«Nous sommes chez nous» : un groupe de Chagossiens conduit par Misley Mandarin, «Premier ministre en exil», pose pied aux Chagos

Par Defimedia.info
Publié le: 17 février 2026 à 19:02

Un groupe de Chagossiens a posé le pied, lundi matin, sur l’archipel des Chagos, marquant une tentative inédite d’y établir un peuplement permanent, plus de cinquante ans après l’expulsion forcée de la population par les autorités coloniales britanniques. C’est ce que rapporte le site Conservative Post, vidéo à l’appui.


 

Composée de quatre personnes, la délégation a bravé la zone d’exclusion imposée par Londres pour débarquer à Île du Coin, dans l’atoll de Peros Banhos. Le groupe était conduit par Misley Mandarin, se présentant comme le Premier ministre du gouvernement chagossien en exil jusqu’à ce retour symbolique.


 

Debout sur la plage, face à l’océan Indien, Misley Mandarin a annoncé que des centaines d’autres Chagossiens suivraient prochainement. « Le temps presse », a-t-il déclaré, affirmant vouloir permettre aux 322 personnes nées sur l’archipel et encore en vie aujourd’hui de rentrer chez elles avant leur décès.


 

Il était accompagné de son père, Michel Mandarin, aujourd’hui âgé de 72 ans, qui avait 14 ans lors du déracinement. Il se souvient qu’à leur arrivée à Maurice, sa famille avait dû dormir à même le sol chez des voisins, faute de logement. « Je lance un appel à tous les Chagossiens : rentrez chez vous et vivez comme avant l’exil », a-t-il déclaré.


 

Un autre membre du groupe, Antoine LeMettre, 67 ans, raconte avoir dû fouiller dans les déchets du marché pour nourrir sa famille après leur installation à Maurice. « Ce n’était pas seulement moi. Tous les Chagossiens vivaient la même souffrance », confie-t-il.


 

Misley Mandarin affirme également vouloir empêcher le gouvernement britannique de transférer l’archipel à Maurice. Il a vivement critiqué le Premier ministre britannique Keir Starmer, estimant qu’un tel geste serait incompatible avec les principes des droits humains.


 

Il a par ailleurs évoqué les enjeux géopolitiques autour de la base militaire américaine de Diego Garcia, affirmant que tant que les Chagossiens auront leur mot à dire, la présence américaine sera maintenue. Il a aussi exprimé ses craintes quant à l’influence de Chine dans la région.


 

« Nous sommes sur notre terre natale. Nous ne sommes pas des visiteurs. Nous appartenons à cet endroit », a-t-il martelé.


 

Le groupe est accompagné par Adam Holloway, ancien député britannique, qui a aidé à lever des fonds pour ce retour et à élaborer le projet d’installation permanente. Il restera sur place pour contribuer à la mise en place du campement. Selon lui, céder l’archipel serait une « folie stratégique », alors que la base de Diego Garcia est, à ses yeux, essentielle à la sécurité de l’Occident.


Ancien cuisinier dans l’armée britannique, Misley Mandarin a grandi à Maurice avant de s’installer au Royaume-Uni, où il travaillait récemment comme formateur de chauffeurs d’autobus à Transport for London. Il a été élu Premier ministre lors d’un scrutin organisé parmi les Chagossiens en décembre dernier.

 

À peine arrivé, il a proclamé une « Déclaration de retour », réaffirmant le droit du peuple chagossien à l’autodétermination.

L’Attorney General à Maurice, Gavin Glover, n’a pas tardé à réagir : « Nous avons pris connaissance de l’information selon laquelle des Britanniques, dont Misley Mandarin, ont apparemment accosté illégalement sur une île des Chagos, d’après leurs propres dires. Ces personnes, qui bénéficient du soutien du Great British PAC [Ndlr : une organisation politique de droite et un groupe de pression basé au Royaume-Uni, fondé en septembre 2024], qui subventionnent clairement cette illégalité, devront répondre de leurs actes par la suite. »


 

Crédit vidéo : Conservative Post

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