Mondial-2026: Ronaldo et l'Espagne, une trace indélébile et des liens indéfectibles
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Defimedia.info
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Huit ans après la fin en queue de poisson de son odyssée madrilène, Cristiano Ronaldo continue de susciter admiration et respect en Espagne, un pays avec lequel il reste étroitement lié et qu'il va défier lundi avec le Portugal, en huitième de finale du Mondial.
Il fallait le 23 juin se trouver dans la salle de presse du camp de base de la Roja, à Chattanooga, pour voir les journalistes espagnols reprendre à l'unisson le fameux cri de la star portugaise quand il marque.
Ce jour-là contre l'Ouzbékistan, le buteur au mental d'acier avait claqué un doublé rageur mettant fin à une longue disette. Dans la salle de presse, les reporters ravis l'avaient deux fois accompagné dans sa bruyante célébration, pour une double dose de "Siuuu!".
"CR7", 41 ans, ne dit rien de son avenir. Mais à Dallas, les Espagnols se trouveront face à un attaquant pour qui chaque match de Coupe du monde pourrait bien être le dernier sous le maillot national.
Un schéma qui rappelle le Mondial-2006, quand l'Espagne gonflée à bloc avait croisé, déjà en huitièmes, les Bleus vieillissants d'une autre légende madrilène au crépuscule de sa carrière. Marca avait annoncé en "une" que la Roja allait "mettre Zidane à la retraite" et s'était trompé.
À voir l'admiration qu'ils vouent au natif de Madère, il semble peu probable de revoir un tel péché d'orgueil dans les médias espagnols.
D'autant que les années passant, le respect pour la superstar n'a fait qu'augmenter, et même chez les fans du Barça. Cristiano Ronaldo est aujourd'hui en Espagne "une figure incontestée du football", explique Antón Meana, journaliste de la Cadena Ser, habitué du Santiago-Bernabéu.
"Il se peut que des supporters de Barcelone le voient comme quelqu'un d'arrogant et d'imbu de lui-même, en le comparant à Messi, mais en Espagne, son professionnalisme ne fait pas débat", poursuit-il au sujet de celui qui est surnommé "El Bicho" ("la Bête") pour son appétit insatiable.
"Barcelone regardera toujours différemment Messi et Ronaldo", confirme Juan Jiménez, rédacteur en chef du quotidien AS à Barcelone. "Mais au final, ce dernier est vu comme un rival redoutable avec une carrière exceptionnelle, surtout en termes de longévité."
"Au fil du temps, Cristiano a fini par être perçu avec beaucoup plus de respect", avance-t-il.
A l'heure du bilan, les historiens du foot écriront que sa quasi-décennie madrilène (2009-2018) fut l'âge d'or du règne de CR7, qui s'étire déjà sur près d'un quart de siècle.
"Pour les supporters du Real, il est tout en haut, l'une des figures suprêmes, une des trois grandes icônes du Madridisme avec Di Stéfano et Raúl", explique Meana. "Il y a cependant le sentiment qu'il est parti sans vraiment dire au revoir, et cela reste une blessure ici."
Une fin plus qu'amère, même. Lors de son dernier match, la finale de Ligue des champions gagnée contre Liverpool en mai 2018, il avait été éclipsé par le remplaçant Gareth Bale et son génial retourné. Puis la stupeur: "c'était bien de jouer" au Real, avait-il lâché, énigmatique, sur la pelouse de Kiev.
Début juillet, après l'élimination du Portugal au Mondial, le Real publiait la lettre de sa star annonçant son départ pour la Juventus, sur fond de conflit salarial avec la direction du club.
Avant cela, il avait été la tête de gondole d'un des plus grands Real, celui qui gagna quatre Ligue des champions en cinq saisons (2014, 2016, 2017 et 2018) au côté des Sergio Ramos, Karim Benzema et autres Luka Modric.
Meilleur buteur de l'histoire du club avec 450 buts en 438 matches, c'est aussi à Madrid qu'il empocha quatre de ses cinq Ballons d'or.
"D'autres stars sont venues après. Mais Kylian Mbappé a encore du pain sur la planche s'il veut ressembler à Cristiano", sourit Meana. "C'était un professionnel totalement investi. Il ne se cachait pas. Du dévouement, de l'engagement, des buts."
Le lien de la star avec l'Espagne va bien au-delà du foot, même s'il vit en famille à Ryad, où il poursuit sa carrière avec Al-Nassr. C'est à Madrid qu'il a rencontré sa compagne Georgina Rodríguez, née à Buenos Aires et qui a grandi à Jaca, dans le nord-est de l'Espagne.
Et ce pays est aussi la principale terre d'investissement de celui qui a été en 2025 le footballeur le mieux payé au monde, avec un salaire de 230 millions de dollars, et 50 millions de plus de revenus publicitaires, selon Forbes.
Restaurant, hôtel sur la Gran Vía de Madrid, chaîne de cliniques spécialisée dans les implants capillaires... CR7 est aussi un entrepreneur hyper actif. En février, le serial buteur a pris 25% dans le club de deuxième division d'Almería.
AFP