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À partir du 2e trimestre : téléphones bannis en classe, sauf pour apprendre et urgence médicale

Par Annick Daniella Rivet
Publié le: 5 avril 2026 à 07:16
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L'atelier de travail ayant pour thème : « Use of Mobile Phones in Schools » tenu à l’Auditorium, Atal Bihari Vajpayee Institute, Réduit, lundi dernier.
L'atelier de travail ayant pour thème : « Use of Mobile Phones in Schools » tenu à l’Auditorium, Atal Bihari Vajpayee Institute, Réduit, lundi dernier.

Le premier trimestre scolaire a pris fin, vendredi. Dès la rentrée du deuxième trimestre, l’utilisation des portables et autres objets connectés sera interdite dans les établissements scolaires, sauf pour des raisons pédagogiques et médicales. Nous verrons ci-dessous les changements de cette nouvelle mesure.

L’interdiction du téléphone portable en classe était attendue et annoncée pour la rentrée de 2025. Elle s’appuie sur les Education (Control and use of personal mobile devices in school premises) Regulations 2026, et a été élaborée en collaboration avec le bureau de l’Attorney General.

Cette semaine, les responsables des établissements scolaires ont été mis au courant de cette mesure à l’Atal Bihari Vajpayee Institute of Public Service and Innovation, à Réduit. Le ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad, dit souhaiter accélérer l’application des règles encadrant l’usage du téléphone portable dans les écoles. Il insiste sur la nécessité d’une coopération entre parents, enseignants et chefs d’établissement pour, selon lui, « sauver nos enfants. »

Ainsi, les règlements, préparés avec le State Law Office et avec des consultations menées depuis l’an dernier, sont désormais en cours de finalisation. Il revient que la prochaine étape consiste à obtenir l’aval du Conseil des ministres.

Jacques Malié, le recteur de l’Orchard Secondary School of Excellence, souligne que le but de la réunion était d’informer les partenaires du secteur éducatif d’un draft des mesures qui devraient entrer en vigueur dans un proche avenir concernant le contrôle et l’usage des « mobile devices » dans l’enceinte des écoles et des collèges et pas seulement des téléphones portables. « Il faut faire ressortir qu’il n’est pas question ici d’interdire, car l’usage des portables et laptops, entre autres, est parfois nécessaire pour l’enseignement de certaines matières de même que certains parents insistent que le ‘mobile’ les aide à assurer la sécurité de leurs enfants. » Il précise que cela a été aussi l’occasion pour les autorités de brosser un tableau plutôt sombre à l’aide de statistiques, des méfaits et des plaintes enregistrées (les différents cas de harcèlement, l’impact négatif sur la performance académique, le manque de concentration chez les élèves.)

Il estime que les mesures préconisées représentent un condensé des règlements déjà en vigueur dans certaines institutions. « Il se peut que ces mesures, qui auront désormais une valeur légale, visent à rassurer les autorités compétentes des écoles et les directeurs d’établissements, en leur confirmant qu’ils sont autorisés à les appliquer et à agir avec plus de fermeté. »

Mohammad Akeel Bundhoo, président de l’Union of Rectors and Deputy Rectors of State Secondary Schools (URDRSSS), se dit favorable aux mesures annoncées. « Nous avons depuis longtemps souligné l’impact négatif de l’utilisation des portables, tablettes ou ‘smart watches’ sur les résultats académiques des étudiants, mais pas seulement : les effets néfastes concernent aussi les compétences sociales. Les élèves se renferment sur eux-mêmes, surtout pendant les short breaks et la récréation. Ils ne se parlent presque pas et passent leur temps à scroller sur leur portable. »

Il affirme que les études ont démontré un effet positif sur les résultats académiques quand le portable n’est pas utilisé à l’école. « Le portable est une source non-négligeable de distractions, de manque concentration et aussi une source de cyberbullying. En classe, les élèves vont regarder maintes fois leurs portables en entendant le bruit d’une notification. Cela entraîne une perte de concentration et une leçon non retenue » précise le président. 

Pour sa part, Arvind Bhojun, président de l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE), déplore certains commentaires laissant entendre que des enseignants utiliseraient leurs portables pour communiquer ou naviguer sur les réseaux sociaux alors qu’ils devraient enseigner. « Tel n’est pas le cas. Les professeurs ont une éthique professionnelle à respecter. Aujourd’hui, le téléphone est un smartphone, mais c’est aussi un outil pédagogique. Pendant la pandémie de la COVID-19, tout le monde sait comment il a fallu maintenir les élèves connectés aux études. »

Il souligne qu’à ce moment-là, les professeurs ont dû se réinventer pour continuer l’enseignement. En sus, ils préparaient méthodiquement leurs leçons afin que chaque élève puisse comprendre. Après la pandémie, les enseignants ont conservé cette pratique et utilisent encore leurs outils informatiques, sans bénéficier de facilités particulières de la part des autorités. Il précise que même l’Université de Cambridge recourt à l’outil informatique pour envoyer les syllabus et les rapports d’examens.

Vishal Baujeet, président de la Government Teachers' Union (GTU), déplore l’absence de consultations avec le primaire. « Les syndicats du primaire n’ont pas été consultés. Nous espérons que le ministère de l’Éducation organise une session pour que nous puissions évoquer et discuter du problème des portables au primaire. Ce niveau présente des réalités particulières qui méritent une approche adaptée. L’imposition d’une règle trop stricte pourrait être perçue comme un manque de confiance envers les enseignants. Une approche plus équilibrée serait préférable, en autorisant l’utilisation du téléphone dans un cadre professionnel ou en cas d’urgence, plutôt que d’imposer une interdiction totale. »

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