Olivier Bancoult : «Les Chagos ne doivent pas être instrumentalisés dans des rapports de force»
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Le Défi Quotidien
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Olivier Bancoult, du Groupe Réfugiés Chagos, n’a pas tardé à réagir, se disant profondément déçu par les propos de Donald Trump. Il rappelle que le président américain avait lui-même apporté son soutien à l’accord en 2025, avant de changer radicalement de ton. « J’ai pris note de sa déclaration et je dois dire que c’est décevant qu’il tienne des propos pareils. Il faut savoir que le président Trump était d’accord avec le traité. Pour moi, il se réduit au ridicule aux yeux du monde. »
Revenant sur les tensions géopolitiques actuelles, notamment autour du Groenland, Olivier Bancoult estime que le dossier des Chagos ne doit en aucun cas être instrumentalisé dans d’autres rapports de force internationaux. « Nous comprenons que l’Amérique a des dettes, que ce pays a des problèmes, mais il ne faut surtout pas tout mélanger. Pour les Chagos, il y a un traité et il faut le respecter », insiste-t-il. Il s’interroge également sur le timing de cette déclaration, alors que le Chagos Archipelago Bill doit être examiné à la Chambre des communes. « Pourquoi dire une chose pareille à ce moment précis, alors qu’un processus parlementaire est en cours ? » La communauté chagossienne à Maurice laisse désormais « le monde juger Donald Trump » face à ce qu’elle perçoit comme un revirement injustifié.
À Londres, la communauté chagossienne adopte pour l’heure une posture plus prudente. Selon Bertrice Pompe, activiste du Mouvement anti-rétrocession, l’heure n’est pas encore aux prises de position définitives, dans l’attente du vote au Parlement britannique. Elle se dit toutefois en accord avec les propos tenus par Donald Trump, tout en appelant à la retenue.
« Pendant plus de 50 ans, nous n’avons entendu que des paroles autour de ce dossier, sans véritables actions concrètes. Nous sommes d’accord avec la déclaration de Trump, mais nous ne sautons pas de joie pour autant. Nous allons attendre le vote et ensuite entamer d’éventuelles discussions », explique-t-elle.
Pour cette frange de la communauté chagossienne basée au Royaume-Uni, le scrutin à venir reste déterminant avant toute lecture politique ou mobilisation plus large autour de l’avenir de l’archipel.