Mise à jour: 19 janvier 2026 à 17:09

Normes de résidus de pesticides : 21,63 % des échantillons de fruits et légumes non conformes

Par Patrick Hilbert
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Il est primordial de bien laver les légumes avant la consommation.

Selon le rapport publié le 6 janvier 2026 par le Pesticides Regulatory Office (PRO) du ministère de l’Agro-Industrie et de la Sécurité alimentaire, plus d’un cinquième des fruits et légumes analysés en 2025 ne respectent pas les exigences réglementaires en matière de résidus de pesticides. 

Le détail des résultats est le suivant : 65,39 % des échantillons (504 sur 787) ne présentaient aucun résidu détectable ; 13,62 % contenaient des résidus dans les limites autorisées ; 5,45 % dépassaient les MRL ; et 16,18 % révélaient la présence de pesticides non recommandés pour la culture en question. Ces deux dernières catégories, qui totalisent 21,63 % des échantillons, constituent les cas de non-conformité.

Les dépassements de MRL (5,45 %) concernent principalement des produits locaux comme la queue d’oignon, la calebasse, le concombre, la courgette, la laitue, le piment, le poivron, le chou rouge, la citrouille, différentes variétés de choux chinois, le chou-fleur, l’asperge, la margoze et la coriandre. Parmi les produits importés, les oranges, kiwis, mandarines, raisins, citrons, poireaux, poivrons et pommes de terre figurent parmi les plus touchés.

La catégorie la plus importante en volume, celle des pesticides non recommandés (16,18 %), révèle un usage inapproprié de produits phytosanitaires. Parmi les exemples les plus marquants : pour la laitue, une liste particulièrement longue de substances non autorisées pour cette culture a été détectée, notamment : acétamipride, flusilazole, propamocarbe, boscalide, kresoxim-méthyle, tébuconazole, trifloxystrobine, carbendazime, difénoconazole, thiaméthoxame, tébuthiuron, méthomyl, pyraclostrobine et thiophanate-méthyle.

Le chou blanc chinois présentait, dans certains cas, du boscalide, du carbendazime, du thiophanate-méthyle, du tébuconazole, de l’azoxystrobine et du difénoconazole.

La coriandre est fréquemment contaminée par du linuron, substance la plus souvent détectée dans ce légume, ainsi que par du tébuconazole, du boscalide, du flutriafol, du métalaxyl, de l’acétamipride, du carbendazime et du thiophanate-méthyle. Le cresson d’eau contenait, dans certains cas, de l’acétamipride et du métalaxyl.

Non-respect des doses

D’autres légumes couramment consommés à Maurice sont également concernés : poivron (boscalide le plus fréquent, formétanate HCl, clothianidine, thiaméthoxame, imidaclopride), aubergine, chou, tomate, thym, plantes rampantes, carotte, persil, gingembre, chou-fleur, okra et céleri.

Le rapport rappelle que ces non-conformités résultent généralement d’un non-respect des doses, des délais avant récolte, des méthodes d’application ou de l’utilisation de produits non homologués pour la culture visée. Le PRO souligne que les MRL sont fixés avec des marges de sécurité importantes pour protéger les consommateurs, mais que tout dépassement ou usage non autorisé augmente les risques potentiels pour la santé humaine et pour l’environnement.

Face à ces résultats, les autorités indiquent que les cas de non-conformité font l’objet d’un suivi renforcé : prélèvements complémentaires, sensibilisation des producteurs et, le cas échéant, mesures d’application de la loi sur l’usage des pesticides. Le ministère travaille en étroite collaboration avec les agriculteurs pour promouvoir des pratiques plus responsables et conformes à la réglementation.

Les consommateurs sont quant à eux invités à « laver soigneusement fruits et légumes avant consommation », mesure simple mais efficace pour réduire l’exposition aux résidus éventuels. La surveillance nationale des résidus de pesticides demeure, selon le PRO, « un pilier essentiel pour garantir la qualité et la sécurité des produits frais disponibles sur le marché mauricien ».

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