Bollywood

October : quand l’amour transcende les paroles, les gestes et la présence de l’autre….

Pour la Saint-Valentin, faisons la revue d’une des histoires d’amour peu conventionnelles. Elle ne comprend pas de déclaration d’amour, ni de chant ou de scène romantique dans le sens classique du terme. Malgré tout, October conserve l’essence de l’amour platonique, car elle vient rappeler aux cinéphiles que la base même de l’amour demeure l’altruisme.

Shoojit Sircar (Vicky Donor et Piku) se distingue de ses pairs par son habileté à transmettre de profonds messages de façon subtile. Comment mesurer l’amour qu’on éprouve pour quelqu’un ? Jusqu’où aller pour le lui prouver ? Combien de temps attendre si sa guérison est incertaine ? Quel dilemme moral que de prendre la décision d’euthanasier quelqu’un proche de notre cœur !

Dan et Shiuli sont des stagiaires complètement opposés dans le domaine de l’hôtellerie. Alors que Dan irrite ses amis avec ses commentaires déplacés et son air de supériorité, Shiuli est douée. Elle fait preuve de pro-activité et surpasse les attentes de ses supérieurs. Or, lors une soirée arrosée entre collègues et alors que Shiuli demande les nouvelles de Dan à ses amis, elle s’accoude sur un bord en béton et perd l’équilibre. Elle fait une chute du troisième niveau de leur hôtel et se retrouve dans un état comateux. 

Cet accident ne fait ni chaud ni froid à Dan, jusqu’à ce qu’on l’informe que les dernières paroles de Shiuli le concernaient. Cette nouvelle le transforme. Celui qui était jadis un vaurien, se comporte, à la grande surprise de ses amis, comme le petit ami de Shiuli. Les mois passent sans que la santé de Shiuli ne s’améliore. Dan est un homme transformé ; il consacre le plus clair de son temps à l’hôpital avec les proches de Shiuli, parle et s’occupe de la jeune fille, allant même jusqu’à se faire expulser de son internat. 

Le film dérive son nom du mois où fleurit la fleur Oleaceae (aussi connu comme « shiuli » en bengali). Shiuli attendait impatiemment ce mois pour pouvoir recueillir cette fleur de laquelle elle tenait son nom. Plusieurs mois après son hospitalisation, Dan éparpille les pétales de shiuli au chevet de sa bien-aimée. La subconscience de Shiuli identifie le parfum de sa fleur préférée et cela accélère le processus de son rétablissement.

Varun Dhawan prouve sa versatilité dans ce rôle tantôt excentrique, tantôt affectueux. La prestation d’autres protagonistes du film mérite d’être applaudie. Que ce soient les stagiaires qui soutiennent Dan dans ses démarches pour Shiuli ou la mère de celle-ci qui se voit obligée de prendre la décision impossible de mettre fin à la souffrance de sa fille qui est dans un état végétal. Le film manque d’épices bollywoodiennes et n’a pas été au goût du cinéma commercial. Toutefois, elle demeure un joyau pour le cinéma indien.

Avec : Varun Dhawan (Danish), Banita Sandhu (Shiuli) et Gitanjali Rao 
Mise en scène : Shoojit Sircar 
Atouts : La subtilité de la mise en scène, la philosophie imprégnant le film, la fin du film et les scènes montrant Varun dans les enceintes de l’hôpital. 
Verdict :  4/5