Pénurie de main-d’œuvre : l’EDB ouvre en grand les portes aux travailleurs indiens
Par
Leena Gooraya-Poligadoo
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Leena Gooraya-Poligadoo
Face à la pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs clés de l’économie, l’EDB a lancé un système en ligne destiné au recrutement de travailleurs indiens. Cette initiative, développée en partenariat avec le gouvernement indien, vise à accélérer les procédures.
La question de la main-d’œuvre est devenue un défi majeur pour l’économie mauricienne. Le président de l’Economic Development Board (EDB), Sanjay Bhunjun, fait ressortir que de nombreuses entreprises locales font aujourd’hui face à une pénurie de travailleurs, tant en termes de quantité que de compétences. Plusieurs secteurs sont particulièrement touchés, notamment la construction, l’hôtellerie, les technologies de l’information et de la communication (TIC), le commerce ainsi que les services financiers. « Lorsqu’il y a une pénurie de main-d’œuvre, notre croissance économique ralentit et les entreprises locales ne peuvent se développer davantage », explique-t-il.
Face à cette situation, l’EDB a décidé de jouer un rôle de facilitateur en mettant sur pied une plateforme numérique destinée à simplifier le recrutement de travailleurs étrangers en provenance de l’Inde. Celle-ci a été officiellement lancée ce lundi 18 mai à Ébène. Ce projet découle d’un accord signé entre les gouvernements mauricien et indien, à travers l’EDB et la National Skill Development Corporation (NSDC). L’objectif est d’identifier les profils recherchés par les entreprises mauriciennes et de faciliter leur entrée sur le territoire mauricien.
Concrètement, les entreprises locales en quête de main-d’œuvre pourront désormais soumettre leurs demandes directement en ligne. L’EDB examinera ensuite ces dossiers avant de les transmettre à la NSDC en Inde. Cette dernière sera chargée d’identifier les travailleurs correspondant aux besoins des employeurs mauriciens. Après une première sélection effectuée par la NSDC, les profils retenus seront transmis aux entreprises concernées.
Une fois les candidats choisis, l’EDB prendra le relais pour faciliter les démarches administratives, notamment l’obtention des Work Permits et des Resident Permits. Sanjay Bhunjun insiste sur le fait que l’ensemble des procédures se déroule désormais de manière numérique. « Le système permet non seulement d’identifier les travailleurs étrangers, mais aussi d’accélérer leur entrée à Maurice », affirme-t-il.
Cette plateforme avait déjà été testée dans le cadre d’un projet pilote lancé en octobre de l’année dernière avec l’enseigne Super U. Depuis, 22 entreprises ont déjà soumis leurs demandes via le système en ligne. Avec ce lancement officiel, l’EDB entend désormais intensifier sa communication auprès des entreprises locales afin qu’elles puissent tirer profit de cette nouvelle plateforme.
Autre élément mis en avant : l’élimination des intermédiaires dans le processus de recrutement. Selon Sanjay Bhunjun, ce système « government-to-government » permet d’accélérer les procédures tout en réduisant les coûts et les complications administratives.
« La beauté de ce projet est que nous avons éliminé tous les agents dans le système. »
Ainsi, les entreprises mauriciennes souhaitant employer des travailleurs étrangers n’auront plus besoin de passer par des agences de recrutement privées. Elles traiteront directement avec l’EDB. De même, les travailleurs indiens désirant venir travailler à Maurice pourront effectuer leurs démarches sans passer par des intermédiaires.
Aucun quota ne sera imposé aux entreprises concernant le nombre de travailleurs étrangers pouvant être recrutés. « Nous sommes là pour répondre à la demande. Si un secteur spécifique a besoin de milliers d’employés, nous allons faciliter l’entrée des travailleurs étrangers afin que ce secteur puisse grandir davantage », souligne-t-il.
Sanjay Bhunjun évoque également le système d’Occupational Permit, destiné principalement aux cadres et professionnels étrangers souhaitant travailler à Maurice. Il indique que ce dispositif est déjà opérationnel. Grâce aux nouvelles procédures numériques mises en place, les entreprises devraient pouvoir recruter et faire venir leur main-d’œuvre étrangère dans un délai d’environ un mois.