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Mondial 2026 - Jour J : Entre fête du foot et turbulences

Par Defimedia.info
Publié le: 11 June 2026 à 17:04
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Mondial 2026 - Jour J : Entre fête du foot et turbulences


Trois pays organisateurs, 48 équipes et beaucoup de tracas, avant que le foot reprenne ses droits... C'est un Mondial sans précédent, percuté par les tensions internationales et les effets de la présidence Trump, qui débute jeudi à Mexico où la grogne sociale pourrait perturber la fête.

Pour la troisième fois de l'histoire après 1970 et 1986, c'est le mythique stade Aztèque qui aura l'honneur d'accueillir, ce jeudi, le premier des 104 matches du tournoi, un Mexique-Afrique du Sud en forme de remake du match d'ouverture du Mondial-2010. Reflet des ambitions de gigantisme de la Fifa de Gianni Infantino, le tournoi se jouera pour la première fois dans 16 stades, distants pour certains de 4.000 kilomètres, de Guadalajara à Vancouver, de Los Angeles à Boston, dans un format décrié pour son bilan carbone.

Pendant près de six semaines, jusqu'à la finale du 19 juillet à East Rutherford, près de New York, les inconditionnels du ballon rond vibreront devant les plus grandes stars du foot, dont peu manquent à l'appel, et découvriront des sélections exotiques jamais vues à ce niveau, mais qui ont bénéficié du passage de 32 à 48 équipes, comme celles du Cap Vert, d'Haïti ou de Curaçao.
L'Argentine de Lionel Messi, 38 ans et une sixième participation au compteur, n'aura d'autre objectif que de conserver sa couronne mondiale. Les Bleus de Kilian Mbappé et du Ballon d'Or Ousmane Dembélé voudront eux faire oublier la cruelle désillusion de Doha en 2022, en finale face à l'Albiceleste. Espagne, Allemagne, Brésil, Angleterre, Portugal... Tous les autres favoris nourrissent les mêmes suprêmes ambitions, hormis l'Italie encore incapable de se qualifier. Il s'agira alors de faire place au jeu, après des mois à parler de tout sauf de football.

Si chaque édition charrie son lot de polémiques, rarement la préparation d'un Mondial aura à ce point été impactée par l'extrasportif, comme prise en otage par l'imprévisibilité de Donald Trump. Dans le contexte brûlant de la guerre au Moyen-Orient, il a ainsi fallu attendre les dernières semaines pour avoir la certitude que l'Iran serait bien en mesure de venir jouer ses matches à Los Angeles puis à Seattle. Et encore, la "Team Melli" a renoncé à s'installer dans son camp de base initial de Tucson pour prendre ses quartiers au Mexique, à Tijuana.

Trump, qui disait encore début juin vouloir faire du Canada le 51ème Etat américain, a considérablement durci la politique migratoire depuis son retour à la Maison Blanche, suscitant l'inquiétude de nombreux fans désireux de se rendre aux Etats-Unis, mais apeurés à l'idée de subir des contrôles musclés de la police de l'immigration américaine (ICE).

Refoulements
Preuve que tout le monde est concerné, l'arbitre somalien Omar Artan, désigné meilleur arbitre africain en 2025, a été refoulé samedi à son entrée aux Etats-Unis, en dépit d'un visa accordé. Il était « en relation avec des personnes soupçonnées d'appartenir à des organisations terroristes », a justifié le département d'Etat américain. Au Mexique, la sécurité est également un enjeu important, mais reliée à la menace des cartels, surtout après la mort du baron de la drogue Nemesio Oseguera, alias "El Mencho" en février, qui a provoqué une violente réaction de son organisation. Alors le gouvernement a sorti les muscles, en adoptant un plan qui prévoit le déploiement de 100.000 membres des forces de sécurité répartis entre militaires, policiers et agents privés, pour les 13 matches qui se dérouleront à Guadalajara, Monterrey et Mexico.

La capitale mexicaine sera scrutée jeudi, car des manifestations sur fond de gronde sociale s'y déroulent depuis quelques jours, certes sans incident mais appelées à continuer en marge du match d'ouverture. La présidente Claudia Sheinbaum, qui a promis une cérémonie "dans la paix", a qualifié de "provocation" ces protestations, mais a exclu jusqu'ici de donner l'ordre à la police de les réprimer. Le stade Aztèque sera-t-il plein ? Probablement. Mais cette même interrogation va se poser pour la grande majorité des matches aux Etats-Unis où les prix astronomiques de certains billets ont suscité l'ire des supporters qui ont porté plainte contre la Fifa.

Donald Trump y est d'ailleurs allé de son commentaire en assurant qu'il ne "paierait pas" 1.000 dollars, même pour voir jouer les Etats-Unis vendredi contre le Paraguay. Il n'est d'ailleurs pas annoncé présent en tribune officielle du SoFi Stadium. Le président de la FIFA, Gianni Infantino a défendu cette tarification dynamique (plus la demande augmente, plus le prix augmente), qui reflète selon lui le prix du "marché".

Et la fête dans tout ça ? La Fifa espère la garantir avec des cérémonies d'ouverture en musique à Mexico, Toronto, Los Angeles, et un show à la mi-temps de la finale du Mondial, assuré par Madonna, BTS et Shakira. Ce sera « comme 104 Super Bowl en cinq semaines », s'est délecté Gianni Infantino, s'attendant à ce qu'"un milliard de personnes nous regardent depuis chez eux.

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