Nouveau revers diplomatique dans le dossier Chagos : Gavin Glover annonce l’annulation de la réunion avec la délégation américaine

Par Le Défi Plus
Publié le: 21 février 2026 à 10:53
Image
L’Attorney General, Gavin Glover a clarifié la position du gouvernement

Le 20 février, Au Cœur de l’Info, animé par Ashna Nuckcheddy-Rabot, a exploré les nouvelles secousses du dossier Chagos. Entre le débarquement controversé à Peros Banhos par Misley Mandarin et l’annulation d’une visite américaine, les débats sur la souveraineté et le contrôle des îles restent vifs, nourrissant incertitudes et interrogations.

L’Attorney General, Gavin Glover est intervenu par téléphone pour clarifier la position du gouvernement. D’emblée, il a estimé qu’il ne fallait pas accorder trop d’importance aux actions de Misley Mandarin. Selon lui, il n’est pas question de transfert de souveraineté. Il insiste : le traité reconnaît que Maurice a toujours été souveraine sur les îles Chagos. Les termes de « rétrocession » ou de « transfert », affirme-t-il, induisent la population en erreur. Le véritable enjeu réside dans le contrôle physique des îles, qui n’est pas encore exercé par Maurice et qu’il faut rétablir.

Concernant la réunion prévue les 24 et 25 février 2026 avec une délégation américaine de haut niveau, destinée à discuter d’un projet d’accord de partenariat sécuritaire USA–Maurice et du renforcement de la coopération dans l’océan Indien occidental, Gavin Glover confirme qu’elle a été renvoyée. Il rappelle que la politique étrangère américaine est dictée par le président en exercice et reconnaît l’incertitude entourant la suite des événements. 

« Pour être clair, qu’est-ce qui va se passer dans les semaines à venir ? On ne sait pas », concède-t-il. Toutefois, il précise que les démarches se poursuivent, notamment en ce qui concerne les aspects financiers évoqués dans les discussions. Sans entrer dans la polémique, il souligne qu’il était impossible d’anticiper un changement de position du président américain et que la critique est toujours plus aisée a posteriori.

Sur le plateau, Olivier Bancoult, leader du Groupe Réfugiés Chagos, a rappelé que ce débat le concerne directement. Dans un monde où les territoires sont régis par des États, dit-il, nul ne peut élire domicile où il le souhaite sans respecter les procédures établies. Il affirme que lors des précédentes démarches vers les Chagos, toutes les autorisations nécessaires avaient été sollicitées auprès des plus hautes instances. 

À ses yeux, les agissements de Misley Mandarin vont à l’encontre du travail accompli jusqu’ici. Il remet en question sa légitimité et s’interroge sur la viabilité d’une installation sur des îles qu’il juge non habitables. Il évoque également les moyens logistiques mobilisés, tels que les voyages en business class, le transport en yacht et l’accès à internet. Selon lui, ces éléments soulèvent des questions sur les soutiens financiers dont bénéficierait ce groupe et sur la viabilité d’un tel projet.

De son côté, Robin Mardemootoo, avoué, s’est interrogé sur la manière dont le groupe a pu accéder à une zone aussi protégée, à proximité d’une base militaire. S’il reconnaît qu’il n’est pas impossible de s’y rendre, notamment via des voiliers ou des croisières, il souligne que cela représente un coût important, laissant supposer un financement conséquent. 

Il rappelle que d’autres membres de la communauté chagossienne avaient choisi une approche légale et concertée, sans défier les autorités. Les Chagos relevant du British Indian Ocean Territory, les autorités britanniques sont en droit d’en fixer les conditions d’accès. Selon lui, cette initiative risque d’avoir un impact sur l’ensemble de la communauté chagossienne. 

Entre revendication historique, tensions diplomatiques et incertitudes géopolitiques, le dossier Chagos entre dans une nouvelle zone de turbulences. L’annulation de la rencontre américaine ajoute une couche d’incertitude supplémentaire à une situation déjà fragile.

Le reste de l’émission est à retrouver sur les réseaux sociaux ou sur la chaîne YouTube du Defi Media.

Quelle est votre réaction ?
Publicité
À LA UNE
defiplus