Modi : «L’Inde ne fera rien contre les intérêts économiques de Maurice»
Par
Patrick Hilbert
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Patrick Hilbert
Le Premier ministre Navin Ramgoolam a rencontré Narendra Modi à Hyderabad House pour un dialogue stratégique axé sur la fiscalité, l’intelligence artificielle et les investissements. Les deux dirigeants ont aussi évoqué la sécurité régionale et le dossier sensible des Chagos.
Le Premier ministre Navin Ramgoolam s’est entretenu le vendredi 20 février à Hyderabad House avec Narendra Modi pour un dialogue stratégique. Il s’agit de leur troisième rencontre après Maurice en mars 2025 et Varanasi, en Inde, en septembre 2025.
« La réunion a été très positive. Nous avons d’abord discuté du traité de non double imposition, dans le contexte du jugement de la Cour indienne dans l’affaire Global Tiger qui nous concerne. Quelques points restaient à clarifier, mais je suis très satisfait qu’une fois de plus le Premier ministre Narendra Modi nous ait assuré que l’Inde ne fera rien contre les intérêts économiques de Maurice. Ce qui représente un grand réconfort, car ce jugement a créé une grande incertitude », a déclaré le Dr Ramgoolam.
Le jugement Global Tiger rendu par la Cour indienne le mois dernier concernait l’interprétation des conventions fiscales et a créé une incertitude sur la façon dont les revenus transfrontaliers de certaines entreprises, dont celles liées à Maurice, seraient imposés en Inde. Il a notamment remis en question les mécanismes de non double imposition, suscitant des inquiétudes sur les risques fiscaux pour les investisseurs mauriciens et indiens.
Les discussions ont aussi porté sur la création d’une zone économique spéciale (ZES) à Maurice, qui se trouvera à Ébène, destinée aux investisseurs indiens et centrée sur l’intelligence artificielle. « Lors du sommet sur l’IA, le CEO de Google a évoqué la possibilité de créer des connexions entre l’Amérique et l’Inde. Je lui ai fait remarquer qu’elles ne pouvaient pas ne pas passer par Maurice. Il serait préférable qu’elles transitent par notre pays, ce qui serait bénéfique pour les trois nations. Nous sommes parvenus à un accord à ce sujet, mais un suivi est nécessaire », a ajouté le Premier ministre.
Le dialogue a également abordé les investissements indiens dans le secteur du ciment et des hôpitaux, l’amélioration des services médicaux, ainsi que la sécurité dans l’océan Indien et la situation des Chagos. « J’ai évoqué les intentions des Maldives à ce sujet », a précisé Navin Ramgoolam. Les Maldives ont recommencé à revendiquer la souveraineté sur les Chagos.
L’avenir des nations dépend de leur capacité à intégrer les risques numérique et physique dans la gestion des catastrophes.
Lors de l’AI Impact Summit 2026 à New Delhi, le vendredi 20 février, le ministre de la Technologie, de la Communication et de l’Innovation, Avinash Ramtohul, a appelé les dirigeants mondiaux à considérer le cyberespace comme un front critique dans la gestion des catastrophes. Il a averti que les menaces numériques, comme les attaques par ransomware et les pannes d’infrastructures, peuvent être aussi destructrices que les inondations ou les cyclones.
« Les systèmes numériques perturbés peuvent paralyser les services d’urgence, les utilités et la sécurité publique, produisant des conséquences aussi graves que celles des catastrophes physiques », a-t-il déclaré. Le ministre a souligné l’intérêt des « jumeaux numériques » permettant aux secours d’accéder en temps réel aux infrastructures et aux réseaux, afin de coordonner des interventions rapides et précises. Il a également évoqué l’usage de technologies comme l’imagerie thermique et les capteurs de présence pour améliorer la situation et sauver des vies lors de crises.
Il a insisté sur une gouvernance responsable de l’IA et une approche intégrée, combinant stratégies numériques et physiques pour renforcer la résilience des communautés.