Politique

Navin Ramgoolam sur le secteur du sucre : «une commission totalement indépendante doit être instituée»

Navin Ramgoolam

Le leader du Parti Travailliste (PTr), Navin Ramgoolam, a abordé trois thèmes lors de la conférence de presse tenue au siège de son parti, à Les Salines, samedi. Il a évoqué le rapport sur le secteur sucre, l’indemnisation de l’ex-ministre Raj Dayal et les événements survenus samedi dernier à la Place d’Armes.

« C’est un rapport qui est bon pour la poubelle. Ashok Subron avait raison. Ce rapport est celui du patronat. Il y a une surreprésentation de la Chambre d’agriculture et aucun représentant des artisans et laboureurs », a martelé Navin Ramgoolam, l’ex-Premier ministre. Selon le leader du PTr, « gouvernma pe travay pou gro kapital, trezor pou zot ek dezer pou lepep ». Navin Ramgoolam s’est ensuite demandé s’il y avait une « conspiration » entre des représentants du gouvernement « ek gro kapital ».

L’animateur de la conférence de presse commentait le rapport émanant du Joint Technical Committee qui s’est penché sur la situation actuelle et l’avenir du secteur sucrier.

« Pour quelles raisons les représentants du gouvernement ont-ils accepté un rapport qui est totalement en faveur du gros capital et qui est au détriment des laboureurs et artisans ? Ce rapport est une escroquerie envers les laboureurs et autres artisans travaillant dans le secteur du sucre. Une commission totalement indépendante, disposant d’un mandat élargi et impliquant les stakeholders, les représentants syndicaux et autres planteurs, doit être instituée pour revoir le secteur du sucre », a dit Navin Ramgoolam. Il réclame également une étude sur les profits générés par la production énergétique et par celle de l’éthanol.

Indemnisation de Raj Dayal

L’ex-ministre de l’Environ-nement, Raj Dayal, a ensuite été la cible du leader du PTr. Ce dernier a abordé l’indemnisation de Rs 15 millions accordée par l’état à Raj Dayal. Selon Navin Ramgoolam, l’ex-ministre a été limogé de son poste de commissaire de police en vertu des procédures établies sous la Constitution. Le leader des rouges a ensuite laissé entendre qu’il y aurait eu un « deal » entre l’état et Raj Dayal, car celui-ci menaçait de démissionner de son poste de député afin de provoquer une élection partielle. Chose qui, selon Navin Ramgoolam, aurait été néfaste à la majorité gouvernementale.

Place d‘Armes

Les événements survenus, samedi dernier, à la Place d’Armes, Port-Louis, suite à la manifestation des LGBT, ont ensuite été abordés. Navin Ramgoolam a fait ressortir que « les droits fondamentaux de tout individu sont garantis sous la Constitution » et a déploré « la faiblesse et l’impuissance du gouvernement » à sanctionner les manifestants illégaux. Il a également fustigé la lenteur de la police à retracer les auteurs du post blasphématoire. « Il y a anguille sous roche dans cette affaire. Le gouvernement doit agir avec fermeté. Un commissaire de police ne peut prendre des ordres du Premier ministre. Il doit agir conformément à la Constitution », ajoute Navin Ramgoolam.

Selon l’ex-Premier ministre, il y aurait un « climat de terreur, de pression et un agenda de frayeur dans le pays » suite à ces récents événements.