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Nasser Moraby : «Pas de pain la semaine prochaine si le prix n’est pas revu»

Par Le Défi Quotidien
Publié le: 31 mars 2026 à 13:30
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Nasser Moraby, président de l’Association des propriétaires des boulangeries (qui compte environ 130 membres), tire la sonnette d’alarme : si aucune solution n’est trouvée face à la hausse du diesel et au manque de révision du prix du pain, les boulangeries pourraient cesser la production dès la semaine prochaine. Il rappelle que des risques de fermetures pèsent sur un secteur déjà fragilisé.

Les boulangers se sont réunis samedi pour décider de la suite à donner à la hausse du prix du diesel. Quelles sont les principales décisions qui en ressortent ?
Nous attendons encore une semaine avant de décider de la marche à suivre.

Comment cette hausse impacte-t-elle concrètement les boulangers ? Pouvez-vous chiffrer son poids sur le coût de fabrication d’un pain ?
Nous sommes doublement impactés. Le diesel est utilisé à la fois pour alimenter les brûleurs pour la cuisson du pain et pour le transport et la livraison dans tout le pays. Cette hausse entraîne une augmentation d’environ 5 sous par pain, sans compter les autres éléments de coût.

Les avis de fortes pluies nous pénalisent fortement, car nous sommes obligés de jeter de la pâte qui aurait dû servir à la fabrication du pain destiné aux écoles. 

Craignez-vous que cette augmentation entraîne des fermetures de boulangeries ?
36 boulangeries ont fermé depuis 2023 à ce jour. Si la situation n’évolue pas et que les prix ne sont pas revus, d’autres fermetures ne sont pas à écarter. 

Vous réclamez une révision du prix du pain, un sujet évoqué lors d’un comité interministériel. À combien estimez-vous aujourd’hui le prix du pain pour garantir la survie du secteur ?
Lors de la dernière réunion avec le comité interministériel (Ndlr : un comité réunissant les ministres Aadil Ameer Meea, Ashok Subron et Michael Sik Yuen), il y a environ trois semaines, le gouvernement a proposé la suppression de l’ensemble des subsides dont bénéficiait le secteur sous l’ancien gouvernement, soit 24 sous sur le pain de 100 grammes. Il nous a été demandé de soumettre un « costing » ainsi qu’une proposition de nouveau prix du pain, à la fois dans le scénario avec subside et sans subside. Depuis, le coût du diesel a augmenté. Nous avons donc transmis un « costing » mis à jour. Je tiens également à souligner que le prix du pain maison est resté fixé à Rs 2,60 pendant 14 ans, alors que nos coûts de production n’ont cessé d’augmenter : salaires, électricité et autres intrants.

Que recommandez-vous comme nouveaux prix du pain ? 
C’est confidentiel ! À ce stade, nous préférons ne pas divulguer de chiffre avant que les autorités ne prennent une décision.

Si vos revendications ne sont pas prises en compte, qu’envisagez-vous de faire ?
Si aucune solution n’est trouvée, nous pourrions être contraints de suspendre la production de pain jusqu’à obtenir une revalorisation du prix. 

La hausse du diesel entraîne une augmentation d’environ 5 sous par pain. 

Avez-vous déjà alerté les autorités ? Quelles ont été leurs réponses jusqu’ici ?
Oui, les autorités sont déjà informées. Nous avons soumis notre « costing », mais nous n’avons toujours pas obtenu de réponse. Si rien n’est fait cette semaine, nous prendrons une décision ce week-end. Nous sommes désolés, mais les Mauriciens n’auront pas de pain la semaine prochaine. Cela concerne l’ensemble du public et les écoles, y compris les services essentiels comme la police et les hôpitaux.

Vous souhaitez aussi réagir sur les avis de fortes pluies... 
Oui !  Les avis de fortes pluies nous pénalisent fortement, car nous sommes obligés de jeter de la pâte qui aurait dû servir à la fabrication du pain destiné aux écoles. Lorsqu’un avis de fortes pluies est émis par les autorités, de nombreux boulangers subissent d’importantes pertes : la pâte est déjà préparée, mais elle ne peut pas être utilisée et doit être jetée. Cela entraîne également des coûts supplémentaires, notamment la location de camions pour jeter cette pâte. C’est une situation récurrente que nous dénonçons, car elle engendre un gaspillage important et des pertes financières pour les boulangeries.

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