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Non-publication de son bilan : la question de transparence de la BoM revient sur le tapis

La situation est loin d’être rayonnante à la Banque centrale.
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Xavier-Luc Duval.

L’indépendance de la Banque de Maurice a souvent été sujet de controverse. Le retard récurrent dans la publication de son bilan ne fait qu’éveiller les interrogations. 

Balayant sèchement la recommandation du Fonds Monétaire International (FMI) quant au désengagement de la Banque de Maurice (BoM) dans l’actionnariat de la Mauritius Investment Corporation (MIC), Renganaden Padayachy affirmait dans les colonnes du Défi Quotidien du 11 mai dernier que la Banque centrale était indépendante. 

Or, pour Xavier-Luc Duval, ce serait tout le contraire. Le leader de l’Opposition souligne qu’il y a ingérence du ministre des Finances à la Banque de Maurice. La non-publication du bilan de la Banque de Maurice pour le mois d’avril dicterait les propos de Xavier-Luc Duval. D’ailleurs, celui-ci affirme que « c’est illégal. Il faut poser la question au gouverneur de la Banque de Maurice pour savoir pourquoi est-ce qu’il choisit délibérément d’aller contre la loi ». Et selon le leader de l’Opposition, ce n’est pas la première fois qu’une telle chose se produit. Le Défi Quotidien a tenté d’obtenir la version de la BoM, mais en vain. 

De son côté, Vinaye Ancharaz, économiste, estime que la prise de position de Renganaden Padayachy s’agissant du FMI démontre que la Banque de Maurice n’est pas indépendante, mais est au contraire « une marionnette pour le ministre des Finances ». 

La question de transparence de la Banque de Maurice n’a pas tardé à refaire surface suivant l’intervention de Xavier-Luc Duval durant le week-end. À ce propos, Vinaye Ancharaz déplore que sous le présent régime, le manque de transparence de plusieurs institutions, incluant la Banque de Maurice, a toujours été d’actualité. « C’est au public de juger si la Banque de Maurice cache quelque chose. Cependant, s’il n’y a rien à dissimuler, le bilan aurait été publié à l’heure. Cela soulève plusieurs interrogations. Je ne serais pas étonné de voir qu’il y a des choses que la Banque de Maurice ne souhaite pas déballer », soutient Vinaye Ancharaz. 

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Kevin Teeroovengadum.

Selon l’économiste, la situation est loin d’être rayonnante à la Banque centrale. Cela est traduit par des réserves en chute libre et l’impact momentané de l’intervention historique (200 millions de dollars) de la BoM sur le marché des changes pour une appréciation de la roupie. La Banque de Maurice est dans une situation embarrassante où elle ne peut hausser les taux d’intérêt pour adresser la problématique de l’inflation, au risque de freiner le moteur économique. 

Retard habituel

Toutefois, Kevin Teeroovengadum nuance ses propos. Il concède étonnement que depuis quelque temps la Banque de Maurice publie son bilan mensuel avec deux mois de retard. Or, affirme-t-il, en 2008, le bilan de la Banque centrale était mis en ligne avec un décalage d’un mois. « Les entreprises publient leur balance sheet 15, voire 20 jours après la fermeture des comptes. Il y a un recul pour la Banque de Maurice en comparaison à 2008 », argue Kevin Teeroovengadum. 

Citant l’exemple de Statistics Mauritius dont la publication de données prend beaucoup de temps, Kevin Teeroovengadum est d’avis que cela démontre la déconnexion de Maurice dans ce ‘data world’. Aux Maldives ou aux Seychelles, poursuit l’économiste, les données sur le tourisme sont disponibles chaque semaine.

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