National Drug Observatory Report : 4 373 infractions et 2 520 arrestations liées à la drogue en 2024
Par
Jean-Marie St Cyr
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Jean-Marie St Cyr
Les chiffres du National Drug Observatory Report (NDOR) 2024, rendus publics récemment, sont éloquents : le nombre d’infractions liées à la drogue a augmenté à Maurice, avec 4 373 cas enregistrés par la police en 2024, contre 4 205 l’année précédente. Le taux d’infractions pour 1 000 habitants est passé de 3,3 à 3,5. Il convient toutefois de noter que le nombre de cas liés à la drogue était plus élevé en 2020, avec 5 268 infractions, le chiffre le plus important recensé entre 2020 et 2024. Le taux d’infractions pour 1 000 habitants était alors de 4,2.
Le cannabis, communément appelé « gandia », représente 40,9 % des infractions, suivi des cannabinoïdes synthétiques (27,6 %), de l’héroïne (15,4 %) et des sédatifs (1,7 %). Les autres drogues, principalement la méthadone et le haschisch, comptent pour 14,4 % des cas.
L’Anti-Drug and Smuggling Unit (Adsu) a traité 3 451 dossiers en 2024, aboutissant à 2 520 arrestations. Le Forensic Science Laboratory (FSL) a confirmé 3 268 cas de substances illicites saisies, le cannabis représentant 46,1 % d’entre eux, devant les nouvelles substances psychoactives (28,8 %) et l’héroïne (17,9 %). Le FSL a également réalisé 1 104 tests de conduite sous l’influence de drogues.
Du côté des douanes, la Customs Anti-Narcotics Section (CANS) de la Mauritius Revenue Authority (MRA) a enregistré un record de 72 saisies en 2024, soit le chiffre le plus élevé de la période 2020-2024. Les produits à base de cannabis représentaient 55,6 % de ces saisies, suivis des nouvelles substances psychoactives (27,8 %).
Sur le plan judiciaire, 1 747 condamnations pour infractions liées à la drogue ont été prononcées en 2024, contre 1 422 en 2023. La possession constitue la majorité des condamnations (81,2 %), devant la consommation (8,2 %), la culture de cannabis (6,0 %), le trafic (4,0 %) et l’importation (0,6 %).
Dans les établissements de santé publique, 1 081 admissions liées à l’usage de drogues ont été enregistrées en 2024, dont 91,1 % d’hommes. La tranche d’âge la plus représentée est celle des 30-39 ans. Le district de Plaines Wilhems concentre le plus grand nombre d’admissions (25,3 %), suivi de Port-Louis (19,8 %). Les unités d’addictologie du ministère de la Santé ont accueilli 500 nouveaux cas en quête de traitement, tandis que 1 710 personnes ont été prises en charge dans le cadre du programme de substitution à la méthadone. En 2024, 36 décès directement liés à l’usage de drogues ont été recensés par l’unité médicale de la police, la majorité chez des hommes âgés de 25 à 34 ans.
Les données du rapport NDOR 2024 dressent le portrait d’une situation qui se détériore progressivement à Maurice. L’augmentation simultanée des infractions, des condamnations judiciaires et des admissions hospitalières suggère non seulement une consommation en hausse, mais aussi une réponse institutionnelle plus active.
La montée des cannabinoïdes synthétiques et des nouvelles substances psychoactives, représentant désormais plus d’un quart des cas, constitue un signal d’alarme, ces substances étant souvent plus dangereuses et plus difficiles à détecter que les drogues traditionnelles. Par ailleurs, la concentration des cas dans la tranche d’âge 18-39 ans et la présence de mineurs au Nenuphar Ward indiquent que le problème touche à la fois la population active et la jeunesse, posant des enjeux majeurs en termes de santé publique, de productivité et de cohésion sociale. Si des programmes de prévention et de réduction des risques existent, leur portée semble encore insuffisante au regard de l’ampleur du phénomène.
| Classe de drogues | Nombre d’arrestation | Pourcentage |
| Cannabis | 935 | 37,2 |
| Opioïdes | 551 | 21,9 |
| Drogues synthétiques | 940 | 37,4 |
| Stimulant (Cocaïne & Khat) | 9 | 0,4 |
| Dépresseurs (Sedatifs/ Tranquilisants) | 60 | 2,4 |
| Hallucinogènes (LSD) | 1 | 0 |
| Amphétamine (ATS/MDMA) | 8 | 0,03 |
| Autres médicaments sur ordonnance | 9 | 0,4 |