Mouvement socialiste militant : Pravind Jugnauth signe son retour politique avec un meeting à Flacq
Par
Fernando Thomas
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Fernando Thomas
Le MSM tiendra un meeting le 29 juillet à Centre-de-Flacq. Cela pourrait bien constituer le premier véritable test politique de l’après-2024, tant pour son leader que pour une opposition en quête d’un nouveau souffle.
Après plusieurs mois de discrétion, marqués par la défaite électorale de novembre 2024 et les affaires judiciaires qui ont suivi, Pravind Jugnauth effectuera son premier grand retour sur la scène politique le 29 juillet lors d’un meeting à la Place Taxi, à Centre-de -Flacq. Annoncé par le Mouvement socialiste militant (MSM), ce rassemblement doit marquer le lancement d’une nouvelle phase de l’opposition, avec en toile de fond la réforme des pensions et les critiques adressées au gouvernement.
Le parti orange a commencé à donner le ton de cette mobilisation à travers plusieurs affiches diffusées sur les réseaux sociaux. « Parole donnée, parole sacrée », « Stop à mensonge » et « Ran nou pension 60 ans » figurent parmi les principaux slogans retenus. Ils laissent entrevoir les thèmes que devrait développer l’ancien Premier ministre devant ses partisans.
En interne, cette sortie était attendue depuis plusieurs mois. Après sa conférence de presse consacrée au Budget, Pravind Jugnauth avait laissé entendre qu’il comptait reprendre le contact avec la population à travers une série de déplacements dans le pays. À Centre-de-Flacq, les préparatifs ont déjà commencé. Le Dr Vikash Nuckcheddy, ancien Parliamentary Private Secretary de la circonscription n°9 (Flacq/Bon-Accueil), affirme que les militants sont déjà mobilisés pour ce premier rendez-vous politique. « Nous avons déjà commencé la mobilisation », indique-t-il.
Le choix de Centre-de-Flacq n’est pas anodin. Considérée comme l’un des bastions historiques du MSM, cette circonscription constituera un premier test de la capacité de mobilisation du parti après sa lourde défaite aux élections générales de 2024. L’affluence, tout comme la teneur du discours de Pravind Jugnauth, sera scrutée de près.
Depuis son arrestation en février 2025 dans le cadre de l’enquête sur l’affaire des valises, l’ancien Premier ministre s’était fait particulièrement discret. Hormis quelques interventions ponctuelles, il avait largement déserté les grands rassemblements politiques, alimentant les interrogations sur la stratégie du MSM.
Pour l’observateur politique Hans Balgobin, ce retour doit être analysé avec recul. « Dans une démocratie, les dirigeants doivent pouvoir soumettre leurs arguments au marché politique des idées », estime-t-il.
Selon lui, chercher à marginaliser la parole de Pravind Jugnauth pourrait produire l’effet inverse en renforçant chez ses partisans un sentiment de persécution. Il ajoute toutefois que les électeurs devront confronter ses déclarations à son bilan et à la crédibilité de ses propositions. L’observateur estime également que la réforme des pensions devrait occuper une place centrale dans le discours du leader du MSM. À ses yeux, le gouvernement a géré ce dossier avec « une maladresse manifeste », entre annonces, revirements et explications tardives. Il évoque aussi les déclarations du Junior Minister Kugan Parapen sur certaines promesses électorales, qui, selon lui, ont contribué à fragiliser l’exécutif.
De son côté, l’analyste politique Jocelyn Chan Low considère que le timing de ce meeting n’est pas le fruit du hasard. Selon lui, Pravind Jugnauth a volontairement laissé passer plusieurs mois après la défaite électorale et les enquêtes le concernant avant de reprendre l’initiative. Il estime que le MSM voit aujourd’hui une opportunité politique. La contestation autour de la réforme des pensions et les difficultés rencontrées par l’Alliance du Changement pour répondre aux attentes d’une partie de la population créeraient, selon lui, un contexte plus favorable au retour de l’ancien Premier ministre.
Si les prochaines élections générales restent éloignées, Jocelyn Chan Low rappelle que, dans la politique mauricienne, les campagnes et les repositionnements commencent souvent plusieurs années avant le scrutin.