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Paul Mariette a accompagné au banjo Luciano Pavarotti sur O Sole Mio 

Paul Mariette au banjo, en compagnie de son fils Stéphan au djembé et Joel Auguste à la guitare.

Jadis, Paul Mariette et sa bande de musiciens faisaient la tournée des hôtels du littoral. Un beau jour, un événement inattendu se produit lors d’un concert donné à l’intention des touristes...

Tandis que Paul entonnait O Sole Mio au banjo, une voix sortie de nulle part s’est fait entendre. Lentement, un grand gaillard barbu drapé de blanc s’est avancé vers le groupe de musiciens en chantant. Puissante et douce à la fois, la voix de ce mystérieux chanteur subjugue, transporte et fait avoir la chair de poule aux personnes présentes. Aussitôt, l’invité surprise et le groupe ne font plus qu’un et les dernières notes du morceau sont saluées par une longue salve d’applaudissements. 

Parmi le public, nombreuses sont les personnes qui avaient reconnu le chanteur. En revanche, ce n’est que plus tard que Paul a découvert l’identité du touriste qui avait provoqué tant d’enthousiasme et qu’il a eu l’insigne honneur d’accompagner avec son groupe. Ce n’était nul autre que Luciano Pavarotti, l’illustre ténor italien en personne, qui a répondu à l’appel irrésistible d’interpréter cette chanson avec un petit groupe d’une île perdue dans les tropiques. Un souvenir qui restera à jamais gravé dans la mémoire de Paul et de son groupe. 

Le banjo de son père, l’objet de convoitise

Dès sa plus tendre enfance, Paul a montré de l’intérêt pour la musique, tout comme son père et son grand-père. Âgé de 11 ans seulement, il a fabriqué un banjo avec une boîte de conserve ronde et des fils en nylon, car il lui était interdit de toucher à celui de son père. Ce dernier plaçait son instrument fétiche sur son armoire, persuadé qu’il était hors de portée de son fils. Cependant, c’était sans compter sur l’espièglerie de ce dernier ! En effet, Paul trouvait toujours le moyen d’accéder au banjo et quand son père, fatigué, s’était assoupi, il se mettait à en jouer. Très rapidement, il a fini par manier le banjo avec une dextérité surprenante pour son jeune âge.

Le Premier ministre malaisien Mahatir Mohamad en compagnie de la troupe Marietti à l'occasion de son anniversaire.
Le Premier ministre malaisien Mahatir Mohamad en compagnie de la troupe Marietti à l'occasion de son anniversaire.

Au fil des années, Paul s’empare, régulièrement, en catimini, du banjo de son père. Ce dernier, en sa qualité de musicien, ne va pas tarder à constater que son fils était un petit prodige. Des années plus tard, Paul monte un groupe qui se produit dans les hôtels du littoral. Il travaille aussi dans le port, mais l’appel téléphonique du directeur d’un des hôtels dans lesquels il se produit avec son groupe va changer le cours de sa vie. 

La Malaisie : un séjour inoubliable

Tout a commencé quand, un soir, Paul et son groupe ont donné une représentation dans un hôtel. Parmi le public présent, il y avait une délégation officielle, dont le patron d’un hôtel de renom de la Malaisie, qui avait fait le déplacement à Maurice. Après la représentation, les musiciens regagnent leur domicile, quand sur le chemin du retour, le directeur de l’hôtel appelle Paul : « Retournez à l’hôtel, on a besoin de vous ». Paul est inquiet.

Quelque chose de grave est-il arrivé ? Cependant, n’ayant rien à se reprocher, il retourne à l’hôtel, et là, il apprend une nouvelle extraordinaire.

Il est invité avec son groupe pour aller jouer en Malaisie à l’occasion de l’anniversaire du Premier ministre du pays ! «Étonnamment, le directeur ne nous a pas demandé notre avis, tandis que moi, je pensais à mon travail. J’ai dit au directeur que je ne pourrais jamais me libérer, mais il a insisté pour que je fasse la demande auprès de mon employeur. Je l’ai fait et sans surprise, ce dernier m’a opposé un non catégorique. Quand j’ai informé le directeur de l’hôtel, celui-ci, sereinement, m’a déclaré qu’on allait répondre affirmativement à l'invitation. Je dois avouer que j’ai été étonné par sa réaction, et encore plus quand mon employeur m’a informé que mon congé a été accepté ! Ce n’est que plus tard que j’ai appris que ce brusque revirement de sa part faisait suite à l’intervention du Premier ministre en personne », raconte Paul. 

C’est ainsi que Paul et son groupe ont pris l’avion en 2002 pour un séjour de rêve en Malaisie. Au cours de l’anniversaire du Premier ministre Mahathir bin Mohamad, ils ont interprété « Happy Birthday » en Anglais et en Malaisien. Ensuite, le Premier ministre les a demandés de l’accompagner sur sa chanson préférée « To All the Girls I've Loved Before ». Ses invités, dont ses parents, lui ont fait un triomphe. Le Premier ministre avait une très belle voix. Il était ravi. 

En Malaisie, Paul et son groupe ont vécu d’autres belles expériences, notamment quand ils ont remporté un concours musical. « Quand nous sommes retournés à notre hôtel, après trois heures de route, un comité d’accueil nous a réservé un accueil triomphal. Une fête a été organisée à notre intention durant laquelle nous avons reçu des cadeaux », indique Paul. 

Le retour à Maurice

Le groupe, qui a passé trois mois en Malaisie, touchait un salaire de Rs 35 000 par mois. Il s’est produit dans d’autres provinces du pays. « Entre-temps, le Premier ministre malaisien, qui nous avait pris sous son aile, avait lancé les procédures pour qu’on s’établisse dans son pays. C’était tentant, mais un des musiciens du groupe voulait rentrer à Maurice pour voir son épouse. Nous sommes alors rentrés au pays, la tête remplie de souvenirs les uns plus mémorables que les autres », relate Paul. Ce dernier continue à donner des représentations, mais loin du cercle hôtelier. Il fait maintenant le bonheur des personnes qui l’invitent avec son groupe à l’occasion des fêtes d’anniversaire avec le banjo tant convoité de son père ! 

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