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Noël : la naissance de Jésus avant tout

Synonyme de repas de fêtes, d’échange de cadeaux, de rassemblements familiaux, Noël pour les Chrétiens permet avant tout de revivre symboliquement la naissance de Jésus.

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Jean-Maurice Labour.

«Noël, c’est Dieu qui se fait homme en Jésus. C’est-à-dire que l’humanité a une telle dignité que Dieu n’hésite pas à prendre cette condition humaine avec ses misères et ses grandeurs aussi. Jésus va aller jusqu’au bout de cette solidarité avec l’homme puisqu’il va en souffrir jusqu’à la mort sur une croix », dit le père Jean-Maurice Labour, vicaire général du diocèse de Port-Louis.

Pour lui, Noël, c’est un bouleversement de l’idée que l’humanité se fait de Dieu. « L’homme imagine un Dieu tout puissant alors que le Dieu qui se montre en Jésus est tout impuissant, tout fragile. Qu’y a-t-il de plus vulnérable qu’un bébé qui naît dans une mangeoire d’animaux ? Un Dieu qui livre son existence au bon vouloir d’une jeune fille accordée en mariage à un charpentier ? Un Dieu qui joue le jeu de la croissance comme un enfant, un adolescent, puis un adulte qui va payer cher ses convictions ? », poursuit le vicaire général.

Ainsi, les célébrations débutent à l’église au cours d’une messe solennelle. L’enfant Jésus est installé dans la crèche, où l’attendaient déjà depuis quatre semaines, les animaux, les bergers, un homme, une femme. « Autant dire qu’il n’y a pas de grande mobilisation des personnes les plus haut placées dans la société. La célébration de Noël est faite de simplicité. Il arrive que la messe soit précédée d’une veillée, où l’on prend des chants et textes bibliques traditionnels qui racontent l’histoire de la naissance. Souvent les enfants y tiennent une place importante », ajoute le Père Labour.

Davantage d’équilibre

Toutefois, notre interlocuteur concède qu’au fil des années, Noël est devenue une fête commerciale, où les commerçants se remplissent les poches avec les achats excessifs des consommateurs. « Les commerçants sont là pour se remplir les poches, en profitant de toutes les occasions qui se présentent à l’occasion des fêtes religieuses. Ils se moquent de la signification religieuse, pourvu qu’ils saignent les consommateurs. À mon avis, Noël est la seule fête religieuse vraiment nationale célébrée par tous. »

C’est pourquoi, soutient-il, qu’elle est devenue « une fête profane détachée de ses significations religieuses chrétiennes pour beaucoup de personnes de toutes les religions. C’est la grande bouffe, les cadeaux de plus en plus sophistiqués et chers, les symboles comme les sapins, les bons repas en famille. Je ne dirai pas qu’il faut tout rejeter : l’humanité a besoin d’une trêve pendant laquelle elle célèbre ses rêves en famille et dans la société. Les enfants ont besoin de s’entendre dire ‘je t’aime’ à travers les cadeaux. Mais il y a beaucoup de gaspillages, d’enfants trop gâtés à côté de ceux qui n’ont pas de minimum vital. »

Il conseille ainsi d’équilibrer la manière de vivre Noël, entre la signification religieuse et les aspects matériels. « Chacun a bien le droit de fêter Noël comme bon lui semble. Cependant, beaucoup de chrétiens donnent priorité à leur foi dans un Dieu simple, pauvre et à cause de cela, vivent Noël dans la simplicité tout en s’amusant comme les autres. »

Ils sont nés un 25 décembre…

Jean Noël Groeme et Alexandra Oraison-Parfait.

« Joyeux Noël… Et bon anniversaire ! ». Cette phrase, ceux qui sont nés le jour de Noël l’entendent chaque année. Si cette date revêt d’une importance capitale pour eux, n’empêche qu’elle a ses petits inconvénients. En sus d’avoir moins de cadeaux, ils risquent aussi de voir leur anniversaire oublier au profit de Noël.

« Le 25 décembre, on pense aux cadeaux, au dîner, à la fête et on oublie l’anniversaire de Jean Noël », nous confie Jean Noël Groeme, avec une pointe d’humour. Celui qui fêtera ses 54 ans, ce dimanche 25 décembre, ajoute qu’il ne peut jamais fêter son anniversaire comme il se doit, car tout le monde est toujours pris dans des engagements familiaux.

« Pour mes 40 ans, mes enfants et mes proches m’avaient fait une surprise. C’est la seule fois où j’ai eu droit à une vraie  fête d’anniversaire avec mes proches et amis », précise notre interlocuteur. Petit, il n’avait pas conscience des inconvénients, car il avait des cadeaux et soufflait ses bougies. C’est en grandissant qu’il l’a réalisé. « Il m’est déjà arrivé de presque oublier mon anniversaire, car j’étais pris dans l’euphorie de Noël », se rappelle le quinquagénaire, qui préfère donc le célébrer dans la soirée du 24 décembre.

Pour Alexandra Oraison-Parfait, être née un 25 décembre n’est pas une bénédiction. « Célébrer la magie de l’esprit de Noël est une chose, mettre à l’honneur celui qui fête son anniversaire en est une autre. Ne dit-on d’ailleurs pas que c’est SA journée ? Or, avec les célébrations de Noël, mon anniversaire passe inaperçu », explique-t-elle. Toutefois, elle concède que quand elle était jeune, ses parents avaient fait de Noël et de son anniversaire deux événements bien distincts.

« Il faut dire que j’ai la chance d’avoir une famille qui a toujours fait l’effort de bien séparer ces deux événements », confie Alexandra. Pour cette dernière, le jour de son anniversaire est une date très importante et trouve dommage que la fête de Noël vole la vedette à cette célébration personnelle. Mais cette jeune maman ne rate pas l’occasion de célébrer en famille. « Cette année sera comme chaque année, je soufflerai mes bougies après le déjeuner de Noël. »

 

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