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Opinion : le pardon de trop !

Que dit le dernier rapport du "Global Study on Homicide" de l'UNODC publié en 2019 ? La violence touche bien plus de couples qu'on pourrait le penser, et cela dans tous les milieux sociaux. On estime qu'environ une femme sur cinq a rencontré ou rencontrera la violence dans son couple ! Une proportion énorme.

Bien que les femmes ne représentent que 19 % (464 000 morts par homicide en 2017) du nombre, elles constituent 64 % (50 000 femmes) des personnes tuées par leur partenaire ou quelqu'un de leur famille. Le rapport met en exergue la dangerosité du toit familial pour les femmes. Celles-ci continuent de porter le fardeau le plus lourd de la victimisation mortelle en raison de l'inégalité et des stéréotypes de genre.

Mais voyons plus loin que les chiffres. N'est-il pas vrai que ce sont les disputes qui dégénèrent fréquemment qui mènent aux homicides ? Il n'y a plus Monsieur qui bat Madame, ou l'inverse, mais tous les deux qui en viennent aux mains, qui se donnent des gifles, des claques, des coups, sans qu'il y en ait un des deux qui soit l'agresseur, et l'autre l'agressé. Ensuite il y a également les situations dites de violence psychologique, où l'un des deux conjoints va systématiquement dénigrer, humilier, rabaisser, insulter, isoler, repousser l'autre en créant beaucoup de souffrance mentale.

La violence conjugale est comme un Tsunami. Les secousses, les animaux qui s’enfuient, les eaux qui se retirent et puis, là, s’est trop tard pour se tirer, la grosse vague mortelle se déferle.  La violence s'installe très lentement mais progressivement. Une première manifestation de violence peut passer inaperçue. « Ferme la ! », c'est une forme de violence. Même s'il n'y a pas véritablement de casse, ce premier signal d'alarme très sérieux sera minimisé. Monsieur va se trouver des excuses, Madame va elle aussi trouver des excuses. La prochaine crise est juste un peu plus grave; cette fois-ci, Monsieur l'a bousculée. Mais Madame, par amour, passera encore l'éponge. Monsieur demande pardon, ramène des fleurs et promet qu’il ne se répétera pas. Il explique qu'il est tendu au boulot. On se réconcilie. On fait l'amour. 

Et ainsi de suite jusqu'à des situations qui peuvent devenir gravissimes. La domination violente s'installe d'un côté, la peur s'installe de l'autre.
Hélas! La spirale de la violence est engagée!

Marwan Dawood

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