Perquisition à la Twaha Academy : clé USB et bâton de serpillière saisis dans la chambre du Mufti
Par
Le Défi Quotidien
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La CID de Bel-Air/Rivière-Sèche a perquisitionné mardi la Twaha Academy, saisissant plusieurs objets dans la chambre du Mufti Azhar Peerbocus, visé par de multiples plaintes pour maltraitance et agression sur des élèves.
L’enquête sur les dérives présumées au sein de la Twaha Academy Boarding School s’accélère. Le mardi 14 avril 2026, des limiers de la Criminal Investigation Division (CID) de Bel-Air/Rivière-Sèche ont mené une opération d’envergure au cœur de l’institution éducative. Cette descente policière visait spécifiquement la chambre du Mufti Azhar Peerbocus, suspecté de maltraitances graves sur plusieurs élèves de l’établissement.
Pendant plusieurs heures, les enquêteurs ont passé au peigne fin la chambre occupée par le religieux, qui résidait sur place. En présence des responsables de l’académie, la police a procédé à la saisie de plusieurs objets susceptibles d’avoir servi lors des faits dénoncés : un haut-parleur, un bâton de serpillière endommagé, une clé USB (pendrive) ainsi que divers documents administratifs. Le contenu de la clé USB est jugé crucial par les autorités. Il sera analysé par l’Information Technology (IT) Unit de la police pour tenter de faire la lumière sur les agissements du Mufti.
Au-delà du volet criminel, la police s’intéresse désormais de près à la gestion de la Twaha Academy. Les enquêteurs examinent la légitimité des opérations de l’internat, vérifiant notamment la validité des permis d’exploitation. Les documents récupérés au « Registry » de l’établissement, incluant les dossiers du personnel et les registres de paiements effectués par les parents, font l’objet d’un examen minutieux. La police cherche à déterminer si des complicités ou des négligences administratives ont permis à ces agissements de perdurer au sein de l’institution.
Le Mufti Azhar Peerbocus est dans la tourmente. Depuis l’éclatement de cette affaire début avril, la police a enregistré, par le biais de la Brigade pour la Protection de la Famille (BPF), six plaintes pour maltraitance et agression, toutes ciblant ses agissements envers des élèves de la Boarding School. À celles-ci s’ajoute une Precautionary Measure (PM) déposée le 31 mars par un représentant de la Twaha Academy, soit la veille du départ du religieux. Des anciens pensionnaires sont également sortis du silence, affirmant avoir été victimes de maltraitance entre ses mains.
Cependant, l’interpellation du suspect s’annonce complexe. Le 1er avril dernier, soit la veille de l’éclatement public de l’affaire, le Mufti a quitté le territoire mauricien à bord du vol SA 191 à destination de l’Afrique du Sud. Ayant voyagé avec un « One-Way Ticket » (billet aller simple), son retour reste incertain. Un ordre d’« Arrest Upon Arrival » a été émis à son encontre par les autorités portuaires et aéroportuaires.
Accusé de maltraitance et d’agression par plusieurs mineurs, élèves de la Twaha Academy Boarding School, le mufti Azhar Peerbocus se retrouve au cœur d’une controverse amplifiée par une forte pression médiatique et de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Face à cette situation, sa famille dénonce un jugement hâtif et appelle à la prudence.
La mère du mufti rejette catégoriquement les rumeurs de fuite vers l’Afrique du Sud. Selon elle, le départ de son fils n’a jamais été motivé par une volonté d’échapper à la justice, mais par la peur pour sa sécurité. « Li pa’nn sove. Li pa’nn pran enn tiket ale-sinp, li ena enn tiket retour. Mo’nn fer li ale parski ena dimounn pe rod li pou bat li. Li finn dir mwa : ‘Mama, mo per.’ Alor mo fi’nn dir li ale pou kalme sa laper-la. » Très affectée par la situation, elle confie sa détresse, tout en affirmant éprouver de la compassion pour les enfants concernés par l’affaire.
L’oncle d’Azhar Peerbocus dénonce, pour sa part, ce qu’il qualifie « d’emballement médiatique autour du dossier ». « Ena enn kantite akizasion. Enn sel dimounn inn koze ek tou dimounn inn krwar li. Bliye seki zot finn tande lor Facebook. » Il appelle à la prudence face aux contenus relayés sur les réseaux sociaux.
Malgré la gravité des accusations, la famille assure que le mufti reviendra au pays pour répondre aux autorités. « Li pou bizin retourne. Pa trap li, pa bat li. Mo garanti mo pou met tou kitsoz lor latab », laisse entendre le proche. L’oncle affirme disposer d’éléments qu’il juge importants pour la compréhension de l’affaire, tout en adoptant une position nuancée. « Mo ena bann prev. Me mo pa pe dir ki li totalman inosan. Bizin konpran kouma kitsoz inn arive. » Il souligne également le caractère particulièrement sensible du dossier : « Sa kitsoz-la bien sansib. Mo ena bann odio osi, me mo pa kapav dir tou. »La famille conclut en appelant à une enquête impartiale menée par les autorités. « Lapolis fer so travay. »