliance », devait alors souligner Adrien Duval.
 

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