Nucléaire : « progrès significatifs » après des pourparlers indirects entre Washington et Téhéran

Par Defimedia.info
Publié le: 27 février 2026 à 07:06
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Crédit photo : BBC

Des responsables américains et iraniens ont réalisé des « progrès significatifs » lors de discussions nucléaires à Genève, a indiqué le ministre omanais des Affaires étrangères, médiateur des échanges, tout en laissant planer des incertitudes sur la conclusion d’un accord susceptible d’éviter une guerre, selon un article publié par la BBC ce 27 février.

Badr Albusaidi a affirmé que les deux parties avaient fait preuve « d’ouverture à des idées nouvelles et créatives » et qu’elles reprendraient prochainement les négociations après consultations dans leurs capitales respectives. Des discussions techniques sont prévues la semaine prochaine à Vienne.

La délégation iranienne était conduite par le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, qui a évoqué de « bons progrès ». Selon lui, des accords ont été trouvés sur certains points, mais des divergences subsistent.

Côté américain, les pourparlers ont été menés par l’émissaire spécial Steve Witkoff et Jared Kushner. Le directeur général de l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a également pris part aux discussions.

La perspective d’un nouvel échange pourrait réduire le risque de frappes militaires brandies par le président américain Donald Trump, qui a ordonné le plus important déploiement militaire américain au Moyen-Orient depuis l’invasion de l’Irak en 2003. Téhéran a, de son côté, promis de riposter à toute attaque.

Depuis des décennies, les États-Unis et Israël accusent l’Iran de chercher à se doter secrètement de l’arme nucléaire. Téhéran dément et affirme que son programme est exclusivement civil, bien qu’il soit le seul État non doté de l’arme nucléaire à enrichir de l’uranium à un niveau proche du seuil militaire.

Selon les médias d’État iraniens, les négociateurs ont réaffirmé le droit de l’Iran à l’énergie nucléaire civile et rejeté les demandes américaines d’arrêt total de l’enrichissement sur son sol ainsi que le transfert à l’étranger de ses 400 kg d’uranium enrichi. Des concessions auraient toutefois été évoquées, notamment la possibilité d’un enrichissement limité après une suspension de trois à cinq ans, sous supervision internationale.

En contrepartie d’un accord, Téhéran exige la levée des sanctions qui frappent durement son économie. L’opposition iranienne estime qu’un allègement offrirait un répit au régime.

Les discussions indirectes se sont déroulées en deux sessions, sans réaction immédiate de Washington à leur issue.

L’an dernier, les États-Unis ont frappé trois sites nucléaires iraniens en soutien à la campagne israélienne, affirmant les avoir « anéantis ». L’Iran soutient que ses activités d’enrichissement ont cessé après ces attaques, mais n’a pas autorisé l’AIEA à inspecter les sites endommagés.

Des médias américains ont rapporté que la Maison-Blanche envisageait d’éventuelles frappes ciblées contre les Gardiens de la Révolution ou des installations nucléaires en cas d’échec des négociations. Selon ces informations, une campagne plus large visant le guide suprême Ali Khamenei pourrait être envisagée.

L’Iran a averti qu’il viserait des intérêts militaires américains au Moyen-Orient et Israël en cas d’attaque. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a, pour sa part, mis en garde contre tout accord qui n’inclurait pas le programme balistique iranien et son soutien à des groupes armés régionaux.

Les États-Unis disposent du deuxième arsenal nucléaire mondial. Israël est largement considéré comme possédant l’arme nucléaire, sans le confirmer officiellement.

Source : BBC

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