Opérations sous couverture : ces policiers qui jouent les acheteurs pour piéger les dealers
Par
Irshaad Olitte
Par
Irshaad Olitte
Spécialiste des opérations sous couverture, l’Adsu de Rose-Belle a piégé un policier de la VIPSU et son complice à Triolet, saisissant 345 grammes de cocaïne d’une valeur de Rs 5,1 millions.
Face à l’envahissement des stupéfiants à travers le pays, l’Anti-Drug and Smuggling Unit (Adsu) de Rose-Belle a fait de l’infiltration sa signature. Sous la direction du surintendant de police Ghoora, de l’ASP Sooknah et du chef inspecteur Appasamy, la brigade multiplie depuis plusieurs mois les « Undercover Buying Operations » - des opérations sous couverture où des limiers, déguisés en acheteurs, négocient directement avec des dealers pour les piéger au moment de la transaction.
La méthode vient une nouvelle fois de porter ses fruits à Triolet, où un policier de la Very Important Persons Security Unit (VIPSU) et son complice sont tombés, le mercredi 22 juillet, pour trafic de 345 grammes de cocaïne d’une valeur marchande estimée à Rs 5,1 millions.
Contrairement aux perquisitions et fouilles classiques, les « buying ops » reposent sur un travail de négociation qui peut s’étaler sur plusieurs jours, voire plusieurs semaines. « Bien souvan se bann travay negosiasion ki dir depi lontan, li pa enn travay zordi-pou-zordi, li pa kouma ou sorti lor sime ou aret enn loto ou pran kontravansion, ena tou enn preparasion deryer sa », résume un officier de carrière de l’Adsu.
Le mot d’ordre reste la discrétion absolue : « Fodre ki zame dealer-la ena dout ki se enn ofisie l’Adsu ki pe negosie ar li. » Dans un premier temps, un dealer en possession d’un stock important de drogue est repéré par la brigade : « Kan li ena marsandiz, li pou bizin vande. »
Un limier est alors désigné pour entrer en contact avec le trafiquant présumé, sans dévoiler sa véritable identité. « Ofisie-la aste enn kantite ladrog ar li pou konfirm ek verifie kalite marsandiz », souligne un limier sous couverture. Une fois l’implication du dealer confirmée, l’officier poursuit les échanges afin de négocier l’achat d’une quantité plus importante : « Nou bizin montre zot kas tou. »
Ces négociations ne se déroulent toutefois pas toujours sans risque. Un agent ayant été affecté dans la capitale témoigne : « Dan le pase, inn deza ena bann sitiasion kot kan Adsu al fer enn ‘buying’, marsan-la doute ek fer li fime ou gete lor plas ; si sa ler-la ou ezite ouswa ou refize, ena lamor-la. Fason ofisie-la abiye, ou pou dir li enn droge, pou ki trafikan pa reper li. » Il rappelle que ce type de situation a déjà eu des conséquences néfastes pour certains limiers de l’Adsu, tombés à leur tour dans la spirale de la toxicomanie.
Une fois les soupçons confirmés, l’étape finale consiste à faire sortir le dealer afin qu’il livre sa marchandise. L’Adsu quadrille alors la zone, et c’est au moment où la transaction se concrétise que l’assaut est donné. « Operasion ‘buying’ li klasik, li touletan finn existe dan Adsu, ek kan aret enn dealer dan enn operasion ‘buying’, levidans-la li boukou pli for devan lakour », admet un enquêteur de l’Adsu basé aux Casernes centrales.
C’est ce savoir-faire qui a permis de démasquer, le mardi 21 juillet, Azhar Soobhan, 20 ans. Un limier de l’Adsu, se faisant passer pour un client, s’est rendu à Triolet et lui a acheté une première quantité de cocaïne. Satisfait de la marchandise, l’acheteur sous couverture a renouvelé sa commande dès le lendemain, cette fois pour 345 grammes.
Comme la veille, le jeune homme s’est présenté pour livrer la marchandise, ignorant que son client était en réalité un officier de la brigade antidrogue. Au moment de la livraison, un second individu s’est présenté pour récupérer l’argent de la vente : il s’agissait de Nifaaz Allymamod, un policier de la VIPSU, démasqué sur-le-champ. Le duo a été interpellé et menotté.
Une perquisition menée au domicile d’Allymamod a permis la saisie d’une somme de Rs 8 000, ainsi que d’un cahier soupçonné de contenir des données relatives à des transactions de drogue. L’enquête, qui se poursuit, a conduit à l’arrestation, le jeudi 23 juillet, d’un troisième suspect, Farhaaz Emrith, également domicilié à Triolet. Les trois hommes demeurent en
détention policière.
100 grammes de cocaïne vendus à des policiers à Bagatelle
Le 30 avril dernier, deux présumés dealers ont été démasqués lors d’une opération « undercover » menée par l’Adsu de Rose-Belle. Des limiers déguisés en clients se sont présentés sur le parking de Bagatelle. Ishraat Belal Juhoor a accepté le marché en réceptionnant l’argent, avant que Nadeem Ahmad Bheekun ne se présente pour livrer 100 grammes de cocaïne. Les officiers ont alors révélé leur identité et procédé à l’arrestation du duo.
Floréal : ils vendent du cannabis aux limiers
En août 2025, des limiers de la brigade antidrogue de Rose-Belle, agissant comme agents sous couverture, se sont rendus à Floréal pour négocier l’achat de 40 grammes de cannabis. Jean-Sébastien Damien Valère et Rakesh Dhunputh, accusés d’avoir proposé cette quantité à la vente, ont répondu présents au rendez-vous. Une fois la transaction conclue, les policiers se sont identifiés et ont procédé à leur arrestation.
Riche Terre : Rs 1 million de drogue de synthèse vendue à « misie-la »
Le 13 juillet 2025, à Riche-Terre, des limiers s’étaient fait passer pour des trafiquants et avaient convaincu deux présumés dealers, Luca Hansley Louis Ladouce, 18 ans, et son complice Jean Kervin Albert, 28 ans, de leur vendre 204 grammes de drogue de synthèse, d’une valeur marchande estimée à Rs 1 million.