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Pénurie de médicaments : le privé au secours de la Santé

Une vingtaine de médicaments est en rupture de stock.

Le service de santé public fait face à un manque d’une vingtaine de types de médicaments. Le privé a été appelé à l’aide pour qu’il fournisse le ministère afin d’éviter la foudre des patients.

Des « local purchases » ont été lancés à l’intention des fournisseurs du privé, ce qui a atténué quelque peu la situation. 

Une liste d’une vingtaine de médicaments est en rupture de stock depuis quelques mois dans le service public. Dans certains cas, ils ne sont pas disponibles sur le marché international. Ce qui a incité le ministère de la Santé à solliciter le soutien des fournisseurs locaux afin de pouvoir s’approvisionner auprès d’eux. Une dizaine de types de médicaments a pu être trouvée à travers ces « local purchases » même si, dans certains cas, il ne s’agit pas des mêmes médicaments mais des alternatifs. 

Pour les autres, l’approvisionnement se fera dans les jours à venir, à l’exception de quelques-uns qui ne sont pas disponibles sur le marché international. 

Avinash Dabydoyal, pharmacien responsable d’une société engagée dans l’importation de médicaments, confirme que plusieurs demandes ont été adressées à différents grossistes pour l’approvisionnement de certains médicaments à l’intention du service public. Parmi des anesthésiants, de désinfectants, d’antidouleurs mais aussi des produits pour traiter les problèmes cardiovasculaires et l’épilepsie. Les noms des médicaments qui sont les plus cités sont l’Angised, Diprostène, Celestene, entre autres.

Selon le président de la Pharmaceutical Association of Mauritius (PAM), Nuvin Juggessur, cette rupture de stock ne peut être attribuée qu’à une mauvaise gestion du stock au niveau du ministère. Il y a d’autres facteurs tels une hausse soudaine de la demande ou même le non-respect de la fourniture des médicaments par des grossistes suite à l’appel d’offres que ces derniers ont décroché. 

Il cite en exemple des produits tels le Metoprolol et le Ramipril qui sont utilisés dans le traitement de l’hypertension artérielle qui ont connu une forte demande dans le service public. « Dans l’immédiat, des patients de l’hôpital sont parfois référés aux pharmacies du privé où des alternatifs pour ces médicaments sont disponibles », dit-il.

Il ajoute que cette pénurie peut aussi être due à un retard dans l’approvisionnement et de la livraison des produits concernés ou encore être attribuée à un manque de communication claire et adéquate au sujet des arrangements faits entre le laboratoire et le fournisseur. « Maurice étant un petit marché, la priorité pour certains laboratoires producteurs de ces produits sont les gros marchés », explique-t-il. Nuvin Juggessur souligne toutefois que la situation est sous contrôle, car il existe des alternatifs qui sont disponibles dans les pharmacies du privé. Mais ceci ne peut durer éternellement, car les lois sévères devront être appliquées aux fournisseurs et laboratoires respectifs pour que ces derniers respectent les conditions de la date de livraison des produits.

Mais les pharmacies du privé sont elles aussi confrontées à un manque de certains médicaments, selon le pharmacien Arshad Saroar. Cette pénurie de médicaments est récurrente et hors du contrôle des grossistes, selon lui. « Aucune solution n’a pu être trouvée à ce stade et c’est devenu comme un cycle », explique-t-il. 

Nous avons sollicité le ministère de la Santé concernant cette situation et les mesures qui ont été prises pour pallier à cette situation. Malgré nos sollicitations, nous n’avons pu obtenir de réponse. 

Frustration des médecins et patients

Même s’ils ne sont pas tous des médicaments essentiels dans la plupart des cas, leur non-disponibilité a engendré des frustrations, selon le Dr Vinesh Sewsurn, président de la Medical and Health Officer Association (MHOA). « Quand les patients n’ont pas les médicaments que les médecins ont prescrits à la pharmacie de l’hôpital, c’est vers eux qu’ils se tournent et non pas vers les préposés de l’officine », explique-t-il. Une situation qui a fini par exaspérer le syndicat, d’où leur requête au ministère de la Santé afin d’être mis au courant des médicaments qui ne sont pas disponibles et quand ils le seront de nouveau. 

« Nous attendons une réponse, car nous ne sommes pas responsables de cette situation », dit-il, las que les médecins doivent encaisser les coups qui ne devraient pas leur être destinés. Selon lui, certains de ces médicaments comme les multivitamines aident à empêcher le développement des neuropathies ou à mieux gérer les crises d’épilepsie ou crise d’asthme ce qui n’est pas négligeable pour la santé des patients concernés.

 

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