Permis à points - Osman Mahomed : «Pas de sanction automatique»

Par Le Défi Quotidien
Publié le: 31 janvier 2026 à 09:39
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Le ministre a effectué une visite dans les locaux de la Traffic Branch ce mercredi 28 janvier.

C’est une réforme longtemps annoncée qui est désormais entrée en vigueur. Le permis à points a été officiellement lancé le vendredi 30 janvier à 15 heures à Ébène, lors d’une cérémonie présidée par le ministre du Transport terrestre, Osman Mahomed, et le ministre des Technologies de l’information et de la communication, Avinash Ramtohul. Plusieurs personnalités étaient présentes à cet événement, dont le Commissaire de police, Rampersad Sooroojebally, ainsi que des hauts cadres de la Fonction publique.

À partir de minuit dans la nuit de vendredi à samedi, le nouveau système de pénalités est officiellement entré en application, remplaçant l’ancien Cumulative Road Traffic Offence Act. L’annonce a été faite lors d’une conférence de presse à Ébène, marquant un tournant dans la manière dont les infractions routières seront désormais traitées à Maurice.

Selon le ministre Osman Mahomed, le permis à points ne vise pas uniquement à sanctionner, mais surtout à provoquer un changement durable de comportement sur les routes. « Comme annoncé dans le Budget 2025/2026, le gouvernement vient de l’avant avec le permis à points, une mesure qui prend effet dans la nuit de vendredi à samedi. Nous espérons qu’elle apportera un véritable changement sur nos routes et que les automobilistes réfléchiront davantage avant de prendre le volant », a-t-il déclaré.

Le système repose sur un capital initial de 15 points attribués à chaque conducteur. À mesure que des infractions sont commises, des points sont retirés selon la gravité du délit. Lorsqu’un conducteur atteint le seuil de 10 points, il lui est possible de faire une demande pour un ‘redemption point’, un mécanisme permettant de récupérer entre deux et trois points afin d’éviter la suspension du permis. « C’est une mesure qui donne une chance aux contrevenants de se ressaisir, tout en maintenant un cadre strict », a expliqué le ministre du Transport.

Osman Mohamed a insisté sur le fait que cette réforme cible avant tout les chauffards et les conducteurs récidivistes. « Cette mesure s’adresse directement à ceux qui font fi de la loi. Les automobilistes responsables n’ont pas à s’inquiéter. Le droit de circuler est un privilège, pas un acquis, et chacun a le devoir de respecter les autres usagers de la route », a-t-il martelé. L’objectif affiché reste clair : réduire le nombre d’accidents et, surtout, éviter de nouvelles victimes sur les routes mauriciennes.

Le ministre a également tenu à rassurer les conducteurs quant au respect des procédures légales. « Si une personne est accusée d’une infraction mais que la cour lui donne raison, ses points ne seront pas affectés. Il n’y a pas de sanction automatique sans décision judiciaire », a-t-il précisé, soulignant que le système repose sur l’équité et le respect de l’État de droit.

Au-delà de l’aspect sécuritaire, le lancement du permis à points s’inscrit aussi dans une démarche plus large de digitalisation des services publics. Les automobilistes pourront consulter en temps réel leur solde de points via l’application mobile « Korek », développée dans le cadre de la modernisation des services gouvernementaux.

Le ministre des TIC, Avinash Ramtohul, a souligné que cette plateforme ne se limitera pas au permis à points. « Aujourd'hui, nous lançons le permis à points, mais très bientôt, nous viendrons avec des services comme l’E-Health, l’accès à certaines informations du GIS, ainsi qu'un service de doléances. Nous travaillons également en étroite collaboration avec le Bureau du Premier ministre afin que le Mobile ID soit intégré à cette plateforme », a-t-il annoncé. L’objectif, selon lui, est de permettre à chaque Mauricien d’avoir un accès centralisé et sécurisé aux services essentiels de l’État.

Avec l’entrée en vigueur du permis à points, le gouvernement envoie un signal fort aux usagers de la route. Cette réforme se veut un outil de dissuasion mais aussi d’éducation. Reste désormais à voir si elle parviendra à infléchir durablement les comportements et à rendre les routes mauriciennes plus sûres.
 

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