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Panne de Facebook: pourquoi le réseau social s'est-il retrouvé paralysé pendant des heures?

Une panne mondiale inédite a obligé lundi des milliards d'utilisateurs à se passer de tous les services de Facebook, de WhatsApp à Instagram en passant par Messenger et Oculus. 

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Comment un incident d'une telle ampleur a-t-il pu terrasser le géant américain des réseaux sociaux? Quel impact peut-il avoir?

Que s'est-il passé?

La panne "a été causée par une erreur de notre part et non par une action malveillante", a indiqué Facebook mardi.

Le communiqué du groupe confirme les explications proposées par plusieurs experts en informatique: l'incident est lié à un problème de maintenance du "Border Gateway Protocol" (BGP).

Ce protocole permet de créer un chemin d'accès viable entre un ordinateur et un site internet. 

Une erreur commise lors d'opérations de routine a rendu "impossible pour tout l'internet de trouver nos serveurs", a expliqué le groupe californien.

A la manière d'un aiguilleur du ciel qui révise régulièrement les tracés, "Facebook a fait une mise à jour de ces routes", avance Sami Slim, de l'opérateur de centres de données Telehouse. 

Mais "ils ont intégré une mauvaise route", estime-t-il, rendant Facebook et ses plateformes affiliées inaccessibles pour les internautes.

Disparu des radars du web, le nom de domaine Facebook.com s'est même retrouvé en vente pendant quelques instants sur les sites de certains hébergeurs.

Pourquoi cela a duré si longtemps?

Il a fallu plus de six heures pour un retour à la normale.

La réparation a pris beaucoup de temps parce qu'il n'était "plus possible d'accéder à nos centres de données" et que la perte des noms de domaine avait rendu inopérants "de nombreux outils que nous utilisons normalement pour résoudre des pannes de ce genre", a relaté Facebook.

L'entreprise a dû envoyer des ingénieurs sur place, qui ont eu du mal à accéder aux serveurs et à les réparer informatiquement ensuite.

"Il y a des temps de réplication" une fois l'erreur détectée, note Pierre Bonis, directeur général de l'Afnic, l'association chargée de la gestion des noms de domaine français. "Il faut que la nouvelle information soit récupérée par tous les intermédiaires de la chaîne internet."

Si des pannes occasionnelles sont fréquemment recensées sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram, l'ampleur de la paralysie de lundi est sans précédent. 

Quel impact?

En plus d'être indisponible pour des milliards d'utilisateurs dans le monde, Facebook n'a pas pu diffuser d'annonces publicitaires, qui représentent sa principale source de revenus, pendant plusieurs heures.

A Wall Street, la sanction a été sans appel: l'action du groupe a dégringolé de près de 5% lundi.

Les malheurs de Facebook ont par ailleurs été une aubaine pour ses concurrents.

La messagerie Telegram, rivale de WhatsApp, est ainsi passée lundi de la 56e à la 5e place des applications gratuites les plus téléchargées aux Etats-Unis, selon le cabinet spécialisé Sensor Tower.

"Les inscriptions sont en forte hausse sur Signal (bienvenue tout le monde)", a aussi tweeté cette autre messagerie réputée pour son cryptage des données.

En outre, comme Facebook a mis plus de 24 heures à confirmer l'origine de la panne et l'erreur humaine, les observateurs et détracteurs ont eu tout le temps de se déchaîner sur Twitter.

D'autant que le géant des réseaux sociaux est déjà embourbé dans un scandale de relations publiques, après les récentes révélations d'une lanceuse d'alerte sur les effets toxiques de Facebook et d'Instagram pour la société.

Quelles leçons?

La panne géante de Facebook montre que même les piliers de l'internet ne sont pas à l'abri d'une coupure de courant.

"C'est la preuve que le 'too big to fail' (trop gros pour échouer, NDLR) ne marche pas en informatique", note M. Bonis.

Des spécialistes pointent aussi du doigt les limites de la concentration par Facebook de ses différents services.

"Au cours des deux dernières années, Facebook a consolidé son écosystème d'applications disparates sur une seule infrastructure dorsale", souligne ainsi Mike Proulx, vice-président et directeur de recherche du cabinet d'études et de conseil Forrester.

"Cette démarche permet à l'entreprise de gagner en efficacité opérationnelle et de s'isoler d'un éventuel démantèlement par les régulateurs. Mais elle expose également Facebook au risque de concentration. Un événement à risque unique qui produit un effet en cascade - comme les vieilles guirlandes électriques de Noël: si l'une d'entre elles s'éteint, toutes les autres s'éteignent"

© Agence France-Presse

 

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