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«Panic buying» : le fossé s’élargit entre ceux qui stockent et ceux qui peinent à remplir leur panier

Par Christina Vilbrin
Publié le: 25 avril 2026 à 15:00
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Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, le « panic buying » s’installe dans les grandes surfaces. Tandis que certains ménages remplissent leurs réserves par crainte de nouvelles hausses des prix ou de rupture de stocks, d’autres peinent déjà à boucler leurs  courses.

« Depuis la guerre, les gens ont commencé à acheter davantage de produits de base comme l’huile, le riz, la farine ou les conserves. Et avec la flambée des prix qui s’en est suivie, les consommateurs ont continué à faire du stock », explique Raakesh Bhageerutty, General Manager de Simla Way. Dans d’autres enseignes, le constat est similaire : les Mauriciens se ruent vers les produits de première nécessité. Chez Intermart, certains clients achètent jusqu’à une dizaine de cartons d’huile en une seule fois.

Toutefois, tous les Mauriciens ne peuvent pas se le permettre. D’un côté, il y a les ménages capables d’anticiper et de constituer des stocks. De l’autre, des familles qui vivent au jour le jour, sans marge financière.

Dans les boutiques du coin, cette réalité est plus flagrante. « Les gens se plaignent. Leur pouvoir d’achat a fortement diminué. Le pain, le carburant, les produits alimentaires, tout augmente. À titre d’exemple, le « boneless », qui coûtait Rs 250 le demi-kilo, est passé à Rs 275 récemment et, ce vendredi 24 avril, son prix a grimpé à Rs 300. Les hausses se poursuivent et sont devenues quasi quotidiennes. Ceux qui peuvent faire des stocks le font, mais beaucoup n’ont pas les moyens. Ils ont déjà du mal à joindre les deux bouts », souligne Sutcheedanand Dussoye, porte-parole de la Shop Owners Association.

Chez Dream Price, on observe la même tendance. « Ce ne sont pas toutes les familles qui peuvent acheter en surplus. Et la situation risque de s’aggraver car, outre les coûts du fret qui prennent l’ascenseur, la hausse de l’électricité en mai influencera aussi les prix d’autres commodités », avance Nooreza Fauzee, directrice financière chez Dream Price.

« La viande a augmenté d’environ Rs 20. Une boîte de thon coûte aujourd’hui Rs 50. Certains ménages ont donc renoncé à acheter de la viande et du poulet, car ils n’entrent plus dans leur budget », indique Sandra Casimir, travailleuse sociale et responsable de projets chez Caritas. Ces observateurs craignent une fragmentation croissante entre les ménages capables d’absorber ces hausses et les plus vulnérables.


Ces produits que les mauriciens stockent depuis l’éclatement de la guerre 

  • Riz;  
  • Huile ; 
  • Farine ; 
  • Conserves ; 
  • Pâtes 

« Panic buying » et rupture de stocks : une situation qui reste gérable 

Le « panic buying » se poursuit dans les grandes surfaces. « Nous n’avons pas encore atteint un stade où il faut mettre en place des quotas. Il y a suffisamment de produits sur le marché ; ce sont surtout les gens qui achètent davantage. En ce qui concerne les ruptures de stock, le problème reste gérable », explique Ignace Lam, PDG d’Intermart. Selon lui, « personne ne peut prévoir la durée de la guerre. Tant qu’elle se poursuit, ce type de comportement peut se manifester ». Du côté de Dream Price, la situation tend à se normaliser, malgré des ruptures ponctuelles liées aux retards de livraison et au « panic buying ». Chez Simla Way, Raakesh Bhageerutty constate que les ruptures de stock sont désormais moins fréquentes. Il souligne toutefois des effets à venir : « À un certain moment, les consommateurs cesseront d’acheter en surplus. »Yannick Lew Yew Yim, de Super U, abonde dans le même sens. « On observe encore des ruptures par moments, mais la situation se stabilise progressivement », indique-t-il. Il s’attend cependant à une baisse graduelle des ventes dans les prochains mois : « Si une famille consomme environ cinq boîtes de fromage par mois, avec le stockage elle en achète dix. Par la suite, elle réduira ses achats et consommera ce qu’elle a stocké. »Ignace Lam ne s’attend toutefois pas à une chute brutale : « Il y aura une baisse des ventes, mais elle ne sera pas importante. »

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