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Négligence médicale mortelle : la levée de suspension du Dr Nishan Moheeputh divise

Par Jean-Marie St Cyr
Publié le: 9 avril 2026 à 11:00
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Le Dr Nishan Moheeputh avait été reconnu coupable de négligence medicale suivant le décès de la magistrate Varsha Biefun-Doorga.
Le Dr Nishan Moheeputh avait été reconnu coupable de négligence medicale suivant le décès de la magistrate Varsha Biefun-Doorga.

Reconnu coupable de négligence médicale grave ayant entraîné le décès d’une patiente après une liposuccion, le Dr Nishan Moheeputh a vu sa suspension levée par le Medical Council. Une décision qui ne fait pas l’unanimité.   

L’affaire remonte à juillet 2024. Le Dr Nishan Moheeputh pratique une liposuccion sur la magistrate Varsha Devi Biefun-Doorga. La patiente développe de graves complications postopératoires qui conduisent à son décès. Le Medical Council ouvre alors une enquête préliminaire avant de saisir le Tribunal disciplinaire médical, devant lequel trois chefs d’accusation sont retenus contre le praticien. Ces charges sont établies et prouvées devant le Tribunal, qui le reconnaît coupable de négligence médicale grave.

Le 1er avril 2026, après treize mois de suspension — effective depuis le 13 février 2025 —, le Medical Council lève la mesure à l’encontre du Dr Moheeputh. En lieu et place, une réprimande sévère lui est infligée, conformément à l’article 17 (4) (a) (i) du Medical Council Act. 

Dans un communiqué publié le 8 avril, le Conseil justifie sa décision en indiquant que la durée de suspension déjà purgée a été prise en compte, et que le cadre légal ne lui permet pas d’imposer une suspension dépassant deux ans. Il tient néanmoins à rappeler que le médecin « a bel et bien été reconnu coupable de négligence médicale grave ».

Cette décision suscite des réactions contrastées. Du côté de la Government Medical and Dental Officers Association (GMDOA), on estime que toutes les procédures ont été respectées dans le traitement de ce dossier. Selon le Dr Meetheelesh Abeeluck, président de la GMDOA, tout dépend de la manière dont l’affaire a été présentée devant le Tribunal et défendue par l’avocat du médecin. Il souligne par ailleurs que le Dr Moheeputh a déjà été « sanctionné » par ses treize mois de suspension. « Il faut respecter le verdict du Medical Tribunal », dit-il, et « comprendre la décision du Medical Council qui a levé sa suspension ». 

Il précise toutefois qu’à l’issue de ce communiqué, la levée de suspension ne signifie pas que le médecin peut reprendre immédiatement ses activités : il lui faudra enclencher les procédures nécessaires pour redevenir éligible à l’exercice de la médecine.

D’autres voix s’élèvent en revanche pour estimer que le spécialiste en chirurgie plastique aurait dû être radié, considérant que la « gross medical negligence » ayant entraîné le décès d’une patiente constitue une faute suffisamment grave pour justifier son exclusion définitive.

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