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Pénurie des sacs de farine de 25 kg dans les points de vente

Par Leena Gooraya-Poligadoo
Publié le: 10 avril 2026 à 10:56
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farine

Une pénurie de sacs de farine de 25 kg de la State Trading Corporation (STC) perturbe actuellement le marché mauricien. Restaurateurs, pâtissiers et commerçants peinent à s’approvisionner. Cette situation entraîne une hausse des coûts et fait craindre des répercussions sur les prix et l’offre alimentaire.

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La farine dans les sacs verts de 25 kg se fait rare dans les grandes surfaces.
La farine dans les sacs verts de 25 kg se fait rare dans les grandes surfaces.

Depuis plusieurs jours, une pénurie de farine de la State Trading Corporation (STC) se fait sentir à travers Maurice, affectant non seulement les grandes surfaces, mais aussi les petits commerces et les gérants de la restauration. L’absence des sacs de 25 kg dont le prix est à Rs 242,50 bouleverse l’équilibre de nombreux opérateurs. À Port-Louis, Faizal Bahemia, propriétaire de deux restaurants, tire la sonnette d’alarme. Il avance qu’il ne trouve plus de farine en gros format, malgré des recherches intensives dans les supermarchés et les supérettes de la capitale. « J’ai vainement cherché dans tous les grands supermarchés et même dans les supérettes. Les gérants nous disent qu’eux-mêmes ne reçoivent plus de livraison », explique-t-il. Cette situation a un impact direct sur ses activités. La farine étant un ingrédient de base dans de nombreuses préparations, son absence compromet la production de plusieurs plats populaires. « Nous utilisons la farine pour faire des naan, des pizzas et le breading des burgers. Sans cet ingrédient principal, nous ne pourrons pas continuer à proposer certains produits. » À cause de cette pénurie, certains commerçants se tournent vers des alternatives, notamment d’autres marques de farine. Mais cette solution a un coût. « Si on achète en petit sachet ou d’autres marques, nos coûts augmentent sensiblement. Ce qui entraîne un manque à gagner. » soutient-il. 

Le constat est partagé par d’autres acteurs du secteur. À Quatre-Bornes, Priya, gérante d’une pâtisserie, évoque une situation similaire. « Il y a clairement un manque de sacs de 25 kg de farine blanche dans les grandes surfaces. Nous essayons de nous débrouiller avec d’autres marques, mais elles sont plus chères, ce qui augmente nos coûts de production », explique-t-elle. Cette hausse des coûts pourrait, à terme, être répercutée sur les consommateurs. Plusieurs commerçants redoutent en effet une augmentation des prix des produits finis, dans la restauration et la pâtisserie, si la situation perdure.

Grandes surfaces

Les grandes surfaces confirment également des difficultés d’approvisionnement. Vicky Hanoomanjee, CEO de SaveMax, pointe du doigt des problèmes logistiques liés à des changements au sein de la STC. « Cette situation fait suite à une décision prise par la nouvelle direction. La STC a réduit le nombre de manutentionnaires, passant de cinq à trois. Leur logistique ne peut plus couvrir l’ensemble de l’île », explique-t-il. Les chiffres avancés illustrent l’ampleur du problème. En janvier 2026, SaveMax avait acheté environ 8 470 sacs de farine blanche de 25 kg, contre 8 960 sacs en décembre 2025.

Pour la farine brune, les volumes sont aussi en baisse. Mais aujourd’hui, dit-il, la situation s’est aggravée. « Désormais, nous ne recevons même pas un sac de farine. »

La pénurie ne se limite pas aux grandes surfaces. Les supérettes à travers l’île sont pareillement touchées. Uttam Sumaroo, secrétaire général de Masters Express, évoque un manque accru ces dernières semaines. « Au fil des quinze derniers jours, j’ai reçu seulement deux sacs de farine de 25 kg. C’est le quota imposé par le distributeur », indique-t-il. Ce système de quota marque une rupture avec les pratiques habituelles. « Avant, il n’y avait aucune limite. On pouvait commander la quantité souhaitée », précise-t-il. Cette restriction complique davantage la gestion des stocks pour les petits commerçants, confrontés à une demande constante.


STC : « Pas de rupture de stock, mais une distribution perturbée » 

La STC confirme que la pénurie de farine ressentie sur le marché est liée à une suspension de contrat avec l’un de ses principaux distributeurs. Ce distributeur assurait auparavant la livraison à dix-neuf boulangers ainsi qu’à la majorité des grandes surfaces et des petits commerces de l’île. « La STC a suspendu le contrat avec ce distributeur, et c’est ce qui explique la perturbation dans la chaîne de distribution », précise-t-on. Selon l’instance, le stock de farine nécessaire est disponible à Maurice. Le problème se situe uniquement au niveau de la logistique.

Actuellement, environ 70 camionneurs sont enregistrés auprès de la STC pour assurer les livraisons à travers l’île. La STC invite ainsi les commerçants confrontés à des difficultés d’approvisionnement à les contacter directement afin d’être mis en relation avec ces transporteurs et ainsi organiser la livraison. Cette mesure vise à pallier temporairement les perturbations et à assurer que la farine subventionnée reste accessible, notamment pour les opérateurs de la restauration et les boulangers.

Note : Nous avons vainement tenté de contacter le distributeur en question.


Aucune pénurie pour les boulangers

Alors que la pénurie de farine fait parler d’elle dans certaines grandes surfaces, les boulangers, eux, semblent épargnés.

Selon Nasser Moraby, président de l’Association des propriétaires de boulangeries, c’est du Business as usual. « Nous recevons de la farine subventionnée de la STC par nos camionneurs sur une base quotidienne. Nous recevons les volumes que nous commandons. Il n’y a aucun quota imposé », dit-il. 

Les boulangers travaillent donc dans des conditions normales, utilisant la farine en sac de 25 kg, identifiable à ses sacs bleus, vendue à Rs 108,85 grâce à la subvention. Nasser Moraby explique que dans les supermarchés, la farine vendue aux consommateurs se présente dans des sacs verts de 25 kg et n’est pas subventionnée. Son prix est à Rs 217,50 pour les revendeurs et Rs 242,50 pour le consommateur final. Ainsi, malgré les perturbations sur le marché grand public, la production de pain se poursuit sans difficulté.

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