Naresh Gowreesunker, Commercial Manager chez MOROIL : «C’est un phénomène de «panic-buying» qui crée des ruptures en rayon»
Par
Leena Gooraya-Poligadoo
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Leena Gooraya-Poligadoo
Face aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, Moroil affirme que ses approvisionnements restent sécurisés, malgré des pressions sur les coûts. L’entreprise écarte toute pénurie, évoquant plutôt un phénomène de « panic-buying ».
Dans quelle mesure la guerre au Moyen-Orient affecte-t-elle les activités de Moroil ? Nous suivons de très près l’évolution de la situation au Moyen-Orient. Nos sources d’approvisionnement ne sont pas directement affectées, mais nous faisons face à des pressions significatives, principalement sur le prix des matières premières ainsi que sur le coût du fret. Il est donc évident que ces facteurs ont un impact direct sur le prix de vente des produits. Mais je tiens à souligner un point important : malgré ce contexte difficile, les prix de nos huiles que paient les consommateurs aujourd’hui restent inférieurs à ceux de fin 2024.
Plusieurs consommateurs déplorent une pénurie de l’huile sur le marché. Qu’en est-il vraiment ? J’entends les inquiétudes des consommateurs et je les comprends tout à fait. Dans un contexte difficile, il est naturel de vouloir se protéger et anticiper. Cette réaction est humaine. Cependant, je tiens à rassurer qu’il n’y a pas de pénurie. Moroil dispose du stock voulu.
Ce que nous observons, c’est davantage un phénomène de « panic-buying » qui crée des ruptures en rayon. Moroil réaffirme son engagement à assurer à la population un approvisionnement continu en produits de qualité.
Quel message souhaitez-vous adresser à l’approche du prochain Budget ? L’industrie agroalimentaire locale n’est pas qu’un secteur économique, c’est un enjeu de souveraineté alimentaire pour Maurice. Un pays qui ne produit ni ne transforme localement reste vulnérable. Nous l’avons vu pendant les crises précédentes, nous le voyons encore aujourd’hui avec les tensions géopolitiques mondiales : quand les chaînes d’approvisionnement internationales se ferment, ce sont les pays qui ont su développer et protéger leurs capacités locales qui s’en sortent le mieux.
Maurice a la chance d’avoir des opérateurs locaux engagés, qui investissent sur le long terme et qui méritent d’être soutenus. Le message est donc de ne pas oublier notre industrie locale. Ce sont les opérateurs qui investissent dans ce pays et qui sont présents dans les moments difficiles. Nous espérons que ce Budget saura reconnaître et encourager cet engagement.