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Notation de Moody’s : Maurice en bonne posture par rapport à ses pairs africains

Moody’s

L’agence américaine Moody’s Investors Service passe en revue la capacité des pays de l’Afrique subsaharienne à payer leurs dettes à court, moyen et long termes. Une analyse des différents volets montre que Maurice est en bonne posture par rapport à ses pairs.

Stabilité assurée

Au niveau de l’économie, Maurice fait partie d’un groupe de 15 pays de l’Afrique subsaharienne à avoir une note stable dans l’analyse de Moody’s en date du 14 janvier 2019. En termes de notation, Maurice est classé Baa1 – huitième niveau dans la classification (Aaa étant la plus élevée). Cela signifie que l’État pourra honorer ses dettes envers ses bailleurs de fonds locaux et internationaux.

Maurice n’a pas émis d’obligations en devises étrangères. S’il s’engage dans cette voie et tenant compte de la note que lui a donnée Moody’s, même s’il y a des composants spéculatifs, les investisseurs seront intéressés. Selon le classement par pays, la note de Baa1 nous place à la deuxième place, derrière le Botswana et devant l’Afrique du Sud.

Dette : vers une meilleure position

Par le biais de deux graphiques, l’agence américaine met en avant le niveau d’endettement des économies africaines en 2020 et la performance dans le remboursement. Moody’s estime que la dette publique, comme ce serait le cas pour de nombreuses économies, serait en légère progression par rapport au Produit intérieur brut (PIB) et qu’elle serait toujours dans les alentours du seuil des 60 %. Aux yeux de Moody’s, ce ratio ne suffit pas.

Les auteurs parlent aussi de « debt affordability », mettant l’accent sur la part des revenus dédiée au paiement des intérêts. Cette année, l’agence avance que seuls la République démocratique du Congo et Maurice amélioreront leur position par rapport à 2015. En guise de comparaison, alors qu’à Maurice la part des revenus utilisée pour payer les intérêts oscille entre 12 % et 13 %, au Ghana ce sont 30 % des recettes gouvernementales qui sont consacrés à cet item.

Agriculture sous l’influence climatique

L’Afrique du Sud et Maurice sont les deux premières économies à avoir une dépendance moindre de l’agriculture tant en termes de contribution qu’au niveau du PIB et l’emploi. Pour Maurice, l’agriculture compte moins de 10 % de la main-d’œuvre et moins de 5 % par rapport au poids dans l’économie.

Dans le cas de l’Afrique du Sud, la contribution agricole est plus inférieure. À l’autre extrême, nous avons l’Éthiopie avec quelque 70 % de main-d’œuvre engagée dans les activités agricoles qui, à leur tour, comptent pour environ 35 % du PIB. Dans leur analyse, les auteurs du rapport de 13 pages disent que la majorité des pays de l’Afrique subsaharienne dépend de l’agriculture, ce qui les rend donc plus vulnérables au changement climatique.

Modèle de stabilité politique

Les années 2019 et 2020 seront une période de campagne électorale tant à Maurice qu’à travers le continent africain. Passant en revue la stabilité politique, Maurice est le seul pays à obtenir la note de risque politique « très basse ». À l’autre extrême, nous avons déjà un exemple concret : les résultats de l’élection présidentielle dans la République démocratique du Congo, pays dont les sous-sols sont riches en cobalt et en cuivre. La Cour constitutionnelle de cette nation, nichée au cœur de l’Afrique subsaharienne, a confirmé l’élection du leader de l’opposition Felix Tshisekedi alors que son rival Martin Fayulu a rejeté ce verdict, se déclarant comme le chef d’État légitime.

En 2019 se tiendront les deux plus grandes économies de la région, soit l’Afrique du Sud et le Nigeria. Alors qu’au pays de Nelson Mandela, les risques de tensions sont bas. Au Nigeria, une joute présidentielle serrée pourrait donner lieu à des actes de violence, mais Moody’s estime que le cadre démocratique sera résilient.

D’ordre général, l’avènement des élections, font ressortir les rédacteurs du rapport, signifie que la consolidation fiscale sera reléguée au second plan avec les gouvernements en place privilégiant ainsi les dépenses sociales.

*La note la plus élevée, selon Moody’s, est le Aaa (les États-Unis, par exemple, ont cette note). De Aaa à Ba1, ces pays sont dans la catégorie Investment Grade. Passé ce cap, on tombe dans le Non-Investment Grade, signifiant que le taux d’intérêt auquel le bailleur de fonds ou l’investisseur serait imposé sera élevé et l’argent avancé comportera des risques élevés de non-remboursement.

Classement des pays par notation

Pays Grade
Botswana A2
Maurice Baa1
Afrique du Sud Baa3
Namibie Ba1
Sénégal Ba3
Côte d’Ivoire Ba3
Éthiopie B1
Tanzanie B1
Kenya B2
Nigeria B2
Rwanda B2
Ouganda B2
Cameroun B2
Eswatini B2
Angola B3
Ghana B3
RDC  B3
Gabon Caa1
Zambie Caa1
Congo Caa2
Mozambique Caa3

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