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Nooreza Lootfun : «Ne pas se décourager»

Nooreza Lootfun est une femme courage : cette Mauricienne est le symbole d’une femme moderne, battante et forte. Après une séparation, elle s’est retrouvée seule à élever un fils de deux ans. Elle avait le choix : se remarier ou s’occuper de l’avenir de son enfant, et elle a choisi la deuxième option… une décision qu’elle ne regrette pas car  son fils a été lauréat en 2016 dans la filière Arts.

Qu’est-ce que le 8 mars représente pour vous ?
La Journée internationale des droits des femmes, c’est-à-dire le 8 mars, est un temps de réflexion sur le progrès accompli, pour appeler au changement et célébrer les actes de courage et de détermination accomplis par les femmes ordinaires qui ont joué un rôle extraordinaire dans l’histoire de leurs pays et de leurs communautés.

Être femme en 2020, qu’est-ce que cela signifie pour vous?
Beaucoup de défis pour s’affirmer et faire entendre vos opinions dans un monde dominé par les hommes.

Vous avez créé une petite entreprise spécialisée dans la fabrication et la vente d’huile de coco. Est-ce facile d’être une femme entrepreneure ? Racontez-nous votre parcours.
Étant donné que j’ai dû élever toute seule mon fils et qu’il était difficile de joindre les deux bouts, j’ai décidé de trouver d’autres moyens pour combler le budget. Je fus inspirée de lancer cette entreprise à travers des articles sur Internet concernant les bienfaits de l’huile de coco. Alors, en décembre 2018, j’ai décidé de monter une micro-entreprise pour produire l’huile de coco vierge. J’ai créé ma propre marque MoDilwil, dont les produits sont faits à partir de noix de coco fraîchement cueillies. L’huile est vendue en flacon de 120 ml. MoDilwil est un produit 100% bio, sans produits chimiques ni additifs et préparé avec soin pour assurer, à tous, ses bienfaits. Le 8 mars 2019, le jour de la Journée internationale des droits des femmes, j’ai lancé la page Facebook de MoDilwil qui a atteint maintenant 5 000 fans. Mes clients sont la raison pour laquelle j’ai parcouru tout ce chemin pour les satisfaire. À présent, il y a aussi le MoDilwil Premium Herbal Hair Oil, un mélange d’huile de coco vierge avec huit autres ingrédients efficaces pour la pousse des cheveux et le MoDilwil Coffee Coconut Oil Scrub. Mon but est que les produits MoDilwil Coconut Oil deviennent des produits accessibles à tous et essentiels pour les Mauriciens dans leur quotidien et soient utilisés pour leurs différents bienfaits.

En tant que femme entrepreneure, je dois jongler entre mon travail et mon entreprise à mi-temps. Cela demande beaucoup de sacrifices pour réussir. Les choses ne sont pas toujours faciles en raison des tâches administratives et le fait d’être à la direction. En étant seule à tout faire, c’est toujours dur. Mais comme mon entreprise est en bonne voie, j’espère pouvoir recruter bientôt d’autres personnes qui viendront se joindre à moi et, de préférence, des femmes au chômage.

Qu’est-ce qu’on peut améliorer ou faire pour que les femmes s’investissent ? Quels sont les obstacles à la réussite économique des femmes, selon vous ?
Les femmes et les filles continuent à être dévalorisées. Elles travaillent plus mais gagnent moins, tout ayant moins de choix. Elles font face à différentes formes de violences, à la maison comme en public. Bien que les lois soient là, le népotisme reste toujours présent à Maurice avec son lot de discriminations basées sur les castes, les communautés, la religion, etc. Il y a certaines choses qui empêchent les femmes de venir de l’avant pour investir plus dans la société mauricienne. S’il n’y a pas de changement dans la mentalité des Mauriciens, les choses ne changeront pas pour le meilleur, même dans les prochaines décennies. Le concept de Maurice comme une seule nation ne resterait qu’un simple slogan vide de sens.

Un mot pour encourager les autres femmes qui sont dans une situation difficile familialement,  économiquement ?
Ne pas se décourager. Nous devons croire que la détermination et le dur labeur paient toujours… cela va sûrement prendre du temps, mais éventuellement le sacrifice et la détermination portent toujours leurs fruits…


Le directeur de l’AFD prend position sur le genre

andreLe genre à l’AFD est un marqueur fort de ses activités, en lien avec son engagement « 100 % lien social » du nouveau plan d’orientation stratégique 2018-2022, pour un développement assurant le bien-être des populations. L’accès à l’éducation et l’égalité réelle entre les femmes et les hommes sont deux axes majeurs en la matière. 

Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), le PIB mondial pourrait être supérieur de USD 28 000 milliards/an à l’horizon 2025 si les inégalités entre les femmes et les hommes disparaissaient. Cela représente le PIB cumulé de la Chine et des États-Unis ou encore 25 % du PIB mondial. La réduction des inégalités est un facteur important de croissance économique et de durabilité de cette croissance.

À titre d’exemple, mettre en place des systèmes de garde d’enfants dans les entreprises, les municipalités… engendre moins de rotation du personnel et donc plus de productivité.

La lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes, c’est aussi favoriser un développement durable en rehaussant le socle social indispensable.

Les bénéfices des investissements genre sont donc à 3 niveaux : au niveau macroéconomique (et les institutions financières de taille comme le World Economic Forum ou le FMI le revendiquent), au niveau des banques elles-mêmes via l’amélioration de leur notation extra-financière et au niveau des entreprises en favorisant une croissance durable.

Enfin, ces investissements permettent aux acteurs mauriciens la mise en œuvre de la convention internationale CEDAW (Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination Against Women), à laquelle Maurice adhère.

André Pouillès-Duplaix, directeur, agence régionale pour Maurice et les Seychelles, AFD.

8 mars 2018


Améliorer le système de Protection Order

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Me Indranee Boolell-Bhoyrul

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2020, la commission des droits de la femme de DIS-MOI a organisé une causerie à son siège à Belle-Rose, Quatre-Bornes, pour sensibiliser le grand public à l’importance de l’égalité des genres. Ce fut l’occasion de faire un constat de la situation des droits de la femme à Maurice. Cela s’est terminé par des débats vifs pour chercher des solutions pratiques afin de lutter contre les violences faites aux femmes.

C’était aussi une opportunité de parler du fameux Protection Order. À ce sujet, Me Indranee Boolell-Bhoyrul a donné des éclaircissements  aux personnes  présentes : quelle procédure suivre pour l’avoir, que faire s’il n’est pas respecté, etc.

À l’issue des discussions entre les citoyens présents dans l’assistance (des femmes victimes, des responsables de différentes associations et ONG, des hommes pro-féministes), force fut de constater que beaucoup de femmes subissent encore différentes formes de violences :  violences physiques (les plus connues), violences sexuelles, violences économiques, violences administratives et violences psychologiques et morales. Les causes majeures de ces violences faites aux femmes à Maurice sont souvent la drogue, l’alcool, la jalousie/la possessivité, sans oublier la mentalité archaïque selon laquelle les femmes seraient des êtres inférieurs.

De ce fait, le combat contre les violences faites aux femmes doit passer par de vastes et rigoureuses mesures sociales et économiques pour éradiquer la pauvreté ou accroître la lutte contre la drogue, mais aussi par des mesures juridiques et administratives. Il est ainsi, par exemple, absolument nécessaire de se pencher très sérieusement sur l’amélioration du système de Protection Order car les témoignages des victimes montrent qu’elles se heurtent le plus souvent à l’indifférence et/ou à l’ignorance des policiers ou des enquêteurs pendant les démarches, que ce soit pour obtenir le Protection Order ou le divorce. Il est donc primordial que ces acteurs reçoivent des formations adéquates sur la manière d’accueillir et d’accompagner une femme battue. Le suivi psychologique ou thérapeutique de l’agresseur n’est pas à écarter non plus. Quoi qu’il en soit, une chose est sûre, il faut encourager les victimes à briser le tabou et à ne pas garder le silence, mais à parler, à s’exprimer sans gêne. C’est de cette façon que les mentalités évolueront. Alors, à vos responsabilités et mobilisons-nous pour faire cesser les violences faites aux femmes. Levez-vous pour les droits des femmes !


Rappel historique de la Journée internationale des droits des femmes

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La première fête remonte à 1909 pour commémorer la grève menée en 1908 par des ouvrières de l’industrie de la confection à New-York. À cette époque, les femmes avaient protesté à cause de leurs conditions de travail horribles.

Le 8 mars 1917, les femmes russes avaient, elles, réclamé du pain et le retour de leurs maris, dont deux millions avaient déjà été tués au combat, pendant la Première Guerre mondiale. En 1921, Lénine décréta le 8 mars « Journée des femmes ». Pendant la Première Guerre mondiale, cette Journée a été placée sous le signe de la protestation contre la guerre mais avec le temps, la Journée internationale des femmes est devenue le symbole de la revendication féminine.

En 1975, l’Organisation des Nations Unies (ONU) a adopté cette Journée, et c’est en 1977 qu’elle officialise une Journée mondiale des droits des femmes qui continue à être célébrée de nos jours. Cette Journée symbolise les luttes menées par les femmes du monde entier pour faire valoir leurs droits. C’est également une occasion pour évaluer les progrès réalisés sur l’égalité des sexes.

Par contre, il ne faut pas se laisser tenter de faire de cette Journée une fête,  le 8 mars concerne une lutte, celle contre les inégalités entre hommes et femmes. Il faut célébrer la femme et ses accomplissements pour favoriser l’égalité des chances.

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