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Parcours - LCMB : quatre Mauriciens au cœur du barreau de Paris

LCMB Richard Khan Legrand, Sandy Christ Bhaganooa, Zareen Chadee, Kevin Ladouceur et Yvan Mallet.

France, double champion du monde de football. France, terre d’études. France, terre d’opportunités. Chaque Mauricien qui s’y trouve essaie tant bien que mal à se faire une place et se bâtir un nom. Dans ce présent cas, c’est le droit qui est le fil conducteur d’une entreprise unique en son genre sur le territoire français.

Ils s’appellent Kevin Ladouceur, Zareen Chadee, Yvan Mallet et Sandy Christ Bhaganooa. Les deux premiers nommés sont titulaires d’un doctorat en droit des affaires internationales. En France, ils ont tous poursuivi des études en droit menant, au minimum, à une maîtrise (Masters II). Depuis octobre 2017, ils ont créé LCMB Avocats et Associés, une firme 100% mauricienne, au cœur du centre financier parisien, à dix minutes des Champs-Elysées.

Ils ont tous un dénominateur commun. Ils maîtrisent les droits français et mauricien. Ainsi, le cabinet est unique en son genre. «Notre double culture juridique nous apporte une réelle plus-value et nous permet de nous démarquer des autres cabinets d’avocats en France», avance Me Kevin Ladouceur, 35 ans. «D’ailleurs, tous les avocats du cabinet sont inscrits au Barreau de Paris et au Barreau de Maurice.»

La compétition est rude. En attendant que le Brexit se concrétise, des places financières comme Francfort et Paris se positionnent déjà pour prendre la place de la capitale britannique dans la finance européenne. Notre interlocuteur l’admet volontiers. Il ajoute que c’est un cercle fermé et que ce n’est pas évident de se faire une place. Mais dès que l’idée s’est matérialisée, il n’a pas baissé les bras.

«C’était en février 2008. J’étais en première année de Masters à l’Université 5 Paris Descartes. Un ami me pose la question : est-ce que je connais un avocat inscrit aux barreaux de Paris et de Maurice? Il n’y avait personne. C’est à partir de là que j’ai eu l’idée de mettre sur pied un tel cabinet. J’ai d’abord discuté l’idée avec Zareen que je connais depuis 11 ans. Elle a été séduite dès le début. Ensuite, j’en ai parlé à Yvan. Et, enfin, Chris nous a rejoint », raconte Me Kevin Ladouceur, 35 ans. «Après avoir validé mon examen d’avocat en 2011, j’ai travaillé en tant que salarié pour financer ma part de la création du cabinet.»

Entre Maurice et la France, au-delà des liens culturels, s’est développée une solide relation commerciale et d’affaires. Et ces liens sont encore plus visibles dans le flux d’investissements directs étrangers (IDEs) vers Maurice. Selon les données compilées par la Banque de Maurice, en 2017, les Français ont investi Rs 4.38 milliards au pays, soit 25% du montant total du flux d’investissement. La précédente année, le montant a été de
Rs 4.5 milliards, presque un tiers des IDEs. Les Mauriciens ont investi Rs 221 millions en France l’année dernière, contre Rs 151 millions en 2016.
«Les affaires se portent très bien. La clientèle principale du cabinet est composée de sociétés et de particuliers, tant en France qu’à Maurice. Ce sont par exemple des sociétés et particuliers en France qui investissent à Maurice, soit sous forme de société, soit directement dans l’immobilier,» affirme Me Kevin Ladouceur. «De même, nous avons des sociétés et particuliers à Maurice qui nous sollicitent pour des conseils en fiscalité, en droit des affaires, en droit du travail et en droit civil. Nous assistons également des Mauriciens qui viennent en France pour y vivre ou pour investir et des Français qui veulent s’installer à Maurice.»

Au vu de leurs échanges et la clientèle, LCMB Avocats et Associés demeure un excellent comptoir de promotion pour le centre financier et destination d’investissements qu’est Maurice. «Nous travaillons sans relâche pour promouvoir la culture mauricienne en France, en aidant nos compatriotes et en conseillant les étrangers, incluant les Français, à investir à Maurice,» explique Me Kevin Ladouceur.

De par leur parcours et bagages académiques, ils sont d’avis que les Mauriciens doivent avoir une reconnaissance du pays. Ainsi, un de leurs engagements est de faire reconnaître le droit de vote aux Mauriciens à l’étranger. Une mission de plus pour nos quatre représentants du barreau…