Pêche : six coopératives prennent en main la distribution

Serenity, bateau de pêche semi-industrielle.

Le but est d’éliminer les intermédiaires, assurer eux-mêmes la distribution de leurs produits tout en favorisant la naissance de boutiques de vente de poissons à travers tout le pays. C’est l’objectif des pécheurs professionnels à travers leur fédération coopérative de pêche en haute mer.

Pour la réalisation de leur objectif, il leur faudra d’abord se procurer de chalutiers. Après l’expérience positive du Serenity, bateau de pêche semi-industrielle qui est la propriété d’une coopérative de pêcheurs, six autres sociétés se déclarent prêtes à se lancer dans l’aventure.

Avec le Serenity, qui appartient à la Med Cooperative Society, pionnier dans ce nouveau mode de pêche pour les anciens pêcheurs artisanaux, cinq autres devraient se regrouper sous la nouvelle fédération. Il y a notamment le Mandrin, bateau de Mohamed Mustapha, alias Gandhi, déjà livré et qui devrait entrer en activité dans les prochains jours.

Puis, le Yéyé, bateau appartenant à Judex Rampaul, du syndicat des pêcheurs, est encore en construction au Sri Lanka. Puis, il y a la Colette Blanche, pour laquelle une autre société coopérative attend le financement. Deux autres sociétés coopératives, dont une de Bambous-Virieux, doivent aussi se joindre à la fédération.

« Le but de ces sociétés, c’est de mettre en commun leurs ressources », explique Éric Mangar, du Mouvement pour l’autosuffisance alimentaire (MAA), ONG qui participe au projet. « Ils sont tous à la merci des intermédiaires et quand il y a des retards dans les paiements, cela peut affecter leur cash flow. » La fédération devrait avoir plus de moyens pour assurer le marketing et la vente des poissons rapportés par les six bateaux et donner ainsi aux pêcheurs plus d’autonomie. « À long terme, la fédération souhaite avoir un endroit dans le port pour la livraison des poissons et aussi pour les besoins de la transformation », ajoute Éric Mangar.

Un tel projet requiert un investissement conséquent et dans l’immédiat, les objectifs sont modestes. Chaque bateau peut réaliser un chiffre d’affaires de Rs 500 000 à Rs 750 000 par quinzaine. Il s’agira avant tout d’apprendre à gérer cette somme. D’où la nécessité des formations en gestion au siège du MAA à Rose-Hill. Sur un mois, c’est au bas mot Rs 6 M  de chiffre d’affaires que les six coopératives devront gérer.

L’entrée en opération des six bateaux de pêche est aussi une bonne nouvelle pour les consommateurs. Chaque bateau rapportera en moyenne cinq tonnes de poissons par expédition. Avec deux sorties par mois, ce sera 10 tonnes de poisson par bateau. La fédération peut donc rapporter 60 tonnes de prises chaque mois. « Cela aidera à améliorer la situation en termes de sécurité alimentaire, dit Éric Mangar. Avec un tel volume, il y a le potentiel pour ouvrir des fish shops un peu partout à travers le pays. »

 

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