Pauvreté Multidimensionnelle - Renu : de l’orphelinat au snack, une vie reconstruite brique par brique

Par Jenna Ramoo
Publié le: 1 mars 2026 à 18:00
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Après plusieurs années de lutte, Renu Dadool est la gérante de son propre snack.

Abandonnée à onze ans et survivante de violences conjugales, Renu a bravé la rue pour protéger ses fils. Aujourd’hui entrepreneuse, elle livre un témoignage poignant sur le pouvoir de la résilience et la contribution de l’accompagnement humain des ONG.

La pauvreté n’a pas de visage unique. Elle se glisse dans les silences d’une enfance volée, dans les coups que l’on encaisse sans témoin, dans la honte de fuir en pleine nuit avec deux enfants accrochés aux bras. Renu Dadool, entrepreneuse de 38 ans, la connaît sous toutes ses formes. Et elle a choisi, à chaque fois, de ne pas se laisser engloutir.

Renu n’a jamais connu son père. À trois ans, sa mère, employée dans un hôtel, refait sa vie. De cette union naissent quatre demi-frères. La petite fille grandit en marge, dans l’ombre d’une famille qui n’est qu’à moitié la sienne.

Elle a onze ans quand tout bascule. Son beau-père attente à sa pudeur. Plusieurs fois. Elle en parle à sa mère, victime de violence domestique, qui bat des yeux et détourne le regard. « Li’nn dir mwa li pa pou kav kit li parski li ena zanfan ek li. » Alors, Renu fait ce que peu d’adultes auraient le courage de faire. Seule, à onze ans, elle pousse la porte d’un poste de police.

Placée par la Child Development Unit dans un foyer à Forest-Side, elle trouve un semblant de refuge. La justice la transfère ensuite dans un couvent à Port-Louis, en raison de l’absence de sa mère au tribunal. C’est là, entre ces murs, qu’elle passe son adolescence. Qu’elle va au collège D.A.V. Qu’elle apprend à se construire sans filet.

À 18 ans, le School Certificate en poche, elle quitte le foyer. À 19 ans, elle se marie et devient mère. Elle croit, peut-être, que le pire est derrière elle. Mais ce qui aurait pu être une nouvelle vie bascule au bout de seulement trois ans.

Son mari est maçon. Pêcheur parfois. L’emploi est instable. Les nuits de plus en plus étranges. Il rentre à l’aube, après avoir erré dans les cimetières. Il brise des objets. Il danse seul dans le noir. Puis, il lève la main. « Li ti pe kraz partou. Li ti pe bwar ek danse enn lanwit. Li’nn koumans dir mwa bann kitsoz ki pa bizin ek li’nn koumans bat mwa. Li ti ena enn problem mantal. Mo’nn sey ed li ek amenn li kot dokter, me sa pa’nn marse. »

Elle essaie. Elle attend. Elle espère que la médecine fera ce que l’amour n’a pas pu faire. Elle donne naissance à un deuxième enfant. Entre les murs de cette maison, des sabres sont brandis. Des menaces proférées. Elle encaisse, en silence, comme sa mère avant elle.

La violence empire

Elle alerte la police. Obtient des ordonnances de protection. Mais un papier ne retient pas un bras levé. À 25 ans, elle prend ses deux enfants et part. Placée dans un centre S.O.S Femmes, elle tente de se reconstruire.

Quelques mois plus tard, sa belle-mère lui demande de revenir. Elle revient. La violence empire. Cette fois, il n’y a plus de doute. « Mo pa ti ena swa. Mo’nn pran mo de zanfan ek mo’nn al enn sel ale. » Elle ne reviendra plus.

De retour au centre S.O.S Femmes, elle respire. Elle suit un accompagnement psychologique. Elle trouve un emploi dans une usine de portes galvanisées. Un métier d’homme, dit-elle, mais qui lui rend quelque chose d’essentiel : la dignité d’un salaire gagné de ses propres mains.

Puis, elle devient marchande ambulante. Elle achète des jouets, des vêtements pour enfants, les revend devant Orchard Centre à Quatre-Bornes. Elle surveille sans cesse l’horizon pour guetter les uniformes. Un jour, en fuyant une patrouille, elle oublie son enfant endormi dans un panier. « De fwa kan mo ti pe sove kan lapolis ti pe vini, mo ti mem bliye mo zanfan ki ti pe dormi dan enn panie. » Elle court. Elle revient. L’enfant dort encore.

Renu continue de travailler et la recette des ventes lui permet de louer une maison à Quatre-Bornes. Vide, meublée de cartons comme chaises, mais remplie d’amour pour ses enfants. Elle leur assure du lait et des céréales, même si les repas restent simples. Elle continue de travailler et l’argent gagné lui permet de payer un jour la facture de l’eau et un autre, l’électricité. En fin de mois, c’est le loyer. Cela continue jusqu’à ce qu’elle bouge dans une autre maison à Alma.

À Alma, des travailleurs sociaux de l’ENL Foundation croisent son chemin. Ils encadrent les jeunes en difficulté et leurs familles vivant dans la localité. On lui propose des formations : estime de soi, cuisine, réseaux sociaux. Elle s’accroche à chaque cours comme à une main tendue. Elle persévère. Grâce à sa détermination, elle bénéficie d’une allocation financière pour lancer un petit commerce.

Puis, la COVID frappe. Le monde se ferme. Renu, elle, s’ouvre. Elle prépare des samoussas, prend des commandes en ligne pendant les confinements. Le téléphone sonne. Les commandes s’accumulent. Elle investit dans un frigo, puis un four.

Son propre commerce

Après la pandémie, l’activité ralentit. Alors, avec les fonds restants de l’aide financière, elle loue un local à Dagotière et ouvre Renu Snack. « Mo pa ti ena istensil lakwizinn. Mo ti pe pran mo tempo depi lakaz pou vinn kwi dan snack, apre mo retourn li lakaz », raconte-t-elle.

Elle prend patience, économise et parvient à s’acheter ses propres ustensiles pour son commerce. Peu à peu, son snack prend forme. Elle commence par proposer des rotis accompagnés de kari. Puis, grâce à son demi-frère pêcheur, elle ajoute du poisson comme gajak. Le bouche-à-oreille fonctionne et elle se tourne vers d’autres marchands pour diversifier son approvisionnement en poissons frais. Elle enrichit son menu avec des ailes de poulet et d’autres spécialités, offrant ainsi une variété appréciée dans ce coin de l’île.

Au fil des jours, son snack devient bien plus qu’un commerce. Il incarne son pilier, son indépendance et sa fierté. Elle finira par déménager pour habiter tout près. « Avan kan mo ti pe fini travay, mo ti pe bizin marse dan nwar pou retourn lakaz ek tou mo bann zafer. Aster mo’nn vinn res pre ek li, pli fasil pou mwa pou travay. »

Aujourd’hui, son fils aîné travaille comme stagiaire dans une entreprise de télécom-munication. Son cadet de 14 ans est scolarisé dans un collège des Plaines-Wilhems. Grâce au Family Support Programme de l’organisation Lovebridge, ce dernier — qui présente des difficultés scolaires — bénéficie d’un suivi personnalisé auprès de deux ONG partenaires.

L’appui de Lovebridge à chaque étape

Mais l’appui de Lovebridge ne s’est pas limité à l’éducation. L’organisation a également accompagné Renu Dadool dans la constitution de son dossier pour l’obtention d’une maison de la NHDC, alors qu’elle figurait depuis longtemps sur la liste d’attente. Aujourd’hui, elle est passée en priorité, une avancée majeure pour elle et ses enfants.

Renu confie que ce soutien lui a permis de franchir une étape essentielle : officialiser son divorce après 13 années de séparation. « Comme j’étais séparée de mon mari depuis 13 ans et que je n’avais pas encore divorcé, ma demande pour une maison de la NHDC était compliquée. Par peur, je n’arrivais pas à aller voir un avocat. Grâce à l’accompagnement des travailleurs sociaux de Lovebridge, je n’étais plus seule. On m’a guidée à chaque étape. Ce pas décisif m’a permis de consolider mon dossier pour obtenir un logement social. »

Elle ajoute : « Avec tout ce que j’ai enduré, je ne me voyais pas aller réclamer des droits de propriété à ma belle-famille et je ne compte pas le faire. Ce que je veux accomplir sera de mes propres mains. Je veux offrir un toit à mes enfants. Si je ne suis plus là un jour, ils auront quelque chose pour eux. C’est le plus important. Moi, j’ai vécu dans un orphelinat. J’avais 22 ans quand ma mère a repris contact avec moi et elle est décédée d’un AVC quand j’avais 25 ans. Je n’ai pas de lieu à moi. »

Elle a 38 ans. Elle a traversé l’abandon, les agressions, la violence conjugale, la rue, la précarité. Et elle est debout, derrière le comptoir de son snack à Dagotière, à préparer des rotis pour des gens qui ne savent rien de tout ça. C’est peut-être ça, la résilience. Pas un mot abstrait. Une femme. Un feu allumé. Et la certitude que ses enfants, eux, auront un toit.

L’accompagnement humain, clé d’une vie retrouvée

Au-delà de l’aide matérielle, ce qui a véritablement changé la vie de Renu, c’est l’accompagnement humain. Être écoutée, soutenue, guidée… elle parle aujourd’hui avec une gratitude infinie de Lovebridge et de tous ceux qui ont choisi de ne pas détourner le regard quand elle en avait le plus besoin.

Son histoire dit quelque chose que les chiffres ne savent pas raconter, mais que les spécialistes soulignent depuis longtemps : la pauvreté ne se mesure pas uniquement en termes de revenus. Elle se loge dans les blessures affectives, dans l’insécurité du quotidien, dans le manque d’accès aux droits les plus fondamentaux, dans cet isolement qui finit par convaincre qu’on ne vaut rien. Aujourd’hui, le snack que Renu tient à Dagotière témoigne d’un chemin parcouru.

La Journée mondiale des ONG, célébrée chaque 27 février, tombe à point pour rappeler le rôle concret que jouent ces organisations auprès des familles vulnérables — non seulement en distribuant des aides, mais en accompagnant des personnes comme Renu sur le long terme.

Sabrina Puddoo, CSO de Lovebridge : « La pauvreté ne peut être réduite à une simple question de revenus »

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À Maurice, que signifie l’introduction du Multidimensional Poverty Index dans la lutte contre la pauvreté ? À l’occasion de la Journée mondiale des ONG, observée le 27 février, Sabrina Puddoo, Chief Serving Officer de Lovebridge, répond aux questions de Le Dimanche/L’Hebdo.

Le Multidimensional Poverty Index (MPI) permet de mesurer quoi exactement, et en quoi se distingue-t-il des approches traditionnelles ? 
La pauvreté a été, pendant de nombreuses années, mesurée exclusivement sur un critère monétaire. Le MPI est un outil proposant une approche plus large de la pauvreté, en prenant en considération des critères non monétaires, comme l’éducation, la santé, les conditions de vie. Il s’inscrit dans une approche holistique du développement humain. 

Le soutien monétaire n’est pas suffisant pour qu’une personne vulnérable voit sa qualité de vie progresser. Le MPI va permettre de mesurer le degré de pauvreté dans les dimensions fondamentales et de mettre en place des actions ciblées pour aider la personne.

Y a-t-il eu des consultations entre les ONG et le ministère de l’Intégration sociale pour l’introduction du MPI à Maurice ? 
Le 17 octobre 2025, à l’occasion de la Journée internationale du refus de la misère, les ONG ont été consultées dans le cadre d’un symposium organisé par le ministère de l’Intégration sociale. Les ONG ont pu brièvement évoquer leurs observations du terrain lors d’une session plénière sur la définition du seuil de pauvreté, partager un peu plus lors des Focus groups et envoyer leurs recommandations par écrit. 

À la suite de cette rencontre, le ministère a organisé, le 26 février 2026, une session de suivi à travers la présentation d’une proposition de mise en place d’un MPI élaboré par Statistics Mauritius avec la collaboration de l’Oxford Poverty and Human Development Initiative.

Pourquoi Lovebridge soutient-elle l’introduction du MPI à Maurice ?
Depuis ses débuts, Lovebridge défend une approche globale de la lutte contre la pauvreté. Dès 2012, nous avons mis en place une méthode d’accompagnement psychosocial des familles en situation de précarité, fondée sur l’évaluation de leurs besoins fondamentaux : santé, alimentation, éducation, emploi et revenu, logement, mais aussi bien-être psychologique (MASCo = Motivation, Attitude, Savoir-faire, Courage). Nous avons même développé en 2016 notre propre outil, le Grading of Poverty, qui repose sur plus de 15 indicateurs répartis sur six dimensions. 

Cette expérience de terrain nous a montré que la pauvreté ne peut être réduite à une simple question de revenus. Elle est multidimensionnelle et interconnectée. De ce fait, une amélioration dans une dimension comme l’éducation ou la santé, entraîne des effets positifs sur les autres. C’est pourquoi nous saluons et soutenons pleinement la démarche du ministère de l’Intégration sociale d’introduire le MPI à Maurice et de ne plus considérer uniquement le critère économique pour évaluer la pauvreté dans notre pays.

Cette approche multidimensionnelle devrait permettre de mieux cibler les familles vulnérables et de les orienter vers les services d’aide les plus adaptés»

Comment ce nouvel indice peut-il améliorer la compréhension des besoins réels des familles vulnérables ?
Ces dernières années, l’utilisation exclusive du critère économique a creusé un fossé entre les observations de terrain des professionnels des ONG et l’éligibilité des personnes aux services d’aide offerts par l’État. De nombreuses familles vivant dans la précarité n’étaient pas reconnues comme vulnérables. 

C’est pourquoi le MPI est essentiel. Il permettra d’obtenir une vision globale de la situation des familles, de comprendre les causes profondes de leur vulnérabilité et d’apporter des réponses adaptées à leurs besoins prioritaires. Le MPI offre un cadre plus juste et plus efficace pour identifier les familles vulnérables et mettre en place des solutions durables.

Selon vous, quel impact le MPI aura-t-il sur la manière dont les familles seront identifiées, orientées et accompagnées ?
Cette approche multi-dimensionnelle devrait permettre de mieux cibler les familles vulnérables et de les orienter vers les services d’aide les plus adaptés, qu’ils soient publics, privés ou proposés par les ONG. La mise en place d’une collaboration et d’une coordination étroites entre tous les acteurs concernés sera indispensable pour garantir que le MPI génère un véritable impact positif sur leur qualité de vie.

Comment le MPI pourrait-il favoriser une culture de responsabilisation et de résultats dans les politiques sociales ?
Il est impossible de mettre en œuvre des projets de développement sans disposer d’éléments tangibles permettant d’évaluer leurs résultats et leur impact. Cette exigence s’applique à tous les programmes de développement humain à travers le monde, et elle est particulièrement cruciale dans le domaine de la lutte contre la pauvreté. 

Les pays ayant adopté un MPI ont pu instaurer des indicateurs clairs et mesurables pour suivre l’évolution de la pauvreté dans leur pays, au-delà du seul critère économique. Le suivi régulier de ces indicateurs, ainsi que leur comparaison d’une année à l’autre, leur ont offert une lecture concrète des progrès réalisés, leur permettant de démontrer l’efficacité des actions et leur impact réel sur l’amélioration des conditions de vie des familles vulnérables. Nous souhaitons que Maurice suive la même direction.

Comment éviter que le MPI ne devienne un simple exercice bureaucratique plutôt qu’un outil réellement transformateur ?
Pour éviter que le MPI ne se réduise à une simple formalité administrative, il est essentiel que les professionnels engagés dans l’aide aux personnes vulnérables soient correctement formés à l’approche multidimensionnelle de la pauvreté. Le MPI ne doit pas être perçu uniquement comme un outil d’identification ou de recensement. Il constitue également un instrument d’évaluation de l’amélioration de la qualité de vie des personnes vulnérables et, par extension, de la pertinence et de l’efficacité des services qui leur sont offerts.

Quelle place voyez-vous pour la collaboration entre l’État, les ONG et le secteur privé dans l’application du MPI ? 
Depuis de nombreuses années les ONG impliquées dans la lutte contre la pauvreté utilisent des critères d’évaluation qui vont au-delà du critère monétaire. Le MPI sera un outil plus large pour que l’État puisse adopter cette approche pour la mesure de la pauvreté. Cependant, les réponses qui seront apportées devront être multisectorielles. 

La pauvreté ne sera plus uniquement l’affaire du ministère de l’Intégration sociale, mais également celle d’autres ministères : Éducation, Santé, Travail, Logement, etc. Le secteur privé devra être également impliqué à différents niveaux, notamment sur la question de l’emploi et de l’employabilité. 

Quant aux ONG, nous menons déjà des actions sur le terrain pour soutenir les personnes vulnérables. Le next step sera de mettre en place un mécanisme de coordination des actions de l’ensemble des partenaires de la réponse au problème de pauvreté à Maurice. Il sera indispensable de collaborer et d’arrêter de travailler en silo, pour qu’il y ait un impact réel sur la pauvreté.

Pour clore cet entretien, quel message souhaitez-vous adresser aux autres ONG et aux citoyens à l’occasion de la Journée mondiale des ONG ? 
Le travail social est une composante essentielle de notre société. Chaque jour, les acteurs de la société civile font face à des réalités lourdes et complexes, dans des domaines qui touchent directement la vie de nos concitoyens. Travailler dans ce secteur exige non seulement un savoir-faire, de la connaissance et une expertise pointue, mais aussi et surtout, du courage, de l’empathie et une grande résilience. 

Bravo à toutes celles et tous ceux qui s’engagent dans ce métier, souvent dans l’ombre et qui pourtant jouent un rôle déterminant pour le bien-être de notre pays. Leur contribution n’est pas toujours reconnue à sa juste valeur, mais elle est indispensable. La réalité du terrain devient de plus en plus difficile et notre société a aujourd’hui plus que jamais besoin de l’engagement de ses ONG et de ses citoyens. Continuons à avancer ensemble avec conviction et solidarité !

Un nouvel indice pour mieux aider les oubliés

Plus de 100 000 Mauriciens vivent sous le seuil de pauvreté, mais seuls 31 000 bénéficient du système de soutien social. Ce constat a été au cœur d’une consultation de suivi organisée le jeudi 26 février aux Docks de Port-Louis, dans le cadre du projet d’indice national de pauvreté multidimensionnelle (MPI).

Le ministre de l’Intégration sociale, de la Sécurité sociale et de la Solidarité nationale, Ashok Subron, ainsi que le Junior Minister Kugan Parapen, ont participé aux échanges avec des ONG et des acteurs de la société civile. Cette rencontre fait suite à une première réunion tenue le 16 octobre 2025, lors de la Journée internationale pour l’éradication de la pauvreté.

En amont, le 18 février 2026, une séance de travail s’était tenue au ministère à Port-Louis avec Statistics Mauritius et deux experts internationaux du Multidimensional Poverty Index, Derek Apell et le Dr Frank Wollmer. Objectif : avancer vers la création d’un outil adapté aux réalités mauriciennes.

Contrairement aux indicateurs fondés uniquement sur le revenu, le MPI mesure la pauvreté à travers plusieurs dimensions : santé, éducation, logement et conditions de vie. Soutenu par la SADC, le projet comprend une phase de consultation réalisée en octobre 2025 et une phase technique actuellement en cours.

Ashok Subron a souligné l’écart croissant entre richesse et vulnérabilité sociale. Le seuil de pauvreté est fixé aux familles disposant de moins de Rs 14 500 par mois et aux adultes gagnant moins de Rs 3 500. Sans transferts sociaux, a-t-il précisé, le taux de pauvreté atteindrait 36,4 %.

Le futur indice vise à mieux identifier les populations et régions vulnérables afin de cibler plus efficacement les aides publiques. D’autres consultations sont prévues pour finaliser cet outil stratégique dans la lutte contre la pauvreté et l’injustice sociale à Maurice.

Le saviez-vous?

Depuis 2010, l’ONU évalue la pauvreté sous toutes ses formes grâce au Multidimensional Poverty Index (MPI), inscrit au cœur des Objectifs de développement durable de la Vision 2030.

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