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Partielle à la circonscription no 18 : aucun parti en lice ne dispose de gros moyens financiers

Partielle à la circonscription no 18 Tous les dirigeants disent miser sur la contribution généreuse pour financer leur campagne.

Qui dit campagne électorale, dit dépenses. Ainsi, on s’interroge sur le financement des partis et comment ils arrivent à joindre les deux bouts ? Les grands partis affirment n’avoir pas de budget spécifique. Ils comptent, cependant, beaucoup sur la contribution de leurs membres et des sympathisants.

L’enjeu de cette partielle n’étant pas celui des élections générales, les différents partis utilisent les moyens de bord pour financer leur campagne. C’est du moins ce que soutiennent des membres des principaux partis. Encore faut-il songer aux coûts pour l’aménagement d’un podium et la sonorisation pour les congrès, les banderoles, les t-shirts ou encore l’essence pour les voitures et la nourriture pour animateurs et participants. Toutefois, nos intervenants déclarent que le coût de la campagne n’a pas encore été chiffré.

Ajay Gunness du MMM, a déclaré que c’est la contribution des militants et des dirigeants qui aide à financer la campagne. « Il y a aussi des connaissances qui nous offrent des facilités de crédit », confie-t-il. Les principales dépenses sont pour l’achat de banderoles, d’oriflammes et la gestion des réseaux sociaux. Il y a aussi le coût pour l’impression de bulletins de présentation de la candidate Nita Jaddoo et le programme du MMM pour Belle-Rose/Quatre-Bornes. Le secrétaire-général du MMM a aussi révélé que les congrès et la gestion des « bases » réclament de l’argent. 

Dépenses inévitables

Le PMSD se dit modeste et compte également sur la contribution de ses sympathisants et membres. Pour minimiser les dépenses, Koomaren Chetty, l’adjoint campaign manager de Dhanesh Maraye, soutient que son candidat mise beaucoup sur les rencontres familiales, au lieu des grands congrès qui coûtent énormément. Toutefois, il affirme qu’il y a des dépenses qui sont inévitables, comme les banderoles et les affiches.

Patrick Assirvaden ne manque pas d’attirer l’attention à l’effet que le compte bancaire du PTr est gelé. Ce qui rend  difficile la campagne du candidat rouge, Arvin Boolell. « Nous ne disposons pas beaucoup de fonds comme nos adversaires. Ce sont nos sympathisants qui viennent à notre rescousse », indique ce dernier. Le président des rouges avance, comme les autres intervenants, que les dépenses les plus importantes concernent des outils indispensables d’une campagne.

C’est-à-dire les pamphlets, les traditionnels t-shirts et les tracts.

Quant à Rezistans ek Alternativ, il a fait appel au financement de la campagne par les citoyens de Quatre-Bornes et des autres régions du pays. « Nous avons adopté le même modèle de financement que lors des législatives de 2014 », explique le candidat Kugan Parapen. Ainsi, le parti de gauche propose des billets qui sont mis en vente. Le parti compte aussi sur la contribution de ses membres. Or, REA prône la transparence. « Nous rendons publiques nos dépenses, au fur et à mesure de l’évolution de la campagne », soutient le candidat.

Le Mouvement Patriotique, qui se proclame d’un parti relativement jeune, avec moins de deux ans d’existence, ne dispose que de moyens limités. « Nous n’avons pas de trésors de guerre. Nous n’avons pas d’argent. Heureusement, nous pouvons compter sur le soutien de nos membres et partisans », explique Atma Bumma. Il indique, de plus, que la candidate Tania Diolle privilégie le porte-à-porte. « Ce sont les congrès qui coûtent les yeux de la tête. D’où le fait que nous préférons agir de manière intelligente en menant une campagne de proximité, qui est plus mordante et surtout ne demande pas beaucoup d’investissements », poursuit notre interlocuteur.

Même son de cloche chez Roshi Bhadain, qui avoue que sa campagne ne nécessite pas de grosses dépenses. « Nous comptons sur notre managing committee, dont les membres sont tous des professionnels », dit le leader et candidat du Reform Party. Il  évoque aussi le « crowd funding ». Ce qui se traduit par la contribution de Mauriciens ici et ailleurs pour des dépenses courantes. Roshi Bhadain joue gros sur les réunions chez des personnes qui, dit-il, ne nécessitent pas de moyens financiers, mais du temps et de l’énergie.


Le financement des partis politiques mis en veilleuse

Cela fait des années que les différents gouvernements parlent d’une loi pour le financement des partis politiques, dont les campagnes électorales. D’ailleurs, la réforme électorale était au centre du programme électoral de l’Alliance Lepep en 2014. Tout un chapitre y était consacré. Il y a eu le comité sur la réforme électorale, mais jusqu’ici rien de concret sur le financement politique. 

Plusieurs organismes, dont Transparency Mauritius, réclament une loi sur le financement politique. Cela pour contrôler le financement des élections, lutter contre la corruption dans le processus électoral, promouvoir la transparence, la responsabilité et l’intégrité des contributions politiques en général. Outre pour déterminer le plafond des dépenses autorisées par tout candidat ou parti politique à une élection donnée, Transparency Mauritius a, dans le passé, préconisé la création d’un organisme indépendant pour contrôler et surveiller les dépenses des partis politiques et des candidats lors des campagnes électorales.

L’enregistrement des partis politiques comme associations ou compagnies, ou encore un dépôt public des comptes périodiques détaillés, faisant état de toute contribution reçue et de toute dépense effectuée par les partis politiques, sont également recommandés. à noter que le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a, lors de la séance parlementaire du 31 octobre dernier, répondu à une question du député Adil Ameer Meea sur la réforme électorale. Le chef du gouvernement a expliqué que le bureau de l’Attorney General se penche sur la question. Ajoutant que ce projet de loi qui est en phase d’élaboration sera, par la suite, présenté au Conseil des ministres.  Il assure que la promesse électorale se réalisera très prochainement.

Ce que dit la loi…

Selon les règles actuelles, là où il n’y a qu’un seul candidat appartenant à un parti dans n’importe quelle circonscription, la dépense électorale ne doit pas excéder Rs 250 000. Le candidat sans parti peut lui investir Rs 150 000. Il ne faut pas dépasser cette limite, au risque de voir son élection invalidée. Après les élections, les candidats doivent soumettre un relevé de leurs dépenses à l’Electoral Supervisory Commission. D’ailleurs, le leader du PMSD, qui présidait le comité parlementaire sur la réforme électorale, avait préconisé que
la limite des dépenses personnelles d’un candidat soit élevée à Rs 1 million.

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