Mise à jour: 16 janvier 2026 à 12:00

Pensionnés : le cap des 279 000 seniors presque franchi

Par Christina Vilbrin
Image

Le nombre de bénéficiaires de la pension de vieillesse continue de progresser. Ils étaient 274 451 en 2024, contre 278 936 en 2025, soit 4 485 pensionnés supplémentaires en un an. Parallèlement, Maurice recense désormais 4 821 nonagénaires et 203 centenaires.

Image
Pensionnés

Questions à... Vinod Dookhit : «On ne peut pas créer deux catégories de seniors dans un même pays»  

Image
vinod

Vinod Dookhit, président de la Fédération du Club de 3e âge de Beau-Bassin–Rose-Hill et District Representative of Lower Plaines Wilhems, appelle à un réexamen de la réforme des pensions. Il évoque aussi les attentes des seniors en cette nouvelle année.  

Depuis la décision de repousser l’âge d’éligibilité à la Basic Retirement Pension de 60 à 65 ans, quel climat prévaut aujourd’hui au sein de la communauté des seniors ?
Tout va bien pour ceux qui ont obtenu leur pension avant la réforme. Mais pour ceux qui ont eu, ou auront, 60 ans après la réforme, le cœur est lourd. Ils sont tristes, car ils avaient des projets qui sont tombés à l’eau. Cette mesure les a blessés et les a profondément marqués. Tino Rossi chantait que la vie commence à 60 ans, mais désormais, il faut attendre au-delà.

Il y a actuellement quatre plaintes constitutionnelles contestant cette réforme devant la Cour suprême. Comment analysez-vous cette démarche judiciaire ?
La loi du plus fort est souvent présentée comme la meilleure. Mais la loi d’en haut est d’une tout autre nature. Il faut peser le pour et le contre : on ne peut pas créer deux catégories de seniors dans un même pays. Une classification ne devrait pas décider de qui reçoit et de qui ne reçoit pas. Lorsqu’un droit existe, il doit être accordé. N’oublions pas que, avec le coût de la vie qui ne cesse d’augmenter, de nombreux seniors soutiennent financièrement leurs enfants et leurs petits-enfants. Rien qu’à l’occasion de la rentrée scolaire, plusieurs d’entre eux ont apporté leur aide afin que leurs petits-enfants ne manquent ni de matériel ni de fournitures scolaires.

Au-delà du débat juridique, quelles sont les principales revendications des seniors face à cette réforme jugée brutale par beaucoup ?
Il est nécessaire de revenir sur la décision prise. La réforme doit être réexaminée en tenant compte de la réalité du terrain et des personnes directement concernées. Ceux qui vivent cette situation en ressentent profondément les effets, tant sur le plan humain qu’émotionnel. Cette réforme doit être revue, et la parole doit être donnée à chacun.

En ce début d’année, quels sont les défis ainsi que les attentes des seniors ?
La première attente est la sécurité, le respect de la loi et de l’ordre. De nombreux seniors ne se sentent plus en sécurité. Ils sont exposés aux vols, aux arnaques et même à la violence ; personne n’est à l’abri de ces situations et certains cas qu’on a eu dans le pays sont encore plus graves. Il est urgent de nous garantir la sécurité. D’autres mesures concrètes doivent être mises en place : une ligne téléphonique d’urgence dédiée aux seniors et un dispositif d’intervention rapide en cas de chute ou de danger. La sécurité doit être assurée à tous les niveaux.

L’accès aux médicaments à des meilleurs prix doit être accéléré. Par ailleurs, il faut revoir le système du Medical Board pour l’octroi de la pension. On entend beaucoup de cas de refus de pension alors qu’on est face à des drames humains. Dans les banques, des guichets dédiés aux seniors sont nécessaires. Les longues files d’attente sont pénibles pour les personnes âgées.

Publicité
À LA UNE
defi quotidien