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Mpox : Maurice face à sa première transmission locale

Par Le Défi Quotidien
Publié le: 5 June 2026 à 10:22
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Dr Fazil Khodaboccus
Dr Fazil Khodabocus, directeur par intérim des services de santé.

Après deux cas importés recensés depuis le début de l’année, Maurice fait face à son premier cas local de la Mpox. Un retraité suisse de 64 ans, installé dans l’île depuis environ un an, a été testé positif à la maladie virale. 

La Mpox (variole du singe) fait de nouveau parler d’elle à Maurice. Le ministère de la Santé a confirmé le jeudi 4 juin le premier cas local de la maladie. Les résultats des analyses sont tombés dans l’après-midi, confirmant l’infection chez un ressortissant suisse âgé de 64 ans.

Résidant à Maurice depuis environ un an, le Suisse n’a effectué aucun voyage récent, ce qui conduit les autorités sanitaires à considérer cette infection comme une transmission locale. Le patient est actuellement en isolement à l’hôpital du Nord. Selon le ministère de la Santé, son état est stable et il bénéficie d’une prise en charge médicale appropriée.

Dès la confirmation du diagnostic, les autorités sanitaires ont lancé un exercice de recherche de contacts afin d’identifier les personnes qui ont pu être exposées au virus. Cette procédure vise à retrouver les contacts étroits du patient pour limiter tout risque de propagation.

Ce nouveau cas porte à trois le nombre total d’infections à la Mpox enregistrées à Maurice depuis le début de l’année 2026. Les deux premiers cas recensés étaient des cas importés, concernant des personnes ayant contracté la maladie à l’étranger avant leur arrivée dans le pays. Le cas confirmé cette semaine marque ainsi une nouvelle étape dans la surveillance sanitaire mise en place par les autorités.

Contact étroit

Pour le Dr Fazil Khodabocus, directeur par intérim des services de santé, il est important de comprendre que la Mpox ne se transmet pas aussi facilement que certaines maladies respiratoires.

« La maladie ne se transmet pas vraiment par la salive ou les postillons. Elle se transmet principalement par contact rapproché avec une personne contaminée », explique-t-il.

Le spécialiste précise que le virus se propage notamment par contact direct avec les lésions cutanées d’une personne infectée ou à travers un contact prolongé peau à peau.

« Elle peut aussi se transmettre lors de relations sexuelles à travers le contact peau à peau. Une mère infectée peut également transmettre la maladie à son enfant durant la grossesse », souligne le médecin.

Cette caractéristique distingue la Mpox de nombreuses infections respiratoires et explique pourquoi les autorités concentrent leurs efforts sur l’identification rapide des contacts rapprochés du patient infecté.

Symptômes

Le Dr Fazil Khodabocus insiste sur l’importance d’identifier les premiers signes de la maladie. 

Selon lui, les symptômes les plus caractéristiques sont les éruptions cutanées qui apparaissent généralement après une phase initiale pouvant inclure de la fièvre, des douleurs musculaires, des maux de tête ou encore un gonflement des ganglions.

« Les premiers symptômes observés sont très souvent des éruptions cutanées », précise-t-il.

Ces lésions évoluent progressivement avant de former des croûtes qui finissent par disparaître après plusieurs semaines. Durant cette période, la personne infectée peut transmettre le virus à travers des contacts rapprochés.

Le médecin recommande à toute personne présentant des symptômes suspects ou qui a été en contact avec un cas confirmé de consulter rapidement un établissement de santé.

« En cas de symptômes, il faut rapidement se rendre dans le centre hospitalier le plus proche. »

Vigilance sans panique

L’annonce du premier cas local a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Certains internautes ont exprimé leur inquiétude face à une éventuelle propagation de la maladie dans la population. Pour le Dr Fazil Khodabocus, il est toutefois important d’éviter toute forme de panique.

« Au niveau du ministère, nous suivons de très près la situation avec la recherche de contacts. Nous faisons le maximum pour éviter une éventuelle propagation. »

Le spécialiste explique que la Mpox présente un taux de mortalité relativement faible comparativement à d’autres maladies infectieuses.

« Même si la maladie possède un faible taux de fatalité, il faut faire très attention. »

Les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes ainsi que les personnes immunodéprimées figurent parmi les catégories les plus vulnérables aux complications.

Les autorités sanitaires continuent ainsi à surveiller étroitement l’évolution de la situation tout en appliquant les protocoles prévus pour ce type d’infection.

Rumeurs

L’annonce du premier cas local a également été accompagnée d’une vague de désinformation sur les réseaux sociaux.
Parmi les rumeurs qui ont circulé, certaines publications avançaient que deux enfants fréquentant l’école préscolaire Le Nid ont été contaminés par la Mpox. La direction de l’établissement dément ces affirmations.

Selon la directrice, aucun cas de la Mpox n’a été enregistré au sein de l’école. Les enfants concernés souffrent en réalité de la maladie pied-main-bouche, une affection virale fréquente chez les jeunes enfants et particulièrement présente à certaines périodes de l’année.

« Nous n’avons aucun cas de la Mpox dans notre établissement. Les enfants concernés souffrent de la maladie pied-main-bouche, qui est courante chez les enfants en bas âge à cette période de l’année », explique-t-elle.

Une autre rumeur prétendait que la personne actuellement placée en isolement était chargée du transport scolaire des élèves de l’établissement.

Là encore, la direction réfute ces allégations.

« C’est totalement faux. Je ne sais pas qui véhicule ces informations, mais cette personne n’a jamais travaillé chez nous et nos enfants n’ont pas la Mpox comme certaines rumeurs le laissent croire. »

Surveillance

Si ce premier cas local constitue un signal d’alerte pour les autorités sanitaires, les spécialistes estiment qu’il n’y a pas lieu de céder à la psychose. Les mécanismes de surveillance, d’isolement et de recherche des contacts sont déjà activés afin de limiter les risques de transmission.

Le défi consiste désormais à identifier l’origine exacte de cette contamination locale tout en poursuivant les efforts de sensibilisation du public. Dans un contexte dans lequel les réseaux sociaux favorisent parfois la diffusion rapide de fausses informations, les autorités insistent sur l’importance de se fier aux communications officielles et aux recommandations médicales.

Alors que la recherche de contacts se poursuit, le ministère de la Santé continue de suivre de près l’évolution de la situation. Pour l’heure, Maurice ne compte qu’un seul cas local actif, mais les prochains jours seront déterminants pour évaluer l’ampleur réelle du risque et confirmer que la transmission demeure sous contrôle.

Mpox ou maladie pied-main-bouche

La confirmation du premier cas local de la Mpox a donné lieu à plusieurs rumeurs concernant des enfants fréquentant une école préscolaire du pays.

La direction de l’école Le Nid dément toutefois toute présence de la Mpox dans son établissement. Les enfants concernés souffrent de la maladie pied-main-bouche, une infection virale fréquente chez les jeunes enfants.

Contrairement à la Mpox, la maladie pied-main-bouche touche principalement les enfants de moins de cinq ans et se manifeste par des lésions dans la bouche ainsi que sur les mains et les pieds.

« Nos enfants n’ont pas la Mpox. Il s’agit de cas de maladie pied-main-bouche, courante chez les enfants en bas âge à cette période de l’année », précise la directrice de l’établissement.

Elle réfute également les rumeurs selon lesquelles le patient actuellement isolé aurait travaillé au sein de l’école ou assuré le transport des élèves.

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