Mort d’Andy Selmour : un détenu décrit les coulisses du trafic de drogue à Melrose
Par
Shehzad Jaddoo
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Shehzad Jaddoo
C’est un témoignage qui jette une lumière crue sur les coulisses d’un établissement pénitentiaire gangrené par le trafic de stupéfiants. Hier, mercredi 11 mars 2026, devant le Board of Inquiry présidé par l’ancien juge Paul Lam Shang Leen, un suspect dans l’agression mortelle d’Andy Selmour – lui-même ancien détenu de la prison de Melrose – a livré un récit détaillé et accablant des événements ayant conduit à la mort du prisonnier le 9 décembre dernier.
Selon ce témoin, le jour de son décès, Andy Selmour aurait reçu, lors d’une visite, environ 15 grammes de drogue synthétique, habilement dissimulés dans un tube de dentifrice pour déjouer les contrôles. Une livraison qui, loin de rester secrète, aurait rapidement alimenté les rumeurs parmi les détenus. Car Andy Selmour était, d’après ce témoignage, un acteur connu du trafic interne à la prison, en possession de plusieurs types de stupéfiants.
Ce qui aurait précipité le drame ? Un refus. Celui de partager la marchandise reçue avec d’autres prisonniers. Une décision qui, selon le suspect, aurait attisé les tensions jusqu’à l’agression mortelle.
Le témoin ne s’est pas arrêté là. Il a formulé de graves accusations à l’encontre d’un gardien de prison, qu’il décrit comme proche de la victime et complice du trafic. Ce dernier aurait non seulement facilité l’introduction de drogues dans l’établissement, mais aussi permis l’entrée d’un smartphone. Malgré la gravité de ses révélations, le suspect a fermement nié toute participation à l’agression. « C’était mon ami », a-t-il affirmé.
Au fil des six auditions de la journée, un constat alarmant s’est imposé : la drogue synthétique est devenue l’un des fléaux majeurs de Melrose. Certains détenus ont même soutenu qu’il serait plus aisé de s’en procurer derrière les barreaux qu’en liberté.
Les témoignages ont également mis en lumière l’économie parallèle qui prospère dans l’ombre des cellules. Un jeune incarcéré pour vol a raconté avoir troqué une paire de chaussures — estimée à Rs 3 500 et apportée par sa grand-mère — contre sept doses de synthétique. Une simple boîte de fromage, elle, peut atteindre Rs 1 000 sur le marché noir, ou s’échanger contre trois doses.
Les travaux du Board of Inquiry reprendront mardi prochain. D’autres détenus seront appelés à témoigner afin d’éclaircir l’étendue réelle du trafic et les responsabilités dans la mort d’Andy Selmour. Parmi les personnes déjà entendues figure l’un des quatre suspects visés par une accusation provisoire de meurtre.