Mise à jour January 2, 2026, 7:02 am

Peine de mort : Au moins 1 500 exécutions en Iran l’an dernier, 356 en Arabie saoudite… des records

Par Defimedia.info
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Au moins 1 500 condamnés à mort ont été exécutés en Iran en 2025, selon un décompte de l'ONG Iran Human Rights (IHR), qui affirme qu'il s'agit du chiffre annuel d'exécutions le plus élevé recensé par l'organisation depuis 35 ans.

"Ce dont nous sommes sûrs, c'est que le nombre d'exécutions dépasse les 1.500. C'est un record.

C'est le plus grand nombre d'exécutions recensées ou signalées depuis la fin des années 1980, soit depuis plus de 35 ans", a déclaré jeudi à l'AFP Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur de cette ONG basée en Norvège.

D'autres exécutions restent à confirmer, a-t-il ajouté, évoquant une hausse "sans précédent".

Selon l'IHR, plus de 700 des personnes exécutées en 2025 avaient fait l'objet de condamnations liées à la drogue.

Des organisations de défense des droits humains accusent régulièrement la République islamique de mener des exécutions à un niveau jamais atteint ces dernières années, dans un contexte marqué par des mouvements de protestation contre le pouvoir de l'ayatollah Ali Khamenei en 2022-2023 et la guerre de 12 jours contre Israël en juin.

Selon Mahmood Amiry-Moghaddam, le nombre d'exécutions a augmenté depuis le mouvement de contestation qui a secoué l'Iran fin 2022, après la mort en détention d'une jeune femme nommée Mahsa Amini, arrêtée pour avoir prétendument enfreint le code vestimentaire en vigueur.

"Le nombre d'exécutions augmente de façon dramatique d'année en année. De plus de 500 en 2022, nous sommes passés à plus de 800 en 2023, puis à 975 en 2024, et aujourd'hui, on en est à plus de 1.500", a-t-il détaillé.

"Les autorités iraniennes utilisent la peine de mort comme un instrument de terreur. (...) L'objectif de ces exécutions était d'empêcher de nouvelles manifestations. Mais comme vous le voyez, ces derniers temps, elles n'ont pas réussi", a-t-il estimé.

L'Iran connaît des manifestations depuis cinq jours, dans le cadre d'un mouvement lancé dimanche par des commerçants de la capitale Téhéran dénonçant l'hyperinflation galopante et la dégradation de la situation économique dans le pays. Depuis, des rassemblements sporadiques se sont tenus dans plusieurs villes et universités.

Des affrontements localisés entre manifestants et forces de l'ordre ont fait trois morts jeudi, selon des médias locaux, les premiers recensés dans le cadre de ces mobilisations.

Ce mouvement contre la vie chère est à ce stade sans commune mesure avec celui qui avait secoué l'Iran après la mort de Mahsa Amini. Plusieurs centaines de personnes avaient alors trouvé la mort, dont des dizaines de membres des forces de sécurité.

Selon des organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, l'Iran est le deuxième pays au monde qui exécute le plus de personnes, après la Chine qui procéderait à des milliers d'exécutions chaque année, bien qu'aucun chiffre précis ne soit disponible.

L'Arabie saoudite a exécuté 356 personnes en 2025, un nouveau record

L'Arabie saoudite a exécuté 356 personnes en 2025, selon un bilan établi jeudi par l'AFP, soit un nouveau record dans le royaume, l'un des pays au monde qui recourt le plus à la peine de mort.

La monarchie conservatrice du Golfe applique la peine de mort à un rythme effréné, alimenté par sa campagne de lutte contre la drogue lancée en 2023, selon des experts.

D'après ce bilan basé sur les chiffres officiels publiés par le gouvernement, 243 condamnés ont été exécutés en 2025 pour des affaires liées à la drogue.

En 2024, l'Arabie saoudite avait déjà établi un record avec un total de 338 exécutions.

Les défenseurs des droits humains dénoncent une application excessive de la peine de mort, en décalage avec les efforts du pays pour présenter une image moderne et réformiste, voulus par le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Les nouveaux chiffres sont "la preuve que les promesses de réformes en matière de droits humains en Arabie saoudite n’ont aucune valeur", a estimé Duaa Dhainy, chercheuse pour l'Organisation euro-saoudienne pour les droits humains (ESOHR).

Ces exécutions servent de message "d'intimidation et de peur à l'égard de tout le monde", y compris "les travailleurs migrants, les mineurs et les opposants politiques", a-t-elle ajouté.

L'ONG, basée à Berlin, a confirmé le bilan de 356 exécutions en 2025, soulignant qu'il s'agissait de la première fois que le royaume exécutait davantage d'étrangers que de Saoudiens au cours d'une année civile.

Selon Ryad, la peine capitale est nécessaire pour "maintenir l'ordre public" et elle n'est appliquée que si "les accusés ont épuisé tous les recours".

Après avoir observé un moratoire d'environ trois ans pour les affaires de drogue, les autorités saoudiennes ont repris ces exécutions visant en particulier des étrangers, et lancé dans la foulée une campagne de lutte contre le narcotrafic.

Elles ont multiplié les contrôles de police sur les routes et aux frontières, arrêté des dizaines de personnes et saisi des millions de pilules.

L'Arabie saoudite est un marché important pour le captagon, une drogue de la famille des amphétamines très populaire au Moyen-Orient. Elle constituait notamment un important marché pour la Syrie à l'époque de l'ex-président Bachar al-Assad déchu fin 2024, selon l'ONU.

D'après Amnesty International, qui y comptabilise depuis 1990 les exécutions, le royaume, qui suit une application rigoriste de la loi islamique, était en 2024 le pays au monde qui a exécuté le plus de prisonniers après la Chine et l'Iran.

AFP

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