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Père Jean-Claude Véder : «Pourquoi ne peut-on arrêter ceux qui financent le trafic de la drogue ?»

Père Jean-Claude Véder

« Mo larg lekor ». Cette réflexion sur la page Facebook du père Jean-Claude Véder, le 6 novembre, a fait frémir plus d’un. Mais au lieu d’un acte désespéré de sa part, c’est sur l’ampleur phénoménale du problème de la drogue qu’il a voulu attirer l’attention.

Vous avez fait peur avec votre inscription « mo larg lekor ».
Père Jean-Claude VéderC’était intentionnel. J’en avais marre devant l’ampleur qu’a prise la drogue. Tout le monde est au courant et au final tout le monde est impuissant et ne sait plus quoi faire. Comme mes confrères prêtres, je reçois tous les jours un ou des parent(s) qui vien(nen)t dire qu’un ou plusieurs de ses enfants est dans la drogue. Jusqu’ici je n’ai fait qu’écouter, les référer à un centre de réhabilitation ou à la police. Pendant combien de temps devrais-je le faire ?

Pourquoi ce déclic maintenant ?
J’ai rencontré trois parents. Mon cœur a saigné quand ils m’ont confié leurs soucis et j’ai pleuré avec eux. C’est ce qui a provoqué le déclic chez moi et m’a incité à réagir. Parmi, un père dit avoir dépensé Rs 100 000 en un an : il les a données à son enfant pour qu’il puisse se payer ses doses au lieu de voler.

Ce problème ne date pas d’hier…
Avec la problématique des drogues synthétiques et le rajeunissement des consommateurs, il n’existe pas de soins adaptés et la réhabilitation est difficile. Autrefois, il était plus facile de sortir un consommateur d’héroïne de l’emprise de cette drogue. Il semble hélas ! que les jeunes n’ont plus cette volonté. Même les travailleurs sociaux sont dépassés.

Parallèlement, on remarque que ceux qui sont derrière le trafic de drogue et qui financent les importations semblent intouchables. On n’arrive jamais à les attraper. Pourquoi ne peut-on les arrêter ?

Qu’est-ce qui devrait s’imposer ?
Je renvoie la question aux autorités. Les centres de réhabilitation ne savent plus quoi faire. Plusieurs recommandations sont faites dans le rapport Lam Shang Leen. Le comité mis en place pour travailler dessus les considérera-t-il ? Il faut agir rapidement. Entre-temps, des jeunes meurent.
Qu’attendez-vous après ce cri de cœur ?
Je souhaite que mes commentaires sur Facebook iront au-delà des réactions sur les réseaux sociaux et qu’ils parviennent aux oreilles du Premier ministre Pravind Jugnauth. Chaque victime de toxicomanie pourrait être notre frère, sœur ou ami. Les ONG sont là, mais il faut un travail de coordination de la part de tout le monde.

Cardinal Maurice Piat : « La répression ne marche pas concernant les usagers de drogues qui sont des malades. Ils doivent être soignés au lieu d’être mis en prison. Ce sont les trafiquants qui sont les vrais coupables.»